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Diplomatie Mugabe : « Le Zimbabwe m’appartient ! »

Le plus vieux chef d’État d’Afrique met le monde au défi de le mettre à l’écart. Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a défié hier les appels à sa démission qui se multiplient face à la crise humanitaire dans son pays. « Jamais, au grand jamais, je ne vendrai mon pays. Jamais, jamais, je ne me rendrai jamais », a déclaré M. Mugabe, âgé de 84 ans dont 28 au pouvoir. « Le Zimbabwe m’appartient ! » a-t-il lancé devant le congrès annuel de son parti. « Vous ne m’intimiderez pas », a-t-il ajouté en direction des pays, occidentaux ou africains, qui réclament son départ. « Vous pouvez menacer de me décapiter, je crois ceci, et rien ne m’en fera démordre : le Zimbabwe nous appartient, il n’appartient pas aux Britanniques. » Le plus vieux chef d’État d’Afrique reprenait son antienne contre la recolonisation du pays qui menace, selon lui, le Zimbabwe en son absence, alors que son pays s’enfonce dans la paralysie née de la défaite historique du régime aux élections législatives du 29 mars. Divisée par son premier échec depuis l’indépendance de l’ex-Rhodésie du Sud britannique en 1980, l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) a placé son congrès sous le signe de l’unité. M. Mugabe, réélu en juin lors d’un scrutin entaché de violences où il était le seul candidat, a par ailleurs affirmé qu’il avait adressé une invitation personnelle au leader de la nouvelle majorité parlementaire et Premier ministre désigné, Morgan Tsvangirai, pour reprendre les négociations sur un gouvernement d’union. Mais il s’est montré peu confiant dans la mise en œuvre d’un tel gouvernement, prévu dans l’accord de partage du pouvoir signé le 15 septembre entre les deux parties et qui est resté, depuis, lettre morte. Lors d’une conférence de presse à Gaborone, au Botswana voisin, M. Tsvangirai a, quant à lui, menacé de refuser de reprendre les négociations. Il a également exclu toute négociation sans la médiation de la présidence sud-africaine de la Communauté de développement d’Afrique australe, prévoyant qu’un gouvernement d’union ne pourrait être formé qu’au plus tôt début 2009. Pendant ce temps, l’épidémie de choléra s’étend sans répit au Zimbabwe, faisant 1 123 morts depuis août, selon un dernier bilan de l’ONU. Faute d’équipements et de semences, la famine menace près de la moitié de la population de l’ancien grenier à grains d’Afrique australe. Dans ce contexte, l’Afrique du Sud, puissance régionale au rôle pivot dans les pourparlers, maintient ses efforts pour une solution négociée et refuse de se joindre à la condamnation internationale de M. Mugabe. Mais, en coulisses, la patience de ses dirigeants semble toucher à sa fin. La direction du parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis la chute de l’apartheid, le Congrès national africain, a estimé lors d’une réunion à huis clos jeudi que « le temps de l’attente » devait maintenant s’achever.
Le plus vieux chef d’État d’Afrique met le monde au défi de le mettre à l’écart.
Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a défié hier les appels à sa démission qui se multiplient face à la crise humanitaire dans son pays. « Jamais, au grand jamais, je ne vendrai mon pays. Jamais, jamais, je ne me rendrai jamais », a déclaré M. Mugabe, âgé de 84 ans dont 28 au pouvoir. « Le Zimbabwe m’appartient ! » a-t-il lancé devant le congrès annuel de son parti. « Vous ne m’intimiderez pas », a-t-il ajouté en direction des pays, occidentaux ou africains, qui réclament son départ. « Vous pouvez menacer de me décapiter, je crois ceci, et rien ne m’en fera démordre : le Zimbabwe nous appartient, il n’appartient pas aux Britanniques. »
Le plus vieux chef d’État d’Afrique reprenait son antienne...