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Législatives Mikati réfute l’argumentation de Aoun sur l’inopportunité d’un bloc centriste

De nombreuses personnalités politiques ont défendu l’idée d’une éventuelle formation d’un bloc centriste au sein de la prochaine Assemblée nationale, prenant ainsi le contre-pied des critiques formulées par le chef du CPL sur ce plan. L’ancien Premier ministre Nagib Mikati a été reçu hier au siège de l’archevêché grec-orthodoxe de Beyrouth par le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, avec qui il a passé en revue aussi bien la situation à Gaza que les développements en cours sur la scène libanaise. À l’issue de l’entrevue, M. Mikati a réfuté, en réponse aux questions des correspondants de presse, l’argumentation du chef du CPL, Michel Aoun, concernant l’inopportunité d’un bloc centriste (qui serait proche du chef de l’État) dans la prochaine Assemblée nationale. Le général Aoun, rappelle-t-on, a affirmé à plusieurs reprises que la notion même d’un bloc parlementaire centriste constitue un non-sens « car on ne peut pas adopter une position médiane et neutre entre l’intégrité et la corruption ou entre l’indépendance et l’aliénation ». Interrogé à ce propos, M. Mikati a notamment déclaré : « Chaque personne a le droit d’exprimer son point de vue. Je respecte le général Aoun et ses opinions politiques, mais je ne suis pas d’accord avec lui concernant sa perception du centrisme. J’ai la conviction que le Liban ne peut tenir le coup que sur base d’une position centriste qui signifie, à notre sens, que dans les circonstances délicates, seule la politique centriste peut aboutir à des résultats du fait que dans ce genre de situation (difficile), il faudrait traiter avec toutes les factions en dehors de la logique de la majorité et de la minorité. » Et M. Mikati d’ajouter : « Le centrisme ne signifie pas l’adoption d’une attitude neutre entre la souveraineté et l’aliénation, ni une attitude médiane entre l’occupation et la résistance, ou entre la corruption et l’intégrité. Les centristes ont suffisamment de sens des responsabilités pour ne pas se laisser entraîner sur la voie des slogans creux qui ravivent les passions. Le centrisme consiste à reconnaître le droit de ceux qui sont sur la bonne voie et à condamner ceux qui sont dans l’erreur. En d’autres termes, le centrisme signifie le réalisme en politique et il représente la riposte à l’extrémisme. Cette voie constitue en soi une prise de position et non une attitude neutre (…). D’aucuns oublient que le Liban repose dans son essence sur l’acceptation et la reconnaissance de l’autre. Tel est le Liban authentique. De ce fait, on se rapproche du Liban lorsqu’on est centriste, et on s’en éloigne lorsque l’on est extrémiste. Le centrisme est une attitude aisée en temps de paix, mais elle devient plus difficile lorsque les passions sont déchaînées. » Abordant ensuite la situation à Gaza, l’ancien Premier ministre a stigmatisé les agressions israéliennes contre la population palestinienne, exprimant sa satisfaction au sujet de « la position libanaise unifiée sur ce plan et la position palestinienne unifiée sur la scène libanaise ». M. Mikati a également applaudi au « refus unanime de l’exploitation du territoire libanais » (pour lancer des roquettes contre Israël). L’ancien Premier ministre a déploré à ce propos les derniers tirs de roquettes contre le nord d’Israël. « J’espère qu’il s’agit là d’un acte isolé, a-t-il déclaré. Je pense que toutes les parties au Liban-Sud sont conscientes de la gravité de tels actes. Il faut mettre un terme à de tels agissements car nous ne voulons pas entraîner le Liban dans de nouvelles batailles. » Salah Honein Pour en revenir au débat sur l’opportunité de candidatures centristes ou indépendantes aux prochaines élections législatives, plusieurs personnalités ont abondé dans le même sens que M. Mikati, rejetant sans détours les critiques de Michel Aoun portant sur