Un scrutin spécial s’est tenu en Irak à trois jours du suffrage, qualifié de « tournant » par l’ICG à condition qu’il n’y ait pas de fraudes.
Trois jours avant leurs compatriotes, la très grande majorité des 614 000 prisonniers, militaires, policiers et malades irakiens ont voté hier pour élire les conseils provinciaux, dans le premier scrutin en Irak depuis 2005, et depuis la baisse des violences. Au total, 1 699 bureaux de vote étaient installés dans des écoles pour les policiers et militaires, dans les hôpitaux et prisons du pays. La grande majorité des quelque 15 millions de personnes inscrites sur les listes électorales votera samedi.
« La participation frôle les 100 %. Certains bureaux ont même fermé à la mi-journée car tout le monde avait fait son devoir », a affirmé Kassem Aboudi, directeur administratif de la Commission électorale. Interrogé sur la possibilité de fraude évoquée par l’ONG International Crisis Group, M. Aboudi a répondu en plaisantant : « Même avec l’aide de l’ange Gabriel, la fraude n’aurait pas été possible. » Cependant, à Falloujah, Kahtan al-Machhadani, observateur d’une liste concurrente, a accusé le Parti islamique de bourrer les urnes « sous l’œil bienveillant du président du bureau, qui appartient au même parti ».
Toujours à Falloujah, des échauffourées ont opposé militaires et policiers. À Nassiriyah, 10 policiers ont été arrêtés, car ils avaient laissé des militants du Conseil supérieur islamique d’Irak (CSII) s’approcher du bureau de vote pour inciter les électeurs à voter pour leur formation. À Diwaniyah, un soldat a lancé : « Les élections de 2005 n’avaient rien changé à notre vie et je voterai, cette fois, pour la liste indépendante des tribus de Diwaniyah. » À Mossoul, dernier bastion d’el-Qaëda, les élections se sont passées sans problèmes et 85 % des inscrits ont voté. Mais à Bassora, quatre journalistes, dont celui de l’AFP, ont été frappés et trois caméras cassées par les gardiens de la prison al-Minah, sans aucune explication. À Bagdad, des militaires ont voté tôt dans la matinée. Comme Jaafar Adnane, un lieutenant de l’armée, « heureux car les élections se déroulent de manière démocratique et sans pression ». Et à Ramadi, capitale de la province d’al-Anbar, un grand nombre de policiers et de militaires se rendaient aux bureaux de vote.
Ce scrutin signe le retour des sunnites qui avaient boycotté les précédentes provinciales, début 2005, laissant le champ libre aux chiites et aux Kurdes dans les conseils. Dans un rapport publié hier, International Crisis Group (ICG) a estimé que cette élection pourrait marquer un « tournant », à condition que les fraudes n’entachent pas le scrutin. C’est également un test pour le Premier ministre, Nouri al-Maliki, qui dirige la liste donnée favorite.
Plus largement, ce vote intervient après la fin du mandat de l’ONU sur la présence des forces de la coalition en Irak. Depuis le 1er janvier, les Irakiens ont le contrôle de la sécurité et sont un peu plus maîtres de leur souveraineté et de leur destin.
Premier ambassadeur à Damas depuis trente ans
Alaa al-Djaoudi, premier ambassadeur d’Irak à Damas depuis une trentaine d’années, a rejoint son poste hier, a déclaré à Reuters le vice-ministre irakien des Affaires étrangères, Mohammad al-Hadj Hamoud. La Syrie avait pour sa part nommé dès octobre dernier son premier ambassadeur à Bagdad. Mais, quelques semaines après son arrivée, la normalisation des relations entre les deux capitales avait subi un coup d’arrêt à la suite d’un raid américain du côté syrien de la frontière lors duquel huit civils avaient été tués. Gouvernés du temps des présidents Saddam Hussein et Hafez al-Assad par des branches rivales du parti panarabe Baas, l’Irak et la Syrie ont longtemps entretenu des relations exécrables.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un scrutin spécial s’est tenu en Irak à trois jours du suffrage, qualifié de « tournant » par l’ICG à condition qu’il n’y ait pas de fraudes.
Trois jours avant leurs compatriotes, la très grande majorité des 614 000 prisonniers, militaires, policiers et malades irakiens ont voté hier pour élire les conseils provinciaux, dans le premier scrutin en Irak depuis 2005, et depuis la baisse des violences. Au total, 1 699 bureaux de vote étaient installés dans des écoles pour les policiers et militaires, dans les hôpitaux et prisons du pays. La grande majorité des quelque 15 millions de personnes inscrites sur les listes électorales votera samedi.
« La participation frôle les 100 %. Certains bureaux ont même fermé à la mi-journée car tout le monde avait fait son devoir », a affirmé Kassem Aboudi, directeur...