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Actualités - Chronologie

Bkerké Sfeir-Frangié : une trêve en attendant la réconciliation

La rencontre-surprise entre le patriarche maronite et le chef des Marada, parrainée par le président de la République, a fait l’événement le jour de Noël à Bkerké, sans que l’on sache encore si cette timide tentative de rapprochement aboutira à une véritable réconciliation. « C’est le début d’une nouvelle dynamique. » C’est ainsi que le président de la Ligue maronite, Joseph Torbey, a qualifié la rencontre entre le chef de l’Église maronite, le patriarche Nasrallah Boutros Sfeir, et l’ancien ministre, Sleimane Frangié, sur une initiative prise par le chef de l’État, Michel Sleiman, le jour même de Noël. Une heure avant le début de la messe, les deux responsables se sont brièvement entretenus en présence du président, une rencontre qui a cependant été entourée d’un mutisme total, le chef des Marada s’étant contenté d’affirmer à la sortie qu’il s’abstiendrait de faire des commentaires « en ce jour de fête ». Fait cependant remarquable, Sleimane Frangié, qui boycottait Bkerké depuis 2007, a aussitôt quitté les lieux après sa courte entrevue, sans assister à la messe célébrée par le patriarche. L’entretien, qui a duré un quart d’heure, aurait servi à « briser la glace », comme l’affirment les milieux de la présidence. On apprenait également que cette rencontre, qui avait pour but de « rapprocher les points de vue », était un prélude à « une rencontre plus globale entre tous les pôles chrétiens ». Bien que les avis sur les résultats de cet entretien express entre le prélat maronite et le leader chrétien du Nord restent partagés, des sources proches du dossier chrétien ont affirmé au site Internet NowLebanon qu’« il ne faut pas donner à cet événement une importance exceptionnelle », soulignant qu’il ne peut s’expliquer que dans le cadre d’une « promesse faite au chef de l’État et réalisée par Sleimane Frangié ». Il s’agirait en outre d’une illustration du désir de ce dernier de mettre un terme à la polémique qui ternit ses relations avec Mgr Sfeir en vue d’une accalmie politique, « voire une sorte de trêve semblable à celle que tente d’imposer le chef de l’État sur l’échiquier politique ». Ces sources ajoutent toutefois que cette rencontre « n’a pas été amicale, comme tentent de l’affirmer les sources proches des Marada ». Des propos que démentira toutefois M. Torbey devant les journalistes présents à Bkerké, affirmant que M. Frangié est venu « animé du désir de clore ce dossier ». En outre, a-t-il ajouté, « il a tenu à coïncider sa rencontre avec le patriarche le jour de Noël, qui est la fête de l’humilité par excellence ». À la question de savoir si cette rencontre va préluder à d’autres, en allusion à une éventuelle visite du chef du Courant patriotique libre au patriarche, M. Torbey a répondu : « Le général Aoun peut se rendre à Bkerké à n’importe quelle occasion. Il n’a pas besoin d’une invitation ou de l’intervention de qui que ce soit. » « Je ne crois pas qu’il aurait une objection quelconque à compléter ce mouvement que je considère comme le début d’une nouvelle dynamique », a-t-il ajouté. La messe de Noël Si la rencontre-surprise entre Mgr Sfeir et le chef des Marada a fait l’événement, la messe de Noël ne devait pas créer de surprises particulières sauf peut-être une absence remarquée des députés du Kesrouan et de Jbeil, mais aussi d’une grande majorité de parlementaires du camp du 14 Mars. À ce sujet, le député de Jbeil Walid Khoury a déploré le fait que la question de l’absence des députés de Jbeil notamment « fasse l’objet d’une exploitation politique lors d’une occasion religieuse par excellence », soulignant à L’Orient-Le Jour que, pour sa part, il n’a pu assister à la messe pour des raisons personnelles. Et le député de s’étonner que l’on relève l’absence des parlementaires du bloc aouniste, en « omettant de relever celle des pôles chrétiens du camp du 14 Mars ». Outre le chef de l’État, qui était accompagné de son épouse et de son conseiller, Nazem Khoury, la présence officielle était réduite au ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, au commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Jean Fahd, au commandant de la garde présidentielle, le général Wadih Ghafari, au commandant des FSI, le général Antoine Chakkour, à l’ancien ministre Youssef Salamé, au caïmacam du Kesrouan-Ftouh, Raymond Hitti, et à quelques haut fonctionnaires. C’est d’ailleurs à l’intention du chef de l’État que le patriarche Sfeir a fait allusion en prononçant son homélie, affirmant que « personne n’ignore les difficultés auxquelles vous êtes confrontés et qui nécessitent beaucoup de patience et de courage ». Les célébrations Comme chaque année, Noël a fait l’objet de nombreuses célébrations à Beyrouth et sur l’ensemble du territoire libanais, du Nord jusqu’au Sud, en passant par le Chouf, l’Iqlim el-Kharroub et la Békaa. C’est à la cathédrale Saint-Georges, au centre-ville, que le métropolite de Beyrouth, l’évêque Boulos Matar, a célébré la messe de la fête de la Nativité, en présence de plusieurs personnalités politiques. Insistant sur la nécessité « de s’autoréformer pour pouvoir améliorer nos relations les uns avec les autres », le prélat s’est adressé aux responsables politiques, les appelant à « ne pas transformer l’échéance électorale en outil de division des Libanais ». Le métropolite des grecs-catholiques, l’évêque Youssef Kallas, a de son côté estimé que le temps de la réconciliation est venu pour épargner à la nation les dangers qui la menacent. Dans son homélie, le métropolite grec-orthodoxe Élias Audi a constaté pour sa part « la triste réalité de l’homme qui, a-t-il dit, reste à ce jour non seulement l’ennemi de l’homme, mais également son propre ennemi, lorsqu’il saccage la nature ». Et le dignitaire religieux d’évoquer au passage les drames écologiques et les crimes commis contre l’environnement, en citant le problème des carrières et des constructions aveugles.
La rencontre-surprise entre le patriarche maronite et le chef des Marada, parrainée par le président de la République, a fait l’événement le jour de Noël à Bkerké, sans que l’on sache encore si cette timide tentative de rapprochement aboutira à une véritable réconciliation.
« C’est le début d’une nouvelle dynamique. » C’est ainsi que le président de la Ligue maronite, Joseph Torbey, a qualifié la rencontre entre le chef de l’Église maronite, le patriarche Nasrallah Boutros Sfeir, et l’ancien ministre, Sleimane Frangié, sur une initiative prise par le chef de l’État, Michel Sleiman, le jour même de Noël. Une heure avant le début de la messe, les deux responsables se sont brièvement entretenus en présence du président, une rencontre qui a cependant été entourée d’un mutisme total, le chef...