Le chef du Rassemblement démocratique, Walid Joumblatt, est revenu hier à la charge sur la question des écoutes téléphoniques, estimant qu’il existe une chambre d’écoutes au ministère des Télécommunications dirigée par un colonel, au vu et au su du ministre concerné et à côté de son bureau. Le ministre Bassil a aussitôt démenti l’information.
« Nous mettons à disposition des autorités concernées des informations liées à l’octroi à l’un des officiers du grade de colonel – connu pour avoir un passé faste au sein de la Sûreté générale dans le domaine des écoutes et proche de l’un des symboles de l’ancien régime sécuritaire – d’un bureau au ministère des Télécommunications, près de celui du ministre, qui lui assure une couverture directe », a affirmé Walid Joumblatt, dans son entretien à l’hebdomadaire du Parti socialiste progressiste, al-Anba’.
« Il semble que l’officier concerné dispose de relations directes avec certains fonctionnaires du ministère et certains employés des sociétés d’importation de l’équipement du réseau de téléphone cellulaire et qu’il a aussi embrigadé des employés des sociétés chargées de gérer le téléphone cellulaire, le tout pour les écoutes », a ajouté M. Joumblatt, précisant que l’objectif serait « d’obtenir des informations liées à l’affaire de l’assassinat de Rafic Hariri que le ministère a déjà données à la commission d’enquête ».
Selon des sources bien informées, cet officier serait le colonel Daniel Farès et serait lié à l’ancien responsable des SR syriens au Liban, Rustom Ghazalé.
Par ailleurs, Walid Joumblatt a critiqué les « groupuscules palestiniens qui créent des disputes autour de l’autorité apte à recevoir les aides pour la reconstruction de Gaza et qui semblent oublier que ces fonds sont destinés au peuple palestinien, lequel souffre depuis des décennies de ce conflit sanglant avec l’occupant israélien ». « L’occupant a tenté de représenter le conflit comme étant entre lui et le Hamas, alors qu’il s’agissait d’une agression contre le peuple palestinien dans son ensemble », a-t-il noté.
« Il est honteux que les forces palestiniennes tombent dans le piège des accusations réciproques de traîtrise, au lieu de mettre de côté leurs conflits politiques et de les régler exclusivement à l’aide du dialogue direct, permettant ainsi aux aides pour la reconstruction d’arriver à Gaza au plus vite. La situation humanitaire, sanitaire, sociale et sur le plan de l’environnement à Gaza doit pousser toutes les parties à sortir des petits comptes étroits, superficiels et partiels et à mettre en place un programme national uni pour la prochaine étape », a poursuivi Walid Joumblatt. « Un programme dont les grands titres seraient : l’unité et l’indépendance de la décision palestinienne, la reconstruction de Gaza, la mise en place d’une politique palestinienne indépendante commune pour faire face aux défis du conflit avec Israël », a-t-il noté.
« Si chaque partie palestinienne a certainement le droit d’exprimer sa position politique comme il la juge opportune, dans le cadre de la diversité palestinienne, il convient cependant de s’interroger sur certaines positions qui ne sont pas sans susciter un grand nombre de questions, notamment après la réconciliation de Koweït. Est-il demandé à certains régimes régionaux qui prétendent faire partie du front du refus de vider de leur contenu les efforts importants déployés par le roi Abdallah ben Abdel-Aziz ? » s’est interrogé M. Joumblatt. « Torpiller la réconciliation nationale palestinienne aura des répercussions très négatives sur la réalité palestinienne, consacrera la rupture et affaiblira indubitablement les capacités de confrontation avec l’occupation israélienne », a-t-il ajouté.
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« Nous mettons à disposition des autorités concernées des informations liées à l’octroi à l’un des officiers du grade de colonel – connu pour avoir un passé faste au sein de la Sûreté générale dans le domaine des écoutes et proche de l’un des symboles de l’ancien régime sécuritaire – d’un bureau au ministère des Télécommunications, près de celui du ministre, qui lui assure une couverture directe », a affirmé Walid Joumblatt, dans son...