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Crise financière Berlin tergiverse sur les moyens de relancer l’économie

Le gouvernement allemand, après avoir longtemps tergiversé, s’apprête à présenter un deuxième plan de relance conjoncturel, mais en ce début d’année électorale, les partis de la grande coalition au pouvoir s’opposent encore sur les mesures à prendre. Le montant du paquet est déjà connu : ce sera 50 milliards d’euros. Les conservateurs de la CDU-CSU et les sociaux-démocrates du SPD se sont entendus sur le chiffre en début de semaine et sur l’idée de nouveaux investissements dans les infrastructures. Reste à présent à régler les autres détails du plan avant la tenue lundi d’une réunion des partis de la coalition. Le SPD, qui veut tenter en septembre de ravir la chancellerie à la CDU, défend l’idée d’une baisse des cotisations assurance-maladie, qui profiterait à un grand nombre d’Allemands, une prime exceptionnelle de 200 euros par enfant, une prime à la casse pour encourager l’achat de voitures neuves et des hausses d’impôts limitées dans le temps pour les plus riches. La CDU et la CSU veulent au contraire des baisses d’impôts. L’idée de bons à la consommation semble en revanche avoir été enterrée. Autre pierre d’achoppement, la mise en place d’un fonds de garantie de 100 milliards d’euros pour aider les entreprises en mal de financement, défendue par la CDU et confirmée hier par la chancelière Angela Merkel. « Nous allons mettre en place dans notre plan (...) un tel fonds, afin de pouvoir soutenir, si besoin est, des entreprises saines grâce à des garanties », explique la chancelière conservatrice au journal Bild am Sonntag. Il ne s’agit toutefois que d’une « mesure provisoire », explique-t-elle, le temps que les banques jouent à nouveau pleinement leur rôle et financent les entreprises. Pour Gernot Nerb, économiste à l’institut IFO, ce serait « une bonne chose » alors que, selon lui, deux tiers des grands groupes allemands commencent à rencontrer des problèmes de refinancement. Le SPD pourtant ne voulait pas entendre parler de telles garanties. Frank-Walter Steinmeier, qui affrontera Mme Merkel lors des législatives du 27 septembre, jugeait encore jeudi le projet « aventureux ». L’économiste Michael Burda y voit même « un pas vers une forme de protectionnisme ». Le vice-président de la CDU, Jürgen Rüttgers, déjà à l’origine de cette proposition, veut même aller plus loin et estime que l’État pourrait entrer au capital d’entreprises en difficulté au besoin, comme il vient de le faire pour la banque Commerzbank. La pression sur le gouvernement allemand est d’autant plus grande que la crise économique se traduit à présent sur le marché de l’emploi, alors qu’il avait plutôt bien résisté jusque-là. En décembre, le nombre de chômeurs a dépassé le seuil des trois millions. Et la situation devrait encore se dégrader cette année, alors que le ministère de l’Économie n’exclut pas une récession pouvant aller jusqu’à -3 %. Avec ce deuxième plan, l’Allemagne pourra en tout cas balayer les critiques qui l’accusaient de ne pas avoir frappé suffisamment fort face à la crise, selon M. Nerb. « Si ce plan est réellement de 50 milliards d’euros, cela devra suffire », estime l’économiste, qui souligne que Berlin rentrerait ainsi dans le cadre du plan de relance adopté par l’Union européenne, qui prévoit de consacrer 1,5 % du PIB à des mesures de relance. Berlin avait déjà adopté en novembre un premier paquet, représentant un effort budgétaire de 12 milliards d’euros. « Cela peut toutefois durer jusqu’à la moitié de l’année pour qu’on commence à en voir les effets », avertit-il.
Le gouvernement allemand, après avoir longtemps tergiversé, s’apprête à présenter un deuxième plan de relance conjoncturel, mais en ce début d’année électorale, les partis de la grande
coalition au pouvoir s’opposent encore sur les mesures à prendre.
Le montant du paquet est déjà connu : ce sera 50 milliards d’euros. Les conservateurs de la CDU-CSU et les sociaux-démocrates du SPD se sont entendus sur le chiffre en début de semaine et sur l’idée de nouveaux investissements dans les infrastructures. Reste à présent à régler les autres détails du plan avant la tenue lundi d’une réunion des partis de la coalition.
Le SPD, qui veut tenter en septembre de ravir la chancellerie à la CDU, défend l’idée d’une baisse des cotisations assurance-maladie, qui profiterait à un grand nombre d’Allemands,...