Les températures sur la péninsule ont augmenté d’environ 3° Celsius depuis 1950. Au total, 25 000 km2 de plaques de glace ont été perdues.
L’Antarctique, dans son ensemble, s’est réchauffé ces 50 dernières années, selon une étude à paraître aujourd’hui dans la revue britannique Nature, qui réfute l’idée que les températures s’équilibreraient entre l’ouest et l’est. Les températures sur la péninsule ont augmenté d’environ 3° Celsius depuis 1950, ce qui est la hausse la plus forte dans l’hémisphère austral, principalement en hiver et au printemps, selon les auteurs de l’étude qui ont basé leurs conclusions sur les enregistrements dans les stations au sol existantes et sur les observations par satellites. En fait, la partie orientale de l’Antarctique a refroidi entre 1970 et 2000 mais se réchauffe depuis, et sur la partie occidentale et la péninsule (en face de l’Amérique du Sud) les températures augmentent. La moyenne du continent monte donc, explique l’un des auteurs, Eric Steig, de l’Université de Washington à Seattle. Ainsi, « le réchauffement de l’Antarctique occidental a dépassé un dixième de degré Celsius par décennie pendant les dernières 50 années, faisant plus qu’annuler le rafraîchissement de l’Antarctique oriental » pendant la période 1970-2000, note l’Université de Washington dans un communiqué. Le réchauffement de la péninsule et de l’Antarctique occidental est lié aux changements de la circulation atmosphérique et à la diminution de la banquise dans le secteur pacifique de l’océan Austral, estiment Eric Steig et Drew Shindell, du centre Goddard de la NASA, dans le Maryland.
« Une des raisons majeures pour lesquelles on pensait que la plus grande partie de l’Antarctique refroidissait, c’est la présence du trou dans la couche d’ozone protectrice qui apparaît à partir du printemps dans la région polaire de l’hémisphère Sud », un phénomène responsable de la baisse des températures dans la partie orientale, a expliqué l’Université de Washington dans son communiqué.
La situation de cette zone a été extrapolée à la totalité du continent sans que rien ne vienne corroborer cette idée, a souligné Eric Steig. Et si le trou dans la couche d’ozone disparaît au milieu de ce siècle, comme il est envisagé par les scientifiques, « l’Antarctique dans son ensemble pourrait se réchauffer comme le reste du monde », estime le chercheur.
D’ailleurs, les effets du réchauffement climatique commencent à se faire sentir. Un glaciologue au BAS (British Antarctic Survey) a déclaré à Reuters qu’une énorme plaque de glace située au bord de la péninsule antarctique est sur le point de s’effondrer et ne tient plus au continent glacé que par une étroite bande de banquise. « Nous sommes venus sur la plaque de glace de Wilkins pour assister à son agonie », a déclaré David Vaughan, après le premier – et sans doute le dernier – atterrissage d’un avion près de la partie la plus étroite de la plaque. Cette plaque de banquise permanente, bordée de falaises de 20 mètres de haut, pourrait s’effondrer « d’une minute à l’autre », selon David Vaughan. Mais le pont de glace qui la relie encore à la péninsule antarctique pourrait tout aussi bien subsister des semaines voire des mois, nuance-t-il. Naguère, la plate-forme glaciaire de Wilkins couvrait 16 000 km2, mais elle a perdu un tiers de sa superficie et a aujourd’hui la taille de l’île de la Jamaïque. Une fois qu’elle se sera disloquée, la mer pourrait bien engloutir une bonne partie de la glace restante.
« Voici un an, le BAS avait rapporté que la plate-forme de Wilkins ne tenait que par un fil, après un survol de la région.
Miraculeusement, elle tient toujours, un été plus tard, mais ce n’est plus cette année que par un filament », a expliqué Vaughan. Neuf autres plaques glaciaires ont diminué ou se sont désintégrées autour de la péninsule antarctique au cours des 50 dernières années, parfois très rapidement comme ce fut le cas avec la plaque Larsen A en 1995 puis avec Larsen B en 2002. Au total, 25 000 km2 de plaques de glace ont été perdues, et l’évolution des contours de l’Antarctique est un des signes les plus spectaculaires du réchauffement climatique en cours.
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L’Antarctique, dans son ensemble, s’est réchauffé ces 50 dernières années, selon une étude à paraître aujourd’hui dans la revue britannique Nature, qui réfute l’idée que les températures s’équilibreraient entre l’ouest et l’est. Les températures sur la péninsule ont augmenté d’environ 3° Celsius depuis 1950, ce qui est la hausse la plus forte dans l’hémisphère austral, principalement en hiver et au printemps, selon les auteurs de l’étude qui ont basé leurs conclusions sur les enregistrements dans les stations au sol existantes et sur les observations par satellites. En fait, la partie orientale de l’Antarctique a refroidi entre 1970 et 2000 mais se...