Un véritable centre-ville pour Alger, avec une cité des affaires : tel est le coûteux projet (2,5 milliards d’euros) d’un entrepreneur algérien, Abdelouahab Rahim, dont l’ambition est aussi de réhabiliter l’image de l’entrepreneur algérien.
Après vingt ans passés à l’étranger, entre Paris et Genève, à travailler pour de nombreux laboratoires pharmaceutiques, M. Rahim, 57 ans, est revenu en Algérie en 1995 en pleine « décennie noire », pendant laquelle la violence islamiste a fait plus de 150 000 morts entre 1992 et 2000.
« J’ai répondu à l’appel lancé au début des années 1990 par le gouvernement en direction de la diaspora algérienne pour revenir investir dans le pays », a expliqué à l’AFP cet entrepreneur originaire d’Ait Rzine, une petite localité près de Bejaia en Kabylie.
Après avoir investi dans la pharmacie, puis avoir créé l’Algérienne des assurances (2A), Abdelouahab Rahim se lance en 2001 dans l’hôtellerie et l’immobilier d’affaires, en rachetant l’hôtel Hilton d’Alger au sud-coréen Daewoo Corporation.
En même temps, il obtient du gouvernement une concession vente des 75 hectares adjacents à l’hôtel aux Pins maritimes, sur la côte est de la baie d’Alger, en face de la future grande mosquée.
C’est là que la société Dahli (hôtellerie, immobilier et loisirs), dont il est PDG, prévoit de construire ce que M. Rahim espère être le futur centre-ville d’Alger avec une véritable cité des affaires, baptisée Alger médina.
La maquette de la future cité comprend notamment un million de m2 de bureaux, un million de m2 d’appartements-hôtels, un centre commercial de 70 000 m2, une marina, un parc aquatique et un palais des congrès de 4 000 places.
L’entrepreneur a lancé le 11 janvier et jusqu’au 12 février un emprunt obligataire de 8,3 milliards de dinars (83 millions d’euros) pour financer une partie de son projet qui représente un investissement global de 2,5 milliards d’euros, étalés sur plusieurs années, selon M. Rahim.
C’est la première fois qu’un groupe à capitaux privés algériens lance un emprunt obligataire ouvert au grand public.
« J’ai choisi un emprunt obligataire ouvert au grand public pour permettre à tous les Algériens de participer à la construction du futur centre-ville d’Alger. Le projet est économique, mais aussi citoyen. La capitale n’a pas de centre-ville et ne possède pas de cité des affaires », affirme Abdelouahab Rahim.
« Mais ce n’est pas seulement un projet immobilier. Je veux aussi créer un modèle pour montrer que les entrepreneurs algériens sont capables de bâtir, de construire, d’investir et de créer des richesses pour leur pays », explique-t-il.
Cet homme d’affaires charismatique, bon communicateur, resté longtemps à l’écart du débat public, veut ainsi contribuer à la réhabilitation de l’entrepreneur algérien dont l’image a souffert des faillites successives de plusieurs banques privées au début des années 2000, dit-il.
Abdelouahab Rahim entend en effet jouer un rôle dans le débat économique algérien. Il a lancé fin 2007, avec d’autres entrepreneurs, l’Union nationale des investisseurs (UNI), une nouvelle organisation patronale qui attend toujours son agrément.
La société Dahli, filiale du groupe Arcofina (immobilier d’affaires, hôtellerie, assurances, pharmacie, services), propriété de M. Rahim, a réalisé un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros en 2007.
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Après vingt ans passés à l’étranger, entre Paris et Genève, à travailler pour de nombreux laboratoires pharmaceutiques, M. Rahim, 57 ans, est revenu en Algérie en 1995 en pleine « décennie noire », pendant laquelle la violence islamiste a fait plus de 150 000 morts entre 1992 et 2000.
« J’ai répondu à l’appel lancé au début des années 1990 par le gouvernement en direction de la diaspora algérienne pour revenir investir dans le pays », a expliqué à l’AFP cet entrepreneur originaire d’Ait Rzine, une petite localité près de Bejaia en...