Les violences se sont poursuivies au quatrième jour de l’opération israélienne « Plomb durci ».
Le président américain George W. Bush a appelé hier matin le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et son Premier ministre Salam Fayyad pour discuter « des conditions d’un cessez-le-feu durable » à Gaza, a annoncé la Maison-Blanche. « Ils se sont mis d’accord pour dire qu’un cessez-le-feu, quel qu’il soit, devra être efficace, devra être respecté, en particulier par le Hamas », a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, depuis Crawford (Texas, Sud), près du ranch familial où M. Bush passe les fêtes. Washington a également annoncé qu’il contribuerait à hauteur de 85 millions de dollars à l’Agence de secours de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) en 2009.
La secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, s’est de son côté entretenue hier par téléphone avec le roi Abdallah II de Jordanie, a indiqué un porte-parole du département d’État. Mme Rice a également participé à une réunion téléphonique avec les médiateurs internationaux du quartette pour le Proche-Orient, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana. En soirée, un compte-rendu publié par l’ONU indiquait que le quartette a demandé un cessez-le-feu immédiat à Gaza qui soit « pleinement respecté ». « Ils ont appelé toutes les parties à prendre en compte les besoins urgents en matière humanitaire et économique à Gaza et à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la fourniture continue d’assistance humanitaire. Ils se sont accordés sur la nécessité urgente pour les Israéliens et les Palestiniens de continuer sur la voie de la paix », conclut ce compte-rendu laconique.
Même son de cloche à Paris, où les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont appelé, à l’issue d’une réunion d’urgence, à un « cessez-le-feu immédiat et permanent » dans la bande de Gaza. « Les tirs de roquettes du Hamas sur Israël doivent cesser sans condition et l’action militaire israélienne doit prendre fin », ont déclaré les ministres des Affaires étrangères de l’UE dans une déclaration commune diffusée à l’issue d’une réunion à Paris. Les Européens demandent également « l’ouverture pérenne et normale de tous les points de passage » menant au territoire contrôlé par le Hamas depuis juin 2007.
Parallèlement, un haut responsable israélien a indiqué que le Premier ministre du gouvernement de transition Ehud Olmert, la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, et le ministre de la Défense, Ehud Barak, se sont rencontrés dans la soirée afin d’examiner « une proposition française (présentée par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner) de cessez-le-feu » de 48 heures. Alors qu’aucune information n’avait encore filtré de cette réunion, le porte-parole d’Ehud Barak a indiqué que ce dernier envisageait « favorablement » cette proposition. Le ministre des Affaires sociales, Yitzhak Herzog, membre du cabinet de sécurité, a également indiqué qu’« Israël garde toutes ses options sur la table. Il y a des propositions comme celle du chef de la diplomatie française, une sorte de trêve humanitaire. Si elle est concrète, Israël l’examinera ». Un convoi humanitaire de 109 camions a d’ailleurs commencé à transiter hier entre Israël et la bande de Gaza. Selon des médias israéliens, le ministère de la Défense a recommandé que l’armée observe un cessez-le-feu de 48 heures, après quoi seulement l’armée lancerait une offensive terrestre si jusque-là le Hamas n’a pas accepté un accord de trêve satisfaisant pour Israël.
Dans la matinée, le ministre israélien des Infrastructures, Binyamin Ben Eliezer, avait toutefois affirmé à l’AFP qu’Israël n’était « pas intéressé à ce stade par un cessez-le-feu avec le Hamas dans la bande de Gaza ». « Ce que nous voulons ce n’est pas un cessez-le feu mais un arrêt du terrorisme », avait également déclaré le président Shimon Peres lors d’une intervention au ministère de la Défense à Tel-Aviv.
Le vice-ministre israélien de la Défense, Matan Vilnaï, a, par ailleurs, affirmé hier qu’Israël était prêt à se battre pendant « des semaines », alors que le Premier ministre Ehud Olmert affirmait que les opérations en cours n’étaient que « la première phase parmi plusieurs autres déjà approuvées par le cabinet de sécurité ».
