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Actualités - Chronologie

Russie L’achat de quotidiens européens : un service politique au Kremlin

L’achat coup sur coup de deux quotidiens européens en difficulté par des oligarques russes constitue surtout un service politique rendu au Kremlin, soucieux d’améliorer l’image internationale de la Russie, disent des analystes. La semaine dernière, la justice française a donné son feu vert à l’acquisition de France Soir par Alexandre Pougatchev, fils du magnat Sergueï Pougatchev. Quelques jours après, un autre milliardaire russe, Alexandre Lebedev, un ancien du KGB, annonçait prendre le contrôle de l’Evening Standard. « Les oligarques russes cherchent à avoir une plus grande influence et veulent gagner des points politiques auprès du Kremlin en achetant des médias qui pourraient améliorer l’image de la Russie en Occident », estime Alexandre Kolmakov, directeur de l’Institut des évaluations stratégiques. « L’image de la Russie est en effet désastreuse », malgré le lancement international fin 2005 de la chaîne de télévision d’information Russia Today, a lui-même reconnu hier à Moscou M. Lebedev. « Il est clair qu’avec Pougatchev nous tâcherons de ne pas la détériorer encore plus », s’est-il contenté de lâcher, un sourire au coin des lèvres, interrogé par l’AFP. Souvent surnommé par la presse « le banquier de (Vladimir) Poutine », Sergueï Pougatchev a bâti sa carrière sur « une série de services » rendus à l’État, rappelle une autre analyste indépendante, Ioulia Latynina. « Avec l’achat de France Soir, Pougatchev cherche à lui rendre un service de plus », affirme-t-elle. Pour Alexandre Lebedev, déjà détenteur aux côtés de l’ex-numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev de 49 % de Novaïa Gazeta, la reprise d’Evening Standard pourrait également être « une sorte d’assurance face à d’éventuelles attaques du Kremlin contre lui », considère Mme Latynina. Tout comme la journaliste vedette Anna Politkovskaïa, connue pour ses enquêtes sur les deux guerres russo-tchétchènes, assassinée en 2006, Mme Latynina tient une rubrique dans ce bihebdomadaire, l’un des rares à critiquer ouvertement les autorités russes.D’autres oligarques, ces hommes d’affaires qui se sont souvent enrichis à la faveur des privatisations opaques des années 1990 en Russie, avaient déjà cherché l’indulgence du pouvoir en faisant des acquisitions qualifiées de « patriotiques ». Notamment après l’arrestation pour fraude fiscale en 2003 de Mikhaïl Khodorkovski, le patron de la plus grosse compagnie pétrolière russe, Ioukos, envoyé deux ans plus tard en camp en Sibérie. En 2004, le magnat russe du pétrole et de l’aluminium Viktor Vekselberg a ainsi acheté auprès de la famille américaine Forbes et rapatrié des célèbres œufs Fabergé de l’époque impériale. Mais pour l’analyste Stanislav Belkovski, généralement bien informé sur le monde des affaires, la prise de contrôle de médias occidentaux est aussi « destinée à légaliser en Occident les capitaux illégaux des oligarques ».
L’achat coup sur coup de deux quotidiens européens en difficulté par des oligarques russes constitue surtout un service politique rendu au Kremlin, soucieux d’améliorer l’image internationale de la Russie, disent des analystes.
La semaine dernière, la justice française a donné son feu vert à l’acquisition de France Soir par Alexandre Pougatchev, fils du magnat Sergueï Pougatchev. Quelques jours après, un autre milliardaire russe, Alexandre Lebedev, un ancien du KGB, annonçait prendre le contrôle de l’Evening Standard. « Les oligarques russes cherchent à avoir une plus grande influence et veulent gagner des points politiques auprès du Kremlin en achetant des médias qui pourraient améliorer l’image de la Russie en Occident », estime Alexandre Kolmakov, directeur de l’Institut des évaluations stratégiques....