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Actualités - Opinion

Le commentaire d’Émile Khoury La carotte subsidiaire d’Obama va se mettre en action

Que réserve donc 2009 à ce Moyen-Orient agité dont notre sort dépend. La paix, la guerre, ni l’une ni l’autre ? Pour le moment, tout le monde attend Obama, appelé à jouer un rôle incontournable dans le processus Annapolis. Se fiant à ses déclarations d’intention, les observateurs diplomatiques s’accordent à souligner qu’il compte utiliser, de par le monde, aussi bien la carotte que le bâton. Contrairement à un Bush qui se limitait au seul étalage de muscles. Parfois d’ailleurs sans en user, notamment à l’encontre de la Syrie, ce que Dennis Ross trouve lamentable. L’ancien officier traitant US du dossier régional, rappelant avoir contribué à des arrangements entre le Hezbollah et Israël, écrit en substance dans le Washington Post : « Après la 1701, le Hezb ne cessait de provoquer Israël par des tirs de roquettes, avec riposte assurée à chaque fois. Israël tenait en effet à porter atteinte aux capacités guerrières du Hezb. Et à montrer aux Libanais qu’il leur en coûterait beaucoup de s’engager dans une aventure armée. À chaque épisode, nous avions besoin de traiter avec la Syrie en vue d’un cessez-le-feu. » Il induit ensuite qu’il n’est pas possible « de parvenir à une application complète des dispositions de la 1701 sans que la Syrie ne soit partie prenante à l’équation. Car cette concrétisation dépend, à un large degré, des Syriens ». La Finul L’expert enchaîne : « À moins que la force internationale déployée aux côtés de l’armée libanaise ne puisse empêcher le rééquipement du Hezbollah. La Syrie restant déterminée à torpiller la 1701, nous devrions y faire face en optimisant le potentiel de la Finul. Et en lui délivrant un mandat d’agressivité plus étendu face aux tentatives de fourniture d’armement au Hezb, qu’il faut empêcher de recouvrer sa puissance de feu et de combat. Mais les Casques bleus auront-ils jamais les moyens nécessaires pour un ratissage aussi intensifié que continuel ? Seront-ils autorisés à contrôler toutes les routes, toutes les voies de passage entre la Syrie et le Liban, d’y établir des points de fouille, au Nord, au Sud comme dans la Békaa ? Pourront-ils en outre, et en même temps, fermer les camps d’entraînement du Hezb, l’empêcher de rebâtir ses fortifications dans la zone entre le Litani et la frontière israélienne ? Il existe une conviction partagée que la Finul ne pourra pas être en mesure d’assumer une telle mission. Et le ministre français des Affaires étrangères a indiqué un jour qu’il ne s’attend pas à ce que le Hezbollah soit désarmé. » La fêlure Pour Dennis Ross, « il ne fait aucun doute que l’application de la 1701, dans son esprit comme dans sa lettre, dépend également du gouvernement libanais et de son armée. Mais force est de constater que ces deux institutions restent fragilisées. Et que l’opposition prosyrienne peut à loisir exploiter les contradictions confessionnelles qui vont croissant ». Partant de là, il pense qu’il ne faut pas se faire des illusions. L’histoire fourmille de bonnes résolutions prises au sujet du Liban et qui sont restées lettre morte. Parce que les Syriens savent comment les torpiller. Le président syrien Bachar el-Assad affirme que la victoire du Hezbollah équivaut à une mise en pièces des plans américains dans la région. La secrétaire d’État Condoleezza Rice soutient, de son côté, que la réalisation de la 1701 va constituer une pierre d’achoppement stratégique pour le régime syrien. « La Syrie changerait-elle de comportement pour que le sort de cette résolution soit différent de ses précédentes ? Cela ne peut avoir lieu que si nous savons tirer profit des bases de travail nouvelles pour influencer la Syrie. De manière à l’amener à réviser ses calculs qui se fondent sur la carte Hezbollah, considérée comme moyen de troc en temps propice ou de levier pour son rôle régional. Si la Finul était renforcée avec détermination, Assad accorderait sans doute moins de prix au Hezbollah. D’autant qu’en même temps, son pays serait frappé d’embargo économique. Il comprendrait sans doute alors que l’obstruction de la 1701 deviendrait trop coûteuse. » Jumelage Revenant à l’histoire de la carotte et du bâton mal brandi, Ross avance que « les USA ne peuvent éloigner la Syrie de l’Iran en continuant à lui adresser des menaces restant sans suite. Ou en cessant de répéter que les Syriens savent ce qu’ils ont à faire ». « Cela étant, conclut-il, il est normal que les Syriens veuillent s’informer sur ce leur rapporterait leur coopération à l’application de la 1701. Il faut donc leur dire que la page conflictuelle, entre eux et nous, peut être tournée. Qu’ils y trouveraient un profit économique certain. Et que les négociations sur le Golan vont devenir vraiment sérieuses et fructueuses. Étant entendu que rien de tout cela ne prendrait corps si la Syrie n’est pas disposée à contribuer à l’isolement du Hezbollah et du Hamas. Bref, nous avons besoin d’une nouvelle approche avec la Syrie. » Consistance Ces propos sont d’autant plus intéressants que Dennis Ross – ainsi que Martin Dyke, autre professionnel chevronné – semble appelé à jouer un rôle majeur dans l’organigramme diplomatique régional de l’administration Obama. Il serait précisément chargé de négocier avec les Syriens, carotte et bâton en main. On lui demanderait également de travailler sur un projet de paix entre Israël et le Liban. Tandis que d’autres plancheraient sur la création de l’État palestinien ou sur la paix globale. À partir de quoi, la présence d’organisations palestiniennes armées au Liban, l’armement du Hezbollah ou la résistance armée du Hamas n’auraient plus lieu d’être. Le Liban deviendrait un État souverain fort, seul armé localement, déployant son autorité sur l’ensemble du territoire national. Le terrorisme et le radicalisme fondamentaliste reculeraient dans la région. Et l’on se souviendrait d’appliquer enfin les résolutions 242, 338, 1559 et 1701. Le tout à l’amiable. Faute de quoi, la paix se ferait… par la guerre ! Pour les sources diplomatiques citées précédemment et dont les prévisions valent ce qu’elles valent, 2009 devrait en tout cas apporter dans la région une solution définitive, par la diplomatie ou par les armes. Émile Khoury
Que réserve donc 2009 à ce Moyen-Orient agité dont notre sort dépend. La paix, la guerre, ni l’une ni l’autre ?
Pour le moment, tout le monde attend Obama, appelé à jouer un rôle incontournable dans le processus Annapolis. Se fiant à ses déclarations d’intention, les observateurs diplomatiques s’accordent à souligner qu’il compte utiliser, de par le monde, aussi bien la carotte que le bâton. Contrairement à un Bush qui se limitait au seul étalage de muscles.
Parfois d’ailleurs sans en user, notamment à l’encontre de la Syrie, ce que Dennis Ross trouve lamentable. L’ancien officier traitant US du dossier régional, rappelant avoir contribué à des arrangements entre le Hezbollah et Israël, écrit en substance dans le Washington Post : « Après la 1701, le Hezb ne cessait de provoquer Israël par des tirs...