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Diplomatie Le Brésil refuse l’extradition du « terroriste » Battisti

Rome rappelle son ambassadeur à Brasilia. L’Italie a rappelé hier son ambassadeur au Brésil après le refus de ce pays d’extrader l’ex-activiste d’extrême gauche Cesare Battisti. « Battisti est un terroriste qui ne mérite absolument pas le statut de réfugié » politique, a déclaré le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, après avoir annoncé qu’il avait rappelé à Rome « pour consultations » l’ambassadeur italien à Brasilia. Quelques heures plus tard, le ministère des Affaires étrangères brésilien a indiqué qu’il n’avait « aucun commentaire à faire » concernant cette décision, tout en assurant que ce rappel « n’affectera pas les relations diplomatiques entre les deux pays ». Le Brésil a accordé le 14 janvier le statut de réfugié politique à Cesare Battisti, condamné en 1993 par la justice italienne à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres commis dans les années 1970. Cette décision a ravivé la douleur des « années de plomb » (1969-1980) en particulier chez les proches de victimes. Pendant cette période, quelque 600 attentats ont été commis sur le sol italien faisant plus de 300 morts. Lundi soir, le procureur général du Brésil Antonio Fernando de Souza a requis le classement de la demande d’extradition de M. Battisti. « Nous avions espéré un réexamen et une réflexion plus approfondie : le fait de décider seulement après 48 heures sans avoir objectivement analysé (le cas Battisti) nous apparaît comme une volonté de ne pas décider et de couvrir purement et simplement la décision politique du ministère de la Justice », a déploré Franco Frattini. « Ceci est franchement inacceptable », a ajouté le chef de la diplomatie italienne. M. Frattini a également souligné que le Brésil « est un grand ami de l’Italie depuis toujours » et « pour cette raison nous ne nous attendions pas à une réaction aussi grave », selon l’agence italienne ANSA. La décision de rappeler l’ambassadeur « n’était peut-être pas la meilleure solution », car « elle ne mène nulle part, n’aura aucune conséquence et il faudra ensuite renvoyer l’ambassadeur à Brasilia, on est un peu dans un cul-de-sac », estime Sergio Romano, éditorialiste du Corriere della Sera et ex-ambassadeur. « Le Brésil, en ce moment, se sent puissant en vertu de son succès économique et du modèle qu’il représente, et il est vraiment dommage qu’il n’ait pas compris qu’il y avait en Italie cette blessure encore ouverte du terrorisme », a-t-il ajouté. Après le refus de la France en octobre d’extrader l’ex-membre des Brigades rouges Marina Petrella, l’asile politique obtenu par Cesare Battisti prive l’Italie d’un autre activiste des « années de plomb ». Hier, le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni a fait planer la menace de rétorsions contre le Brésil. « J’espère que Silvio Berlusconi et le gouvernement italien vont décider quoi faire à l’occasion du prochain G8. Le Brésil ne fait pas partie du G8, mais conclure des accords avec un État qui considère qu’une personne condamnée par la justice de votre pays risque d’y être torturée ou tuée... », a-t-il commenté.
Rome rappelle son ambassadeur à Brasilia.
L’Italie a rappelé hier son ambassadeur au Brésil après le refus de ce pays d’extrader l’ex-activiste d’extrême gauche Cesare Battisti. « Battisti est un terroriste qui ne mérite absolument pas le statut de réfugié » politique, a déclaré le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini, après avoir annoncé qu’il avait rappelé à Rome « pour consultations » l’ambassadeur italien à Brasilia. Quelques heures plus tard, le ministère des Affaires étrangères brésilien a indiqué qu’il n’avait « aucun commentaire à faire » concernant cette décision, tout en assurant que ce rappel « n’affectera pas les relations diplomatiques entre les deux pays ».
Le Brésil a accordé le 14 janvier le statut de réfugié politique à Cesare Battisti, condamné...