Les responsables israéliens n’écartaient pas non plus hier l’option d’une opération terrestre, à commencer par Ehud Barak. « Les forces terrestres sont prêtes à agir. Tout le monde est en place sur le terrain », a également déclaré à l’AFP la porte-parole de l’armée, Avital Leibovitz. Depuis le début de l’offensive israélienne, samedi, Israël a frappé la bande de Gaza essentiellement par les airs et épisodiquement par la mer, tout en agitant la menace d’opérations terrestres. « L’option existe. Elle peut être appliquée, mais pour l’instant nous ne frappons que par les airs et par la mer », a-t-elle précisé. Le ministre de la Défense a en outre obtenu le feu vert à la mobilisation d’un nouveau contingent de 2 500 réservistes. Dans la soirée, le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a néanmoins déclaré, devant le Sénat italien, que le président israélien Shimon Peres avait affirmé par téléphone à son homologue italien, Giorgio Napolitano, qu’Israël n’avait « pas l’intention de recourir » à une offensive terrestre dans la bande de Gaza en raison de l’ampleur des moyens militaires à mettre en œuvre et des « conséquences pour les populations civiles ».
Au total, 368 Palestiniens, en majorité des membres du Hamas, ont été tués et plus de 1 700 blessés dans les attaques israéliennes depuis samedi, selon un nouveau bilan fourni par le chef des services d’urgence à Gaza, Mouawiya Hassanein. Il a affirmé que des dizaines de civils figuraient parmi les morts, dont 39 enfants et 13 femmes. Dans le secteur de Khan Younès, dans le sud de ce territoire, un Palestinien a été tué et deux autres blessés dans un raid aérien contre une position de la police du Hamas, selon les mêmes sources. Les dirigeants israéliens affirment que l’opération « Plomb durci », d’une violence inédite depuis l’occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967, vise à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud du pays.
Des tirs qui ont toutefois continué puisqu’une vingtaine de roquettes ont été tirées contre le sud du pays, faisant un blessé à Sdérot, selon le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld. Une roquette de longue portée tirée par des Palestiniens a atteint hier soir, pour la première fois, la région de Beersheva, la capitale du sud d’Israël à une quarantaine de kilomètres de la bande de Gaza, sans faire de blessé, a-t-on appris de source policière. Les tirs de roquettes et d’obus de mortier ont fait depuis samedi quatre morts en Israël : trois civils et un soldat. Selon l’armée, pendant cette période, plus de 200 roquettes et obus de mortier ont été tirés. En soirée, le Hamas a en outre menacé de frapper le territoire israélien plus en profondeur si l’État hébreu poursuit son offensive.
Des manifestants investissent brièvement
le consulat égyptien à Aden
Des manifestants ont brièvement investi hier le consulat égyptien à Aden, au Yémen, dans un geste apparent de mécontentement à l’égard de l’attitude du Caire sur la question de la bande de Gaza. Ces manifestants, principalement des étudiants de l’Université d’Aden, ont « saccagé du matériel (...) avant d’être évacués dans le calme », a indiqué un responsable de la sécurité. Deux véhicules ont également été incendiés. Trois employés du consulat se trouvaient à l’intérieur du bâtiment, mais aucun n’a été blessé. En revanche, un manifestant a été touché après que des gardes du consulat eurent ouvert le feu sur les assaillants. Plus d’une vingtaine de manifestants ont en outre été interpellés. Les manifestants ont brûlé des drapeaux égyptiens et israéliens, et ont hissé un drapeau palestinien sur le bâtiment avant leur évacuation. L’Égypte a vivement condamné l’incident. Dimanche, plusieurs milliers de personnes avaient participé à Sanaa à une manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza, à l’appel du parti au pouvoir, des formations de l’opposition et de diverses associations.
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Le président américain George W. Bush a appelé hier matin le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et son Premier ministre Salam Fayyad pour discuter « des conditions d’un cessez-le-feu durable » à Gaza, a annoncé la Maison-Blanche. « Ils se sont mis d’accord pour dire qu’un cessez-le-feu, quel qu’il soit, devra être efficace, devra être respecté, en particulier par le Hamas », a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, depuis Crawford (Texas, Sud), près du ranch familial où M. Bush passe les fêtes. Washington a également annoncé qu’il contribuerait à hauteur de 85 millions de dollars à l’Agence de secours de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) en...