Ainsi, le ministre des Télécommunications, Gebran Bassil, a accusé hier la majorité de soulever le dossier des écoutes téléphoniques illégales « à des fins électorales ». « Tout le monde est victime d'écoutes, a-t-il ainsi lancé. La commission d'enquête internationale sur l'assassinat de Rafic Hariri s'est dit satisfaite de notre collaboration. Mais l'autre camp s'obstine à vouloir l'impliquer dans la polémique. Ils veulent exploiter le sang dans leur campagne électorale, comme d'habitude. »
S'exprimant dans le cadre d'une rencontre avec des partisans qu'il a reçus dans sa résidence à Batroun, Gebran Bassil a accusé « ceux qui réclament une enquête sur l'affaire des écoutes » de « laxisme et de violation de la loi ». « L'enquête permettra à la vérité de triompher, a-t-il ajouté. Les informations dont je dispose montrent qu'un CD (contenant des informations relatives à des communications téléphoniques privées) est régulièrement transmis à des services officiels qui échappent au contrôle de la loi. Tel est l'État dans l'État. »
Par ailleurs, le ministre du Travail, Mohammad Fneich, a affirmé avoir appelé ses collègues, lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, à « faire appliquer la loi sur les écoutes ». « Si, à leurs yeux, cette loi est insuffisante ou inefficace, qu'ils l'amendent ou qu'ils l'abrogent pour la remplacer par une autre, puisqu'ils détiennent la majorité au Parlement, a-t-il ajouté. Sinon, qu'ils aient le courage de dire à la population qu'ils veulent donner aux services de sécurité un droit d'accès illimité à des données d'ordre privé. »
Une expérience ratée
Du côté de la majorité, le ministre d'État Jean Oghassabian a affirmé que « le dossier des écoutes est éminemment politique et non technique comme certains tentent de le faire croire ». « Il faut faire toute la lumière sur cette affaire qui est étroitement liée au tribunal international et aux attentats terroristes qui ont ébranlé notre pays au cours des dernières années », a-t-il lancé.
Le ministre a en outre souligné que « l'expérience du gouvernement actuel a échoué ». « Nous ne la réitérerons plus à l'avenir. Celui qui gagnera les élections n'aura qu'à gouverner seul le pays », a-t-il poursuivi.
Le député Misbah Ahdab a, lui, appelé à l'application de la loi 140 et au respect du secret des affaires privées, « sans que cela ne soit un prétexte pour empêcher les services de sécurité d'accéder aux données nécessaires à l'accomplissement de leurs missions ».
Enfin, le député du Courant du futur Ammar Houri a réitéré l'appel de la formation haririenne au lancement d'une enquête parlementaire sur le dossier des écoutes.


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