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Actualités - Chronologie

Crise financière Le monde financier dans la tourmente Madoff, récession mondiale possible

Le secteur financier mondial faisait face hier à la fraude gigantesque du gérant de fonds new-yorkais Bernard Madoff, trois mois après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, alors que le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, mettait en garde contre une possible récession mondiale. Toutefois, malgré ces sombres perspectives, les Bourses mondiales semblaient garder le moral. La Fed devrait à nouveau cette semaine réduire ses taux pour donner un second souffle à l’économie américaine. Arrêté jeudi puis libéré contre une caution de 10 millions de dollars, Bernard Madoff, âgé de 70 ans et très respecté à Wall Street, a avoué une fraude « pyramidale » de 50 milliards de dollars. Les évaluations de pertes potentielles de banques ayant investi dans ses fonds se succédaient dans le monde hier matin. Les banques espagnoles seraient parmi les plus touchées : Santander, deuxième banque européenne par la capitalisation, ayant annoncé une exposition à hauteur de 2,33 milliards d’euros et BBVA pouvant perdre jusqu’à 300 millions d’euros. Les groupes français semblent également figurer en bonne place parmi les victimes. Natixis, filiale de la Caisse d’épargne et de Banque populaire, pourrait ainsi perdre jusqu’à 450 millions d’euros, BNP Paribas 350 millions d’euros et la Société générale, comme le Crédit agricole, moins de 10 millions d’euros. L’assureur AXA a pour sa part évoqué une exposition nette « bien inférieure » à 100 millions d’euros. En Grande-Bretagne, HSBC pourrait être touchée à hauteur d’un milliard de dollars, tandis que Royal Bank of Scotland a évalué ses pertes à quelque 460 millions d’euros et le fonds d’investissement Man Group à 360 millions de dollars. La première banque italienne, UniCredit, a indiqué être exposée pour un montant d’environ 75 millions d’euros. Les deux premières banques helvétiques UBS et Crédit Suisse ont en revanche assuré ne pas avoir d’exposition « matérielle » à cette gigantesque fraude. En Asie, la société financière japonaise Nomura Holdings pourrait subir une perte d’environ 225 millions d’euros alors que, selon les autorités de Séoul, les institutions financières et compagnies d’assurances étaient exposées à hauteur de 95,1 millions de dollars américains. Aux États-Unis, les géants General Motors et Chrysler, victimes de la crise économique, de la chute de leurs ventes et de leurs erreurs stratégiques, ne seraient qu’à quelques semaines de ne plus pouvoir honorer leurs créances et pourraient être forcés de déposer leur bilan. Une mise en faillite désordonnée de compagnies aussi importantes aurait un effet « dévastateur » sur toute l’économie, a dit M. Bush, alors que celle-ci est déjà en récession. Certains évoquent la disparition de plusieurs millions d’emplois directs ou indirects. Devant l’urgence, le gouvernement sortant a élaboré avec le Congrès un plan qui aurait accordé 14 milliards de dollars d’aide publique à General Motors et Chrysler (Ford se dit moins aux abois) pour tenir quelques semaines. Les constructeurs auraient dû se plier en contrepartie d’une vaste restructuration. Ce plan a échoué la semaine passée au Congrès. Du coup, la Maison-Blanche s’est dit prête à envisager de puiser dans un fonds de 700 milliards de dollars qu’elle réservait pour relancer le système financier, stimuler la circulation du crédit, et favoriser l’investissement et la consommation. L’administration doit à présent décider si elle recourt effectivement à cet argent, dans quelle mesure et sous quelles conditions. Promesse qui semblait rassurer les investisseurs hier. Parallèlement, la production industrielle des États-Unis a de nouveau baissé en novembre, confirmant que le rebond du mois précédent n’était qu’une illusion et mettant en lumière la situation fragile du secteur manufacturier. La production industrielle américaine a baissé de 0,6 % par rapport à octobre, selon les données corrigées des variations saisonnières publiées hier par la Fed. Les analystes attendaient un recul un peu moins fort, de 0,5 %. En glissement annuel, la production des industries américaines a accentué sa chute, et sa contraction est désormais de 5,5 %, indique la banque centrale dans son communiqué. En octobre, la production industrielle américaine avait rebondi de 1,5 %, mais cette reprise s’explique essentiellement par la chute historique de 4,1 % (chiffre révisé) constatée en septembre. Pour l’économiste indépendant Joel Naroff, « le secteur manufacturier est à terre » et « les perspectives ne sont pas bonnes, en particulier à cause des constructeurs automobiles, qui ont annoncé une baisse de leur cadence de production ». En novembre, la production manufacturière (hors mines et énergie) a reculé de 1,4 %, après une baisse de 0,6 % le mois précédent. Sur un an, la baisse de la production du secteur atteint 7,3 %. La production a baissé dans tous les compartiments du secteur, à l’exception de l’agroalimentaire (inchangé) et des industries aérospatiales (+12,8 %). Mais cette hausse est biaisée car elle arrive après deux mois de grève des mécaniciens de l’avionneur Boeing. Sans cela, la baisse de la production de l’industrie manufacturière aurait été plus forte. La chute de la production manufacturière en glissement annuel est désormais supérieure à celle qui avait été constatée lors de la récession de 2001, note Elsa Dargent, analyste de Natixis. Elle « devrait continuer sur cette tendance de baisse (comme le laisse présager l’enquête Empire State d’aujourd’hui) à mesure que la récession s’aggrave et que les entreprises réduisent leur production pour s’adapter à la baisse de la consommation », ajoute-t-elle. La production minière a ralenti sa hausse, à 2,5 % (contre 7,2 % en octobre). Le secteur de l’énergie a vu sa production augmenter de 1,6 % après une hausse de 0,7 % en octobre. Le taux d’utilisation des capacités industrielles s’est établi à 75,4 %, contre 76,0% le mois précédent (chiffre révisé en baisse de 0,4 point). Publiée depuis sept ans par la Réserve fédérale de New York, l’enquête Empire State montre que l’indice de l’activité industrielle dans la région de New York a atteint un nouveau plus bas en décembre. Pour Brian Bethune, du cabinet IHS Global Insight, « les forces de récession au sein de l’économie américaine gagnent en intensité au quatrième trimestre, et l’on devrait voir le taux d’utilisation des capacité de l’industrie manufacturière s’effondrer jusqu’à des niveaux plus vus depuis le début des années 1980 ». Son cabinet table désormais sur un plongeon de la production industrielle américaine de 10 % au quatrième trimestre, après la chute de 5,5 % constatée au troisième. En Chine, la production industrielle a de nouveau fortement ralenti en novembre, n’augmentant que de 5,4 % sur un an, selon le Bureau national des statistiques. À ces mauvaises nouvelles sont venues s’ajouter les mises en garde du président du FMI Dominique Strauss-Kahn. « La possibilité d’une récession globale est réellement devant nous », a déclaré ce dernier, estimant que la croissance ralentie des pays émergents comme la Chine ne suffirait pas à compenser la récession des pays développés. M. Strauss-Kahn a notamment évoqué un rythme de croissance pour la Chine qui pourrait descendre à 5 ou 6 %, contre 9,7 % en 2008 et 8,5 % pour 2009 selon les prévisions précédentes du Fonds, datant du mois de novembre. Lors d’un colloque organisé par la Banque d’Espagne, il a souligné que « probablement », les prévisions que le FMI « publiera en janvier seront pires que les précédentes ». Comme pour conjurer le pessimisme ambiant, la Réserve fédérale (Fed) devrait franchir cette semaine une étape de plus dans son cycle d’assouplissement monétaire alors que l’économie américaine traverse la phase la plus dure d’une récession annoncée comme la plus dévastatrice depuis la Grande Dépression. Le Comité de politique monétaire (FOMC) de la banque centrale des États-Unis doit se réunir jusqu’à aujourd’hui. S’il semble acquis que la Fed décidera à cette occasion de baisser une nouvelle fois son taux, les avis divergent sur l’ampleur de la baisse, et la Fed pourrait surprendre en annonçant de nouvelles mesures de politique monétaire « non conventionnelles ». La Fed a baissé son taux directeur neuf fois depuis l’éclatement de la crise des crédits immobiliers à risque américains, à l’été 2007, et celui-ci est fixé à 1,00 % – un niveau historiquement bas – depuis sa dernière réunion de la fin octobre. Depuis cette date, l’économie américaine s’est fortement dégradée. Un grand nombre d’économistes semblent privilégier le scénario d’une baisse de 0,50 point du taux directeur de la Fed. Mais à en croire le marché des contrats à terme, les « traders » parient majoritairement sur une baisse de 0,75 point, qui ramènerait le taux directeur à 0,25 %.
Le secteur financier mondial faisait face hier à la fraude gigantesque du gérant de fonds new-yorkais Bernard Madoff, trois mois après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, alors que le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, mettait en garde contre une possible récession mondiale.
Toutefois, malgré ces sombres perspectives, les Bourses mondiales semblaient garder le moral. La Fed devrait à nouveau cette semaine réduire ses taux pour donner un second souffle à l’économie américaine.
Arrêté jeudi puis libéré contre une caution de 10 millions de dollars, Bernard Madoff, âgé de 70 ans et très respecté à Wall Street, a avoué une fraude « pyramidale » de 50 milliards de dollars.
Les évaluations de pertes potentielles de banques ayant investi dans ses fonds se succédaient dans le...