Le commentaire d’Émile Khoury
La 1701 face à la convergence d’intérêts syro-israéliens
le 13 janvier 2009 à 00h00
De nombreux observateurs estiment que la décision prise à l’unanimité par le Conseil des ministres, jeudi dernier, pour réitérer l’engagement du Liban à respecter la 1701 permet d’immuniser le pays face à toute violation éventuelle de cette résolution. Il reste que les effets d’une telle position restent limités et que seule l’application concrète, intégrale et minutieuse de la 1701 pourrait permettre de protéger le Liban contre toute agression qui pourrait le prendre pour cible. En effet, en dépit des nombreuses positions favorables à son application, la 425 qui est restée lettre morte pendant plusieurs décennies n’a pas pu mettre un terme à l’instabilité chronique dans le Sud.
Or il semble que l’application de la 1701 n’est pas à portée de main, vu qu’Israël refuse toujours de se retirer des fermes de Chebaa, conformément aux dispositions de cette résolution. L’État hébreu est même encouragé dans cette attitude par le refus syrien de tracer les frontières au niveau de ce secteur. Il résulte de cette convergence d’intérêts entre Israël et la Syrie que le Hezbollah continue de profiter d’un prétexte pour conserver ses armes.
De plus, Damas entrave l’application de la 1701 en maintenant sous son autorité des factions armées déployées à l’extérieur des camps palestiniens. Le régime syrien continue ainsi à utiliser la carte des formations palestiniennes qui lui ont prêté allégeance pour exercer des pressions sur Israël et Beyrouth lorsqu’il le juge adéquat, empêchant la concrétisation des décisions prises par le dialogue national en 2006.
D’ailleurs, Damas n’a facilité l’application d’aucun des points adoptés par ledit dialogue. Il semble que la Syrie misait sur l’échec de ce processus et a été fort surprise de voir les parties prenantes au dialogue aboutir à des décisions prises à l’unanimité. Elle n’a donc contribué qu’à la concrétisation des décisions libanaises qui servent ses intérêts, notamment l’établissement de relations diplomatiques avec Beyrouth. Elle continue toutefois d’atermoyer dans la nomination de son ambassadeur au Liban, de crainte que cette mesure n’ouvre la voie à la révision des compétences du Haut Conseil libano-syrien.
D’un autre côté, la Syrie n’a pas mis fin aux convois d’armes qu’elle envoie au Liban, fournissant un prétexte aux violations israéliennes de l’espace aérien libanais. Si Damas était sincèrement disposé à aider le Liban à mettre la 1701 en application, il aurait mis un terme au trafic d’armes pour imputer à Israël l’entière responsabilité des violations de cette résolution.
À la lumière de ces observations ainsi que des derniers tirs de katiouchas contre Israël, qui seraient le fait de factions palestiniennes, il convient de s’interroger sur le fait de savoir si la Syrie pourrait se décider enfin à faciliter l’application intégrale de la 1701. Ou bien veut-on garder le Liban dans une situation d’instabilité chronique pour continuer à s’en servir comme carte de négociations ?
De nombreux observateurs estiment que la décision prise à l’unanimité par le Conseil des ministres, jeudi dernier, pour réitérer l’engagement du Liban à respecter la 1701 permet d’immuniser le pays face à toute violation éventuelle de cette résolution. Il reste que les effets d’une telle position restent limités et que seule l’application concrète, intégrale et minutieuse de la 1701 pourrait permettre de protéger le Liban contre toute agression qui pourrait le prendre pour cible. En effet, en dépit des nombreuses positions favorables à son application, la 425 qui est restée lettre morte pendant plusieurs décennies n’a pas pu mettre un terme à l’instabilité chronique dans le Sud.
Or il semble que l’application de la 1701 n’est pas à portée de main, vu qu’Israël refuse toujours de se retirer des...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.