Autant les médias locaux que des responsables s’accordent à penser que « la désinformation, le secret et des mensonges » ont incité le Hamas à ne pas prendre au sérieux l’imminence d’une opération massive d’Israël. La retenue d’Israël mercredi dernier pendant et après les tirs de 70 roquettes, pour la plupart le fait du Hamas, avait suscité quelques haussements de sourcils en Israël et à l’étranger. Il s’agissait en effet du pire tir de barrage du Hamas depuis la fin des six mois de trêve avec Israël, le 19 décembre. Le Hamas avait même émis un communiqué se moquant ouvertement du cabinet de sécurité israélien. Mais tout semble avoir été programmé pour prendre le Hamas en défaut.
Jeudi, 48 heures avant le déclenchement des raids aériens qui ont fait à ce stade près de 300 morts, la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, s’est rendue au Caire pour y rencontrer le président Hosni Moubarak. Mais, sur le terrain, l’armée n’a pas bougé. Le lendemain, le ministre de la Défense Ehud Barak a été jusqu’à autoriser l’entrée de convois humanitaires à Gaza. « Cela était aussi destiné à tromper le Hamas et lui donner l’impression que l’opération n’était pas pour tout de suite », a confié à l’AFP un haut responsable israélien. Le même vendredi, le bureau du Premier ministre a pris soin d’informer la presse que le cabinet se réunirait le dimanche suivant pour « discuter » l’éventualité d’une opération massive à Gaza. Une approche qui a confirmé les spéculations sur le fait qu’aucune action ne serait entreprise avant dimanche.
Mieux : selon le quotidien Haaretz, le commandement de la région sud, en charge de Gaza, est parti en permission. « Cela n’a pas échappé au Hamas », écrit le Haaretz en citant un responsable de la Défense qui a noté que le mouvement islamiste avait dans un premier temps évacué ses locaux avant de les réintégrer au vu du comportement des autorités israéliennes.
Pour ajouter à cette intoxication, les raids aériens ont été lancés un samedi, jour du Shabbat, le repos hebdomadaire juif. Et lorsqu’une soixantaine d’appareils de l’armée de l’air israélienne ont frappé en même temps des locaux du Hamas dans la bande de Gaza, de nombreux membres du mouvement islamiste étaient à découvert. Plusieurs dizaines ont ainsi été tués dans le QG de la police dans Gaza-ville, en plein défilé de policiers du Hamas, selon des témoins. « Le Hamas a encaissé par surprise un coup dur », a déclaré un responsable israélien en rapportant des propos du chef d’état-major Gabi Ashkenazi.
Les préparatifs de l’opération israélienne avaient commencé six mois plus tôt, alors que le Hamas et Israël négociaient une trêve avec l’aide de l’Égypte, selon le Haaretz. M. Barak avait alors demandé aux renseignements de recenser les sites des services de sécurité du Hamas et d’autres groupes armés dans la bande de Gaza. Une fois obtenue la localisation des stocks d’armement, des camps d’entraînement et des logements des principaux responsables du Hamas, le plan d’attaque avait été rangé dans un tiroir. Pour en être retiré un mois avant le déclenchement des raids.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Autant les médias locaux que des responsables s’accordent à penser que « la désinformation, le secret et des mensonges » ont incité le Hamas à ne pas prendre au sérieux l’imminence d’une opération massive d’Israël. La retenue d’Israël mercredi dernier pendant et après les tirs de 70 roquettes, pour la plupart le fait du Hamas, avait suscité quelques haussements de sourcils en Israël et à l’étranger. Il s’agissait en effet du pire tir de barrage du Hamas depuis la fin des six mois de trêve avec Israël, le 19 décembre. Le Hamas avait même émis un communiqué se moquant ouvertement du cabinet de sécurité israélien. Mais tout semble avoir été programmé pour prendre le Hamas en défaut.
Jeudi, 48 heures avant le déclenchement des raids aériens qui ont fait à ce stade près de 300 morts, la...