Suite à la récente crise du gaz avec la Russie, l’UE veut limiter sa dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou.
À la lumière de la récente crise du gaz entre Moscou et Kiev, les Européens ont défendu hier à Budapest le projet de gazoduc Nabucco, encore en quête de financement, qui leur permettra de limiter la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.
Lancé en 2002, le projet vise à relier sur 3 300 km la mer Caspienne au centre de distribution européen de Baumgarten, en Autriche, en passant par la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie.
Les délégués d’une douzaine de pays de transit ou fournisseurs potentiels ainsi que des représentants de l’Union européenne, réunis à Budapest, ont réaffirmé leur soutien à ce gazoduc qui doit permettre à partir de 2013 de diversifier l’approvisionnement en gaz de l’Europe.
Selon le texte de la déclaration adoptée, les participants s’engagent à développer la coopération entre les « pays membres de l’UE, la Turquie, la Géorgie, les pays de la région de la mer Caspienne et du Moyen-Orient, et visent la création d’un partenariat énergétique effectif tenant compte des besoins domestiques des pays fournisseurs, de transit et des marchés européens ».
Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a, dans un message vidéo, réitéré « le soutien de la Commission » au projet, en notant que la « vulnérabilité énergétique » de l’UE, illustrée par la récente crise, « donnait une importance spéciale » à la conférence de Budapest.
Le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, hôte de la réunion, a réclamé le déblocage « dans les prochaines semaines » de 200 à 300 millions d’euros afin de pouvoir enfin lancer la construction même du gazoduc, dont le coût total est estimé à près de huit milliards d’euros.
Devant des journalistes, il a précisé que « cela n’était qu’un début » car il attendait un « soutien de l’ordre de 2 milliards d’euros de la part de l’Union européenne ».
« Il est également nécessaire de créer une direction internationale de Nabucco, qui regrouperait les dirigeants politiques des pays concernés », a-t-il ajouté en tablant sur la signature d’un accord intergouvernemental entre la dizaine de pays impliqués « avant la fin juin ».
Selon le Commissaire européen à l’Énergie, Andris Piebalgs, le « texte de l’accord intergouvernemental doit être finalisé pour fin mars (...) pour que le gazoduc puisse être réalisé le plus tôt possible ».
Cet accord intergouvernemental représente un document légal pour l’avenir du projet, que le président de la BEI a d’ailleurs nommé comme condition pour débloquer un financement équivalent à 25 % du montant total du projet.
Selon le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, au nom de la présidence semestrielle de l’UE, il s’agit d’un « projet de paix, de liberté et d’indépendance » pour tout le continent européen car il réduira la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, tout en notant que ce n’était pas un « projet antirusse ».
Le ministre turc de l’Énergie, Hilmi Güler, dont le pays a récemment menacé de se retirer du projet pour protester contre la lenteur des négociations avec Bruxelles sur son adhésion à l’UE, n’a pas réitéré la menace mardi.
Du côté des fournisseurs potentiels de gaz au futur gazoduc, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a noté que « l’harmonisation des intérêts de tous – pays fournisseurs, consommateurs et pays de transit – peut être atteinte s’il est possible d’assurer un approvisionnement stable, un transit garanti et un prix adéquat ».
Le vice-Premier ministre géorgien Nika Gilauri a précisé à l’AFP que son pays « n’avait pas besoin du gaz livré par le projet Nabucco mais nous voulons être payés pour le transit ».
Plusieurs nouvelles réunions ont été proposées en 2009 au Turkménistan, en Turquie, en Bulgarie et en République tchèque, pour accélérer le lancement de la construction du gazoduc.
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À la lumière de la récente crise du gaz entre Moscou et Kiev, les Européens ont défendu hier à Budapest le projet de gazoduc Nabucco, encore en quête de financement, qui leur permettra de limiter la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.
Lancé en 2002, le projet vise à relier sur 3 300 km la mer Caspienne au centre de distribution européen de Baumgarten, en Autriche, en passant par la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie.
Les délégués d’une douzaine de pays de transit ou fournisseurs potentiels ainsi que des représentants de l’Union européenne, réunis à Budapest, ont réaffirmé leur soutien à ce gazoduc qui doit permettre à partir de 2013 de diversifier l’approvisionnement en...