Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Situation Pour la confrontation, c’est partie remise Mahmoud HARB

Une nouvelle crise ou, du moins, un nouveau défi guette le gouvernement qui se réclame de « l’union nationale » et qui s’est avéré être, comme certaines Cassandre le prévoyaient, celui de la gestion du schisme national provoquée par la razzia du 7 mai. Certains milieux politiques redoutent en effet une « revanche » du 8 Mars et du CPL lors de la séance du Conseil aujourd’hui, « suite à l’utilisation par le 14 Mars, lors de la séance parlementaire de jeudi, des droits démocratiques que lui attribue son statut de majorité parlementaire ». « Il s’agit pratiquement de la première fois depuis 2005 que le 14 Mars prend son courage à deux mains pour utiliser ses prérogatives de majorité, lors de l’élection par le Parlement des 5 membres du Conseil constitutionnel qu’il lui appartient de désigner, a souligné à cet égard une source proche de la coalition souverainiste. Il est donc envisageable que le 8 Mars cherche à riposter en ayant recours au tiers de blocage qu’il a arraché à Doha, suite aux incidents de Beyrouth. La réunion du Conseil des ministres (aujourd’hui) pourrait donc être explosive. » D’aucuns craignent donc que la réunion du gouvernement qu’accueillera aujourd’hui Michel Sleiman à Baabda ne se transforme en arène de règlement de comptes entre les deux camps adverses, suite aux dissensions qui sont apparues entre le 14 et le 8 Mars autour de l’élection jeudi dernier, par l’Assemblée, de 5 membres du Conseil constitutionnel (CC). De source très bien informée du 14 Mars, on apprend que les pôles de la majorité ont mené une série de concertations, avant la séance parlementaire, pour décider de la position à adopter en la matière. Alors que les milieux de l’opposition accusent Walid Joumblatt d’avoir empêché un accord entre le 14 Mars et l’ancienne opposition sur cette question, cette source assure que le chef du PSP est l’architecte de l’entente sur le nom d’Ahmad Takieddine, membre chiite du Conseil constitutionnel. Selon elle, le député Joumblatt a convaincu ses alliés d’accepter de voter pour ce candidat réputé proche du président de la Chambre, « au nom de la concorde nationale et du dialogue ». La source précitée explique en outre que l’origine du différend entre le 14 et le 8 Mars réside dans le refus « catégorique » du tandem Amal-Hezbollah et de leurs alliés de la candidature d’Antoine Khair au poste de membre du CC. « Le 8 Mars reproche à Antoine Khair, Ralf Riachi et Chucri Sader les efforts gigantesques qu’ils ont déployés pour assurer la mise en place du tribunal international. Il ne veut même pas entendre parler d’eux, a-t-elle indiqué. Sauf que Walid Joumblatt n’accepte pas d’abandonner ces magistrats qui ont pratiquement risqué leur vie pour lutter contre l’impunité et permettre que toute la lumière soit faite sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. Il a réussi à imposer cette position à ceux de ses alliés qui préféraient se lancer dans une bataille avec le 8 Mars pour faire élire des candidats partisans ou d’illustres inconnus au Conseil constitutionnel. » Qui va avaler la couleuvre ? Le 14 Mars a donc fini par se décider à recourir au vote démocratique, loin des ententes bancales en coulisses, suscitant par là l’ire de ses adversaires politiques. Sa tâche n’a pas été facile vu que le nombre de ses élus présents à la séance de jeudi lui permettait tout juste de réunir la majorité des voix des participants des deux camps. On note d’ailleurs à cet égard l’absence notoire de Mohammad Safadi et de Maurice Fadel qui, dit-on, seraient partis en voyage « délibérément » pour ne pas prendre part au vote… En tout état de cause, il appartient désormais au cabinet de nommer 5 autres membres du CC qui joue un rôle prépondérant en matière de scrutin législatif vu que c’est cette instance qui tranche en termes de recours électoraux. Le 8 Mars et le CPL se résigneront-ils à avaler la couleuvre et à faciliter ce processus ? Certaines sources estiment que ce point qui ne figure pas à l’ordre du jour du Conseil aujourd’hui sera inévitablement mis sur la table du gouvernement et que la confrontation sera inévitable. Pour elles, c’est pour cela que le chef de l’État a demandé à ce que la séance soit tenue à Baabda, sous sa présidence, alors qu’elle devait initialement se dérouler au Grand Sérail. Il semble toutefois que ça ne sera pas le cas. D’autres sources, y compris des milieux proches du Sérail, sont catégoriques à cet égard. Selon elles, le gouvernement n’abordera pas la nomination des membres du CC aujourd’hui et la réunion sera « calme dans la mesure du possible ». L’opposition de Joumblatt « Les ministres du 14 Mars ont tenu une réunion hier avec le président du Conseil et sont convenus de reporter la nomination des membres du CC pour empêcher toute confrontation, a indiqué une source autorisée à L’Orient-Le Jour. Et le 8 Mars partage cet avis. Seuls deux points non prévus à l’ordre du jour seront étudiés par le cabinet aujourd’hui. Il s’agit en premier de la nomination de notre futur ambassadeur à Damas qui sera vraisemblablement Michel Khoury, actuellement en poste à Nicosie. Le gouvernement devrait également nommer Chucri Sader à la présidence du Conseil d’État et Ghaleb Ghanem au poste de président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). La candidature de ce dernier est fortement appuyée par Michel Sleiman, les Murr et Fouad Siniora. » Cette source a précisé que « Walid Joumbatt s’oppose à la personne de Ghaleb Ghanem ». « Le leader du PSP estime que le poste de président du CSM doit être attribué à Chucri Sader qui est un pionnier du tribunal international, comme Antoine Khair et Ralph Riachi. Les ministres du Rassemblement démocratique s’abstiendront donc de voter lors de la réunion du Conseil aujourd’hui, tout comme ils l’avaient fait lors de la nomination du commandant en chef de l’armée, Jean Kahwagi », a-t-elle ajouté.  Il reste que les sujets de discorde ne feront pas défaut à la séance. Il s’agit par exemple de l’utilisation du don saoudien pour l’indemnisation des victimes de la guerre de juillet 2006. L’ancienne opposition reproche en effet à Fouad Siniora de bloquer l’usage de ces fonds pour des raisons politiques. Mais le Premier ministre s’en est défendu hier en soulignant que le don saoudien a constitué une garantie pour un prêt contracté par l’État auprès de la Banque du Liban. « Nous devons donc réunir le financement nécessaire pour débloquer ces fonds », a-t-il ajouté. En clair, les déplacés de la guerre de juillet doivent comprendre qu’il faut emprunter de l’argent pour utiliser l’argent qu’on a – inouï – et que leur calvaire n’est pas près de prendre fin.
Une nouvelle crise ou, du moins, un nouveau défi guette le gouvernement qui se réclame de « l’union nationale » et qui s’est avéré être, comme certaines Cassandre le prévoyaient, celui de la gestion du schisme national provoquée par la razzia du 7 mai.
Certains milieux politiques redoutent en effet une « revanche » du 8 Mars et du CPL lors de la séance du Conseil aujourd’hui, « suite à l’utilisation par le 14 Mars, lors de la séance parlementaire de jeudi, des droits démocratiques que lui attribue son statut de majorité parlementaire ». « Il s’agit pratiquement de la première fois depuis 2005 que le 14 Mars prend son courage à deux mains pour utiliser ses prérogatives de majorité, lors de l’élection par le Parlement des 5 membres du Conseil constitutionnel qu’il lui appartient de désigner, a...