le projet de bloc centriste. L’ancien député Salah Honein a notamment déclaré à cet égard : « Le candidat indépendant est plus libre de sa décision que celui qui est affilié à un parti ou un bloc. Dans toutes les élections, des personnalités partisanes et non partisanes posent leur candidature. Est-il nécessaire que tous les candidats soient partisans et qu’ils exécutent les ordres du chef d’un parti ou d’un bloc ? Certaines personnalités ont leur propre présence sur le terrain et désirent présenter leur candidature aux élections sans pour autant s’intégrer à un parti ou un bloc. C’est de leur droit. » Et M. Honein d’ajouter : « Le général Aoun a souligné récemment que les membres du Conseil constitutionnel devaient être indépendants. Pourquoi cette règle est-elle valable pour le Conseil constitutionnel et non pas pour l’Assemblée nationale ? Être indépendant ne signifie pas ne pas avoir de position. Être indépendant ne signifie pas ne pas avoir de position au sujet des armes (illégales), de la corruption ou de l’environnement. Il s’agit là d’une conception erronée d’autant que l’indépendant est plus libre de ses décisions que les autres. » Même son de cloche au niveau de l’ancien député de Jbeil Émile Nawfal qui a réfuté l’argument de Michel Aoun selon lequel un candidat indépendant est « incolore et sans saveur ». « En tant que candidat indépendant, a-t-il souligné, je serai à l’avant-garde de la lutte contre la corruption sous toutes ses formes. Quant aux relations avec les pays arabes et étrangers, elles seront fondées sur un point essentiel, à savoir que le Liban est un pays indépendant et souverain, et dans ce cadre, ses relations avec les autres pays doivent être basées sur le respect mutuel. » Et d’ajouter : « Le candidat indépendant n’est-il libanais que s’il fait partie du 14 ou du 8 Mars ? En tant que candidats indépendants, nous mettons l’accent sur le fait que nul n’a le droit d’imposer son point de vue à l’autre, d’autant que la liberté d’opinion et d’expression est consacrée par la Constitution. » Signalons, enfin, que le député Sélim Salhab, membre du bloc parlementaire aouniste, a tenté, dans une interview au site nowlebanon.com d’apporter un bémol aux déclarations de Michel Aoun sur l’inopportunité de la formation d’un bloc centriste, soulignant à ce sujet que le CPL refuse « tout candidat centriste qui serait incolore et sans saveur ou qui n’aurait pas de conviction ferme ». « Mais si un candidat centriste veut se réclamer de Baabda (du chef de l’État), nous l’accueillerons favorablement car notre bloc (aouniste) soutient le président de la République. » « Si une personnalité déclare qu’elle est le candidat du président de la République, nous serons les premiers à l’appuyer », a affirmé M. Salhab. Le député du Metn-Nord a dénoncé dans ce cadre « ceux qui déploient des efforts soutenus afin d’affaiblir le courant aouniste, plus particulièrement au Mont-Liban ». Et M. Salhab de souligner que « le Bloc du changement et de la réforme attend la formation du nouveau gouvernement (qui devrait être formé après les élections législatives) afin de réaliser l’ensemble de ses objectifs ».
De nombreuses personnalités politiques ont défendu l’idée d’une
éventuelle formation d’un bloc centriste au sein de la prochaine Assemblée nationale, prenant ainsi le contre-pied des critiques formulées par le chef du CPL sur ce plan.
L’ancien Premier ministre Nagib Mikati a été reçu hier au siège de l’archevêché grec-orthodoxe de Beyrouth par le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, avec qui il a passé en revue aussi bien la situation à Gaza que les développements en cours sur la scène libanaise.
À l’issue de l’entrevue, M. Mikati a réfuté, en réponse aux questions des correspondants de presse, l’argumentation du chef du CPL, Michel Aoun, concernant l’inopportunité d’un bloc centriste (qui serait proche du chef de l’État) dans la prochaine Assemblée nationale. Le général Aoun,...