Du nord au sud, les manifestations de soutien avec la population de Gaza se sont poursuivies pour dénoncer les massacres des civils et la ghettoïsation des habitants de Gaza, encerclés par la puissance de feu de l’armée israélienne.
Outre les manifestations quasi régulières organisées par le Hezbollah et les mobilisations quotidiennes qui ont lieu au sein des camps palestiniens en dénonciation de la violence dont sont victimes leurs frères à Gaza, la fièvre des mouvements protestataires s’est amplifiée hier pour atteindre l’ensemble des régions libanaises.
Dans les camps palestiniens de Sabra et de Chatila, les réfugiés s’avouent désormais « incapables d’exprimer l’horreur » dont ils témoignent sur leurs écrans de télévision, l’impact des images étant d’autant plus dur qu’ils se sentent « impuissants face à ce qui se passe ».
« C’est à peine si nous pouvons protester à l’intérieur des frontières de ce camp », affirme un jeune Palestinien d’une trentaine d’années, qui se désole de ne pas pouvoir secourir les Palestiniens de Gaza. « Si je le pouvais, j’irais à pied jusque chez eux, pour les aider et combattre à leur côté », dit-il. Évoquant les tirs de roquettes lancés à partir du Liban-Sud contre le nord d’Israël, il affirme qu’une telle initiative n’est pas suffisante et plaide en faveur de l’ouverture de tous les fronts dans le monde arabe « et non seulement au Liban ».
Même son de cloche chez ce père de famille, qui indique que « le Liban a déjà assez payé pour soutenir la cause palestinienne, et qu’il devrait être le dernier à ouvrir un front à Israël », une initiative qui incombe aujourd’hui « aux autres pays arabes frontaliers, tels que la Jordanie et l’Égypte, qui ont le devoir et l’obligation d’aider la population de Gaza », ajoute-t-il.
Ce qui scandalise le plus les réfugiés palestiniens, c’est notamment « l’indifférence du monde occidental en général et du monde arabe en particulier ». Les critiques envers « le régime égyptien », accusé de faire partie d’un complot « américano-jordano-israélien », « visant à anéantir la cause palestinienne », reviennent sur toutes les bouches.
Mais quels que soient les avis politiques sur la question, c’est surtout le drame humanitaire et le sang des civils innocents qui coule à flots que l’on dénonce le plus dans les dédales des camps.
À Beddaoui et Bared
À Nahr el-Bared et à Beddaoui, plus d’un millier de personnes ont protesté hier, après la prière du vendredi, pour stigmatiser « la poursuite de l’agression israélienne contre Gaza et la persistance de l’indifférence de la communauté internationale ».
« Honte à ceux qui ont vendu Gaza en dollars » ; « Les gouvernants arabes ont comploté contre nous », scandaient les protestataires qui ont appelé à la vengeance.
Brandissant des drapeaux noirs et les drapeaux palestiniens, les manifestants ont envahi les ruelles des camps, entonnant des chants révolutionnaires.
Des discours prononcés au nom de toutes les factions palestiniennes ont mis l’accent sur l’importance de « l’unité palestinienne pour protéger la cause et mettre en échec les plans et complots visant à la noyer ».
Toujours au Nord, l’ordre des avocats a organisé un sit-in à Tripoli, devant son siège, auquel ont pris part le conseil de l’ordre, le président et les membres de l’ordre, en présence des anciens bâtonniers. Prenant la parole, le président de l’ordre, Antoine Ayrout, a affirmé que « le criminel est un, l’occupant israélien ainsi que la communauté internationale qui le soutient. L’ennemi israélien a occupé la terre et commet des crimes en foulant aux pieds les conventions internationales et faisant fi du Conseil de sécurité », dit-il. Selon lui, cette situation va se poursuivre « tant que les États-Unis protègent Israël et légitiment ses massacres, et tant qu’une Cour internationale n’a pas mis la main sur un seul massacre commis par l’État hébreu », a-t-il ajouté.
Plus au Sud, un rassemblement populaire a été initié par l’Organisation populaire nassérienne, en soutien « à la résistance de la population de Gaza ». Dans une allocution, le député Oussama Saad a indiqué : « Nous ne pouvons condamner aucune balle tirée ou aucune pierre lancée en direction de l’ennemi. Nous œuvrons à soutenir le peuple palestinien par tous les moyens qui sont en notre possession », a-t-il dit, dans une allusion à peine voilée aux tirs de fusées en direction du nord d’Israël.
Également dans la Békaa, un mouvement de protestation a été organisé sur une initiative du mufti de la région, cheikh Khalil el-Meiss, avec la participation de plusieurs députés de la région. Prenant la parole, le représentant du Hamas au Liban, Oussama Hamdane, a indiqué que « la résistance dans la bataille actuelle tire sa force du soutien populaire arabe et international qui s’est exprimé depuis le début, en sa faveur ». « L’ennemi ne pouvait s’imaginer ce qui l’attendait à Gaza », a-t-il ajouté, car il pensait que « la bataille ne durera pas plus de trois jours ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Du nord au sud, les manifestations de soutien avec la population de Gaza se sont poursuivies pour dénoncer les massacres des civils et la ghettoïsation des habitants de Gaza, encerclés par la puissance de feu de l’armée israélienne.
Outre les manifestations quasi régulières organisées par le Hezbollah et les mobilisations quotidiennes qui ont lieu au sein des camps palestiniens en dénonciation de la violence dont sont victimes leurs frères à Gaza, la fièvre des mouvements protestataires s’est amplifiée hier pour atteindre l’ensemble des régions libanaises.
Dans les camps palestiniens de Sabra et de Chatila, les réfugiés s’avouent désormais « incapables d’exprimer l’horreur » dont ils témoignent sur leurs écrans de télévision, l’impact des images étant d’autant plus dur qu’ils se sentent...