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Actualités - Chronologie

Éclairage Guantanamo, symbole des excès de la « guerre contre le terrorisme »

Le centre de détention de la base américaine de Guantanamo (Cuba) est le symbole des excès de la « guerre contre le terrorisme » lancée par George W. Bush. Plus de 800 hommes et adolescents sont passés par Guantanamo depuis son ouverture le 11 janvier 2002, et environ 245 s’y trouvent encore, pour la plupart depuis des années et sans inculpation. Les cages à ciel ouvert qui ont accueilli les 23 premiers détenus, dont les photos en combinaisons orange, un sac noir sur la tête, ont fait le tour du monde, sont depuis longtemps rendues aux herbes folles et aux iguanes. Une première prison en dur a été construite et a accueilli des détenus dans des cellules individuelles à partir de mai 2002. Deux bâtiments supplémentaires construits sur le modèle haute sécurité des prisons fédérales accueillent également aujourd’hui les détenus dans des cellules individuelles. Les prisonniers ne sortent de leur cellule éclairée en permanence que deux heures par jour, pour une récréation dans un espace à peine plus grand. Les plus dangereux portent une combinaison orange, la majorité est vêtue de beige, et les plus coopératifs portent un vêtement blanc. Une soixantaine ont été blanchis de l’appellation de « combattant ennemi » qui justifiait pour le Pentagone leur détention. Mais ils demeurent enfermés, faute de pouvoir rentrer dans leur pays d’origine qui ne veut pas les accueillir ou risque, selon les États-Unis, de les persécuter. Ils sont logés dans un autre bâtiment de la prison, avec des dortoirs et une salle à manger commune. La prison est également connue pour ses salles d’interrogatoire, où les détenus ont rencontré des agents américains chaque jour différents. Selon le récit de la plupart de ceux qui ont été libérés, ils étaient soumis pendant les interrogatoires à de mauvais traitements, assimilables, selon leurs avocats, à de la torture : privation de sommeil, exposition à des températures extrêmes, à de la musique tonitruante, obligation de rester des heures dans des positions inconfortables. Beaucoup ont aussi raconté comment les gardiens les empêchaient de faire leurs prières, pratiquaient sans cesse des fouilles corporelles intimes ou les insultaient. Située sur une base navale que les États-Unis louent à Cuba depuis le tout début du XXe siècle, la prison reste invisible de la plupart des zones habitées de la baie de Guantanamo. Et c’est une sensation étrange de contempler la mer des Caraïbes, à deux pas du centre de détention le plus controversé du monde. Outre les quelque 750 militaires présents sur la base, plus de 2 500 étrangers, pour la plupart philippins et jamaïcains, y travaillent, notamment dans la prison. Trois immigrés cubains vivent également dans la base. Sept ans après l’ouverture de la prison, une vingtaine de détenus ont été inculpés de crimes de guerre et trois seulement ont été jugés. Un seul d’entre eux est encore enfermé à Guantanamo. Lucile MALANDAIN (AFP)
Le centre de détention de la base américaine de Guantanamo (Cuba) est le symbole des excès de la « guerre contre le terrorisme » lancée par George W. Bush. Plus de 800 hommes et adolescents sont passés par Guantanamo depuis son ouverture le 11 janvier 2002, et environ 245 s’y trouvent encore, pour la plupart depuis des années et sans inculpation.
Les cages à ciel ouvert qui ont accueilli les 23 premiers détenus, dont les photos en combinaisons orange, un sac noir sur la tête, ont fait le tour du monde, sont depuis longtemps rendues aux herbes folles et aux iguanes. Une première prison en dur a été construite et a accueilli des détenus dans des cellules individuelles à partir de mai 2002. Deux bâtiments supplémentaires construits sur le modèle haute sécurité des prisons fédérales accueillent également...