Pour la troisième année de l’assassinat de Gebran Tuéni, le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a célébré hier une messe à l’église Mar Mitr, évoquant l’action et l’abnégation du député martyr.
C’est dans une atmosphère de recueillement et de vive émotion que le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a célébré hier une messe pour la troisième commémoration de l’assassinat du député martyr et directeur d’an-Nahar, Gebran Tuéni, tué le 12 décembre 2005 dans un attentat à la voiture piégée à Mkallès. Deux de ses accompagnateurs, Nicolas Flouti et André Haddad, avaient été tués également dans l’explosion.
Étaient notamment présents à la cérémonie religieuse M. Ghassan Tuéni, député de Beyrouth et président du conseil d’administration d’an-Nahar, entouré de la famille, le député Robert Ghanem, représentant le chef du Législatif Nabih Berry, le ministre Tarek Mitri, représentant le chef du gouvernement Fouad Siniora, le leader des Kataëb, le président Amine Gemayel, les députés Michel Pharaon, Marwan Hamadé, Atef Majdalani, Serge Torsarkissian, Boutros Harb et Abdel Latif Zein, le ministre Ziyad Baroud, le coordinateur général du 14 Mars, Farès Souhaid, l’ancien député Camille Ziadé, le secrétaire général du PNL, Élias Abou Assi, le secrétaire général du Renouveau démocratique, Antoine Haddad, ainsi que MM. Samy Gemayel et Nadim Gemayel.
Après la lecture de l’Évangile, Mgr Audi a prononcé une homélie dans laquelle il a évoqué le parcours politique et professionnel de Gebran Tuéni, mettant notamment l’accent sur son abnégation et son engagement, sans détours ni compromission, en faveur d’un Liban libre, souverain et indépendant. « Le monde est peuplé de gens dont la majorité joue la comédie, a déclaré Mgr Audi. Les personnes authentiques et sincères sont rares. Celles-ci ne badinent pas avec le droit et la liberté. Ceux qui restent attachés au droit sont assassinés, ceux qui défendent la liberté sont tués, car le droit et la liberté suscitent le courroux de ceux qui ne connaissent pas leur valeur. Le droit et la liberté vont de pair. Ceux qui jouent la comédie ne sont ni tués ni assassinés. »
Et Mgr Audi d’ajouter : « Chaque jour dans la vie d’un homme libre est un jour de créativité. Toute nouvelle journée est liée à la cause et enrichit cette dernière. Cette cause est celle du Liban, celle qui consiste à sauver le Liban de l’aliénation. Les grands esprits luttent sans réfléchir au futur (…). L’homme libre et indépendant est un frondeur de tous les instants. Il se révolte contre la mort, contre l’aliénation, contre tout ce qui entrave sa créativité. Un tel homme est un homme qui sait faire preuve d’amour. Or la grandeur de l’homme puise sa source dans l’amour. Il dépasse son ego et dénonce le mensonge de ceux qui jouent la comédie, des hypocrites. Dans le grec ancien, tel que le pratiquaient Platon et d’autres, ceux qui jouaient au théâtre étaient appelés hypocrites. »
Et Mgr Audi de conclure : « Gebran était loin d’être hypocrite. C’était un homme authentique, croyant et sincère. Il était transparent, simple, bon, audacieux, affectueux, généreux, et avait toujours le sourire. Il était comme un enfant empreint de toutes ces qualités. Le Christ disait : “Si vous ne redevenez pas enfants, vous n’entrerez pas au Royaume des cieux.” Gebran aimait la vie. C’était un grand rêveur et un frondeur face à toute humiliation. Il représentait un véritable trésor pour le pays. Il œuvrait constamment à rehausser le prestige de son pays et de la jeunesse. Il avait l’ambition d’édifier une patrie digne, libre, indépendante et prospère, bénéficiant des capacités de sa jeunesse. Il œuvrait sans relâche afin de donner aux jeunes l’opportunité de s’exprimer. »
Au terme de la cérémonie religieuse, la famille et les proches se sont recueillis sur la tombe du disparu. En début de soirée, des cierges ont été allumés dans le périmètre du cimetière de Mar Mitr en souvenir du député martyr.
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C’est dans une atmosphère de recueillement et de vive émotion que le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi, a célébré hier une messe pour la troisième commémoration de l’assassinat du député martyr et directeur d’an-Nahar, Gebran Tuéni, tué le 12 décembre 2005 dans un attentat à la voiture piégée à Mkallès. Deux de ses accompagnateurs, Nicolas Flouti et André Haddad, avaient été tués également dans l’explosion.
Étaient notamment présents à la cérémonie religieuse M. Ghassan Tuéni, député de Beyrouth et président du conseil d’administration d’an-Nahar, entouré de la...