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La livre sterling coule, la BoE pourrait suivre la descente américaine

Les taux d’intérêt britanniques pourraient suivre la même pente qu’aux États-Unis, et se rapprocher également de zéro, à en croire les minutes de la dernière réunion de la Banque d’Angleterre, publiées hier, contribuant à faire couler la livre sterling. Au lendemain de l’annonce de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) de baisser son taux directeur à un niveau jamais vu en lui assignant une marge de fluctuation allant de 0 à 0,25 %, le compte-rendu de la réunion de son homologue britannique du début du mois a montré que le loyer de la livre pourrait prendre le même chemin. Non seulement la baisse d’un point du taux directeur de la Banque d’Angleterre (Bank of England, BoE), ramenant le loyer de la livre à 2 %, décidée le 4 décembre, a été votée à l’unanimité, selon le compte-rendu de la réunion, mais l’opportunité d’une baisse plus importante a été discutée. « Le comité a estimé que, étant donné la forte probabilité de voir l’inflation déraper sous son objectif à moyen terme, une baisse d’au moins un point était requise. Le comité a également discuté d’une baisse plus importante », notent les minutes. La banque avait procédé à une baisse d’un point entier de pourcentage de son taux directeur, ramenant son taux au niveau des années 40, après l’avoir déjà réduit de 1,5 point en novembre et 0,5 point en octobre. De plus, le gouverneur de la BoE, Mervyn King, « est tout à fait préparé à une inflation passant nettement sous 2 % en 2009, et d’autres baisses semblent donc très probables », commentaient les analystes de Barclays Capital, se référant à un échange de courriers mardi entre M. King et le chancelier Alistair Darling. Outre le ralentissement économique, l’argument récurrent de la BoE est en effet la percée de tensions déflationnistes : si l’heure n’est encore qu’au ralentissement de l’inflation, des économistes prédisent un mouvement de baisse des prix dès le début de l’été prochain. Dans une telle situation, la BoE n’aura d’autre choix que de réduire les taux au maximum (c’est-à-dire jusqu’à zéro) ou, suivant encore une fois l’exemple de la Fed, d’engager une politique d’assouplissement quantitatif, qui se traduit par un fort accroissement de la masse monétaire. David Blanchflower, le membre le plus baissier de la BoE, a d’ailleurs suggéré cette option hier. Dernier signe de la dégradation de l’économie du royaume, les administrateurs du cabinet Deloitte, chargés du redressement de la chaîne de magasins Woolworths, ont confirmé hier que toutes ses succursales seraient fermées définitivement d’ici au 5 janvier, ayant échoué à trouver un repreneur. « Le plus évident est que les taux d’intérêt vont certainement tomber encore en janvier, et il semble de plus en plus probable qu’ils finiront à zéro ou aux alentours », jugeait Victoria Redwood, de Capital Economics. La réaction de la monnaie britannique à la publication des minutes a été empirée par des statistiques montrant une nouvelle hausse du chômage, tandis que le moral des commerçants au Royaume-Uni s’affichait au plus bas. Résultat : la livre sterling a littéralement coulé sous 1,10 euro pour la première fois de son histoire hier. Au plus bas, elle ne valait plus que 1,0767 euro, faisant un pas de plus vers la parité avec la monnaie unique. « Pour régénérer l’économie, le stimulus de taux d’intérêt réels (une fois l’inflation défalquée, NDLR) négatifs sera nécessaire, ce qui sous-entend que le taux directeur soit à 1 % », anticipaient les analystes de Moneycorp. « Un “ZIRP” (zero interest rate percentage, taux d’intérêt à 0 %) doit être réellement envisagé », concluaient-ils, voyant « la parité à l’horizon » si l’aggravation du différentiel de taux avec l’euro, dont le loyer est à 2,5 %, emmenait la livre vers de nouveaux abysses.
Les taux d’intérêt britanniques pourraient suivre la même pente qu’aux États-Unis, et se rapprocher également de zéro, à en croire les minutes de la dernière réunion de la Banque d’Angleterre, publiées hier, contribuant à faire couler la livre sterling.
Au lendemain de l’annonce de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) de baisser son taux directeur à un niveau jamais vu en lui assignant une marge de fluctuation allant de 0 à 0,25 %, le compte-rendu de la réunion de son homologue britannique du début du mois a montré que le loyer de la livre pourrait prendre le même chemin.
Non seulement la baisse d’un point du taux directeur de la Banque d’Angleterre (Bank of England, BoE), ramenant le loyer de la livre à 2 %, décidée le 4 décembre, a été votée à l’unanimité, selon le...