Khamenei appelle les musulmans à punir Israël ; Paris, Moscou et Londres plaident pour l’arrêt des violences et Washington tient le Hamas pour responsable.
De Sanaa à Damas, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues pour condamner les frappes israéliennes à Gaza. Lors de ces manifestations, des critiques ont fusé à l’encontre de certains pays arabes, en particulier de l’Égypte, accusée de « complicité » avec l’État hébreu. Hier, plus de 50 000 personnes ont manifesté dans une dizaine de villes d’Égypte, alors que plusieurs dizaines de milliers de Yéménites défilaient à Sanaa. Dans le centre de Damas, des milliers de Syriens ont protesté contre « l’agression israélienne » et le « silence » des pays arabes, alors que des centaines de Palestiniens manifestaient dans l’enceinte de leur consulat à Dubaï. Dans le nord de l’Irak, un Irakien a été tué et seize ont été blessés dans un attentat-suicide au vélo piégé à Mossoul, lors d’une manifestation contre les raids israéliens.
Les dirigeants arabes, eux, n’ont toujours pas officiellement arrêté la date d’un sommet de la Ligue arabe proposé par la Syrie et le Qatar. De source diplomatique, on affirmait samedi qu’il aurait lieu vendredi prochain à Doha. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a fait savoir qu’il attendait les réponses officielles des pays arabes pour la tenue du sommet. Seul parmi les dirigeants arabes, le numéro un libyen Mouammar Kadhafi a fustigé les réactions « lâches et défaitistes » des pays de la région face à l’offensive israélienne, et annoncé d’emblée qu’il n’assisterait pas à un « sommet qui fait jouer un disque rayé depuis longtemps ».
Pour l’heure, les gouvernements se pressent pour offrir des aides humanitaires : deux avions qatariotes transportant 50 tonnes de matériel médical étaient attendus à l’aéroport égyptien d’al-Arish (dans le nord du Sinaï, à 40 km de Rafah), tandis le roi Abdallah d’Arabie saoudite a également décidé d’envoyer trois avions d’aide et proposé d’évacuer les blessés par avion. La Libye, elle, a annoncé de son côté la mise en place d’un pont aérien pour évacuer les blessés palestiniens, tandis que le roi de Jordanie Abdallah II a décidé d’envoyer via Israël de l’aide alimentaire et du matériel médical.
De son côté, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a appelé les pays musulmans à punir Israël pour « ses crimes à Gaza » et a déploré le « silence encourageant » de certains dirigeants arabes.
À Paris, le président français Nicolas Sarkozy a exprimé au président palestinien Mahmoud Abbas sa « vive préoccupation », alors que le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a estimé que le retour à la trêve était « l’unique solution ». La Maison-Blanche, pour sa part, a appelé à la fin des violences au Proche-Orient, tout en estimant que c’est au Hamas de mettre un terme aux frappes israéliennes en cessant ses propres tirs de roquettes sur Israël, selon une déclaration officielle diffusée samedi. Pour sa part, le pape Benoît XVI a condamné les violences entre Israël et le Hamas, demandant un « sursaut d’humanisme et de sagesse de la part de tous ceux qui ont une quelconque responsabilité dans cette situation ». Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a, quant à lui, demandé à son homologue israélienne Tzipi Livni l’« arrêt urgent » des opérations militaires à Gaza. Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a également appelé à un « arrêt immédiat de toute les violences » à Gaza.
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De Sanaa à Damas, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues pour condamner les frappes israéliennes à Gaza. Lors de ces manifestations, des critiques ont fusé à l’encontre de certains pays arabes, en particulier de l’Égypte, accusée de « complicité » avec l’État hébreu. Hier, plus de 50 000 personnes ont manifesté dans une dizaine de villes d’Égypte, alors que plusieurs dizaines de milliers de Yéménites défilaient à Sanaa. Dans le centre de Damas, des milliers de Syriens ont protesté contre « l’agression israélienne » et le « silence » des pays arabes, alors que des centaines de Palestiniens manifestaient dans...