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Liban

Aoun : Le patriarche n’a pas mandat pour s’exprimer au nom des chrétiens

Réagissant à des propos du patriarche maronite mettant en garde contre une victoire électorale du 8 Mars, le général Michel Aoun a affirmé que le patriarche « a exprimé son avis », mais ne peut prétendre s'exprimer au nom des chrétiens.
La grave mise en garde que le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a adressée aux Libanais, contre les conséquences d'une victoire du 8 Mars aux prochaines élections législatives continue de susciter les réactions polémiques des intéressés, mais l'appui de nombreux leaders du 14 Mars.
« Certaines erreurs pourraient avoir des conséquences désastreuses. Si le poids politique bascule (lors des prochaines élections) du côté du 8 Mars et que les forces du 14 Mars n'ont plus de poids, certaines erreurs pèseront d'un poids historique sur le destin national », avait affirmé le patriarche, en réponse à une question sur la possibilité d'une victoire du 8 Mars en juin prochain.
Dans la conférence de presse qu'il tient à la fin de la réunion hebdomadaire de son bloc parlementaire, le général Michel Aoun a contesté la prise de position du patriarche, affirmant qu'« on ne peut y voir une perspective d'avenir ».
Le patriarche s'est trompé par le passé et pourrait se tromper à nouveau, a-t-il poursuivi en substance, citant l'exemple du 13 octobre 1990, qui a été considéré par le chef de l'Église maronite comme « un jour historique », alors qu'en réalité, il a été « le début d'une longue période cauchemardesque ».
« Il s'agit là de sa vision des choses, de son avis », a insisté le général Aoun. Certes, il a tous les droits de s'exprimer, mais il n'a pas mandat de s'exprimer au nom des chrétiens, même s'il est le patriarche des maronites ».
« Le patriarche jouit d'une certaine position, il peut apprécier les choses, a repris le général Aoun, mais là, il prend parti. Il ferme les yeux sur tout ce qui se passe, et ne soulève que cette affaire. On peut tout expliquer chez le patriarche, sauf sa position à l'égard de l'opposition. »

Couvrir la corruption
Estimant que seul un homme jouissant d'une représentativité législative peut s'exprimer au nom de son électorat, et encore, après l'avoir consulté au préalable, le général Aoun a par ailleurs accusé indirectement le patriarche de « couvrir la corruption » de certains pôles du 14 Mars.
À la suite du général Aoun, le comité de suivi de la « Rencontre chrétienne » a invité le patriarche « à ne pas prendre parti dans l'opération électorale », et à clarifier son point de vue.
« L'erreur historique, c'est qu'il n'y ait pas de pleine participation et que le pouvoir se concentre aux mains du président du Conseil », a affirmé un communiqué de la rencontre.
Par ailleurs, le général Aoun a démenti les informations affirmant qu'il « boycottait » la messe de la Saint-Maron. Il a affirmé que son absence faisait partie des mesures de sécurité dont il s'entourait, précisant que le député Camille Khoury l'avai représenté.
À la suite du patriarche, le député Boutros Harb a affirmé lundi, à partir de Bkerké, que le 7 juin prochain, les Libanais « auront à choisir entre un État légitime et démocratique dont les décisions sont prises dans le cadre des institutions constitutionnelles émanant de la volonté populaire, et entre un État divisé en fiefs, tiraillé par des partis et des forces armées, et dont les institutions sont incapables de décider de l'avenir ».
Endossant le point de vue du patriarche, le député Fouad el-Saad a affirmé que le patriarche « possède un avis et un point de vue sur tout, mais qu'il se réserve le droit d'en parler dans les questions cruciales, aux dangereux tournants historiques de la vie nationale ».
«Même là, a-t-il ajouté, il respecte certaines limites qu'il ne dépasse pas. »
Et d'enchaîner : « Si seulement tous ceux qui sont mêlés à la chose publique respectaient les mêmes limites, qui sont le respect d'autrui et l'amour. » « Il n'y a jamais d'incitations dans son discours, ni de germes de discorde », a-t-il insisté.

Moawad : Zghorta doit être libéré
Pour l'ancien député Edmond Rizk, « le Liban pluraliste c'est d'ailleurs le pari que le patriarcat maronite a pris dès 1920 ».
« Le rôle joué par Bkerké dépasse la communauté et les limites géographiques de la communauté maronite. Le patriarcat est le symbole de la présence chrétienne en Orient et tout ce qui diminue de son rôle est (...) une espèce d'atteinte à l'essence du Liban et une atteinte à une présence chrétienne de plein droit avec l'islam. »
De Sydney (Australie) où il se trouve en tournée, M. Michel Moawad a affirmé, au cours d'un dîner organisé par les Forces libanaises, que les élections de 2009 doivent « marquer le retour de Zghorta au giron du Liban, de l'Église maronite et de l'État ». « Zghorta doit se libérer comme le Liban s'est libéré », a-t-il encore lancé, avant d'ajouter : « Nous ne permettrons pas que Zghorta serve de base pour insulter le patriarche. »
Enfin, s'adressant à ceux qui s'en prennent à la position du patriarche, M. Farid Habib (Forces libanaises) a affirmé que « l'indépendance du Liban continue de porter les marques du siège patriarcal et des positions nationales indépendantistes des patriarches qui se sont succédé ».
« Ces attaques, a-t-il estimé, ne sont que des réactions épidermiques à l'effondrement des projets politiques de leurs auteurs. »
La grave mise en garde que le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a adressée aux Libanais, contre les conséquences d'une victoire du 8 Mars aux prochaines élections législatives continue de susciter les réactions polémiques des intéressés, mais l'appui de nombreux leaders du 14 Mars.« Certaines erreurs pourraient avoir des conséquences désastreuses. Si le poids politique bascule (lors des prochaines élections) du côté du 8 Mars et que les forces du 14 Mars n'ont plus de poids, certaines erreurs pèseront d'un poids historique sur le destin national », avait affirmé le patriarche, en réponse à une question sur la possibilité d'une victoire du 8 Mars en juin prochain. Dans la...
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