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Naissance de l’Association des anciens prisonniers politiques libanais en Syrie

Anne-Marie EL-HAGE Faire pression sur la Syrie pour qu’elle autorise la visite, dans les prisons syriennes, de groupes de travail de l’ONU sur les disparitions forcées : c’est la requête de la nouvelle association des anciens prisonniers politiques en Syrie adressée au président français Nicolas Sarkozy, en visite au Liban. L’Association des anciens prisonniers politiques libanais en Syrie a vu le jour hier, lors d’une conférence de presse donnée conjointement par Ali Abou Dehn, ancien prisonnier libanais en Syrie, et par Kamal el-Batal, directeur des droits de l’homme auprès du Conseil mondial de la révolution du Cèdre. La conférence de presse était également l’occasion pour les fondateurs de l’association de remettre à la deuxième conseillère de l’ambassade de France, Brigitte Curmi, un message adressé au président Nicolas Sarkozy qui effectue aujourd’hui une visite au Liban. Un message dans lequel l’association demande au président français de faire pression sur la Syrie pour autoriser les visites, sur son territoire et dans les prisons syriennes, de groupes de travail de l’ONU sur les disparitions forcées. Quant aux objectifs de l’association qui entend s’occuper à la fois des anciens prisonniers politiques libanais en Syrie et de ceux qui y sont toujours détenus, ils consistent d’abord à exercer une pression permanente sur le gouvernement syrien pour la libération de tous les détenus politiques libanais dans les prisons syriennes, par le biais du gouvernement libanais, de la France, de l’Union européenne et de la Ligue arabe. Au cas où ces pressions s’avèrent infructueuses, l’association envisage de demander au Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution sur base du chapitre VII de la Charte des Nations unies pour la création d’une commission d’enquête qui examinerait le dossier des disparitions forcées en Syrie. L’Association des anciens prisonniers politiques libanais en Syrie invite aussi les associations libanaises et les organisations internationales, notamment la Croix-Rouge internationale, Amnesty International et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme à joindre leurs efforts aux siens, dans l’espoir de faire aboutir le dossier. La création de commissions estudiantines, parlementaires, locales ou européennes, et le parrainage, par des associations féminines, des détenus libanais en Syrie, sera également un des moyens envisagés par l’association pour sensibiliser la société libanaise et faire bouger les choses. Le calvaire d’un ancien prisonnier Dénonçant l’absence de soutien de l’État libanais aux anciens détenus libanais en Syrie, Ali Abou Dehn a raconté quelques séquences de l’enfer qu’il a vécu dans la prison syrienne de Tadmor, durant 13 années. Un enfer constitué de tortures, de privations de sommeil et de nourriture, de promiscuité extrême, d’absence totale de médicaments et de soins médicaux. « En guise de petit-déjeuner, nous avions droit à un tiers de portion de fromage ou à un œuf pour cinq personnes ou à une cuiller à café de labné », se souvient Ali Abou Dehn, avant d’ajouter que la soupe du soir était infestée de petites bêtes. « Nous étions entassés à 142 prisonniers dans des pièces de 15 x 6 mètres », poursuit-il. « Nous étions tellement serrés que nous n’avions d’autre choix que de dormir tête-bêche. Nous ne pouvions même pas nous lever la nuit pour aller uriner. Nous le faisions sur place, dans nos pantalons », dit-il encore. L’ancien détenu en Syrie raconte aussi que certains de ses compagnons d’infortune n’ont pas survécu à ce calvaire, comme Adel Ajoury ou Hassan Hochar, mais que d’autres, comme Mahmoud Majzoub, ont été relâchés juste à temps pour mourir par manque de soins, entourés des leurs. Redonner leur dignité bafouée aux anciens détenus libanais en Syrie est également l’un des objectifs de la nouvelle association qui entend bien pousser le gouvernement à s’occuper d’eux, comme il s’occupe des anciens détenus libanais en Israël. Il reste à espérer que cette nouvelle association saura travailler main dans la main avec les associations déjà engagées dans le dossier des détenus libanais en Syrie et que cette cause ne sera pas malmenée au gré des tiraillements politiques.
Anne-Marie EL-HAGE

Faire pression sur la Syrie pour qu’elle autorise la visite, dans les prisons syriennes, de groupes de travail de l’ONU sur les disparitions forcées : c’est la requête de la nouvelle association des anciens prisonniers politiques en Syrie adressée au président français Nicolas Sarkozy, en visite au Liban.
L’Association des anciens prisonniers politiques libanais en Syrie a vu le jour hier, lors d’une conférence de presse donnée conjointement par Ali Abou Dehn, ancien prisonnier libanais en Syrie, et par Kamal el-Batal, directeur des droits de l’homme auprès du Conseil mondial de la révolution du Cèdre. La conférence de presse était également l’occasion pour les fondateurs de l’association de remettre à la deuxième conseillère de l’ambassade de France, Brigitte Curmi, un message...