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Actualités - Chronologie

Guinée L’UA brandit la menace de sanctions « fermes » contre les putschistes

Les militaires désignent le capitaine Camara comme chef et promettent des élections fin 2010. Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a brandi hier la menace de sanctions « fermes » contre les militaires putschistes en Guinée « dans le cas où le coup d’État serait consommé », a annoncé l’un des responsables de l’UA à l’issue d’une réunion. « Nous soutenons incontestablement les institutions constitutionnelles mises en place par l’État et le peuple guinéen (...) Nous voulons une transition sereine et conforme à la Constitution », a déclaré à la presse le commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, Ramtane Lamamra, à l’issue d’une réunion de plus de quatre heures du CPS, au siège de l’UA à Addis-Abeba. Une tentative de coup d’État militaire a commencé quelques heures seulement après l’annonce de la mort lundi soir du chef de l’État guinéen, le général Lansana Conté, au pouvoir depuis 1984. Ce coup de force restait encore très confus, hier, le soutien des putschistes au sein de l’armée étant difficile à évaluer. Il inquiète toutefois vivement la communauté internationale, qui a condamné cette tentative de coup d’État. De leur côté, les putschistes ont tenté de rassurer l’opinion en fixant un terme à la « transition ». « Peuple de Guinée, la prise du pouvoir par ton armée est un acte de civisme qui répond à la volonté de sauver un peuple en détresse. Fier d’avoir accompli cette mission, le Conseil (junte) n’a aucune ambition de s’éterniser au pouvoir », indique un communiqué lu à la radio nationale. « Le Conseil s’engage à organiser des élections libres, crédibles et transparentes fin décembre 2010 », selon le texte. Le mandat du président Lansana Conté, officiellement décédé lundi soir et dont les funérailles nationales doivent avoir lieu vendredi, s’achevait fin 2010. Les putschistes ont également nommé, hier, le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte. Le capitaine Camara intervenait à la radio nationale au nom des putschistes depuis la tentative de coup d’État. Il était jusqu’à présent chef de la section carburant à l’intendance des armées. Mais avant cette désignation, les putschistes avaient, pour la première fois, reconnu les divisions au sein de l’armée, véritable colonne vertébrale du régime Conté. « Certains officiers généraux continuent à reconnaître la légitimité sans référence constitutionnelle du mandat de l’Assemblée nationale », ont-ils admis dans un communiqué distinct lu par le capitaine Camara. Le mandat des parlementaires s’est théoriquement achevé en 2007, les élections législatives n’ayant pas pu se tenir à cette date en raison de la profonde désorganisation du pays. Selon la Constitution, le président de l’Assemblée nationale devait à la mort du chef de l’État assurer provisoirement la gestion du pays avant d’organiser des élections dans les 60 jours. Par ailleurs, les putschistes ont accusé des militaires loyalistes d’« envisager l’intervention de mercenaires venus des pays voisins qui sont déjà à l’intérieur du territoire ». « Ils (les putschistes) sont en train de paniquer, ils savent que leur coup est voué à l’échec », a assuré à l’AFP un responsable politique sous le couvert de l’anonymat. « Il n’y a pas de raison de parler de mercenaires en Guinée. Moi, je ne suis ni proputsch ni antiputsch, je souhaite seulement la paix sociale. Je suis pour des élections rapides », a-t-il ajouté. Hier, dans la matinée, marchés, stations-service et grands magasins sont demeurés fermés à Conakry, la grande majorité de la population préférant rester chez elle par crainte de violences. Plus tard dans la journée, les militaires putschistes ont instauré un couvre-feu dans tout le pays et des centaines de militaires ont défilé dans les rues de Conakry. Ils se sont arrêtés au camp Kundara, qui abrite la garde présidentielle, et se dirigeaient vers les locaux de la Radiotélévision publique. Plusieurs soldats criaient : « Vive le nouveau chef » en langue soussou.
Les militaires désignent le capitaine Camara comme chef et promettent des élections fin 2010.

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a brandi hier la menace de sanctions « fermes » contre les militaires putschistes en Guinée « dans le cas où le coup d’État serait consommé », a annoncé l’un des responsables de l’UA à l’issue d’une réunion. « Nous soutenons incontestablement les institutions constitutionnelles mises en place par l’État et le peuple guinéen (...) Nous voulons une transition sereine et conforme à la Constitution », a déclaré à la presse le commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, Ramtane Lamamra, à l’issue d’une réunion de plus de quatre heures du CPS, au siège de l’UA à Addis-Abeba.
Une tentative de coup d’État militaire a...