Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La fronde des avocats contre la déliquescence de l’appareil judiciaire

Les avocats relevant des ordres de Beyrouth et de Tripoli, donc tous les avocats du Liban, ont suspendu durant deux heures hier leur travail pour protester contre la situation dans laquelle se trouve la justice. Au Palais de justice de Beyrouth, les avocats se sont arrêtés de travailler de 8h30 à 10h30. Le bâtonnier Ramzi Jreige en tête, ils se sont rassemblés à la salle des Pas perdus. Étaient notamment présents le président du Conseil supérieur de la magistrature par intérim, Ralph Riachi, ainsi que les anciens bâtonniers de Beyrouth Issam Karam, Raymond Eid, Michel Khattar, Raymond Chédid, Michel Élian, Sélim Osta et Boutros Doumit. Prenant la parole, le bâtonnier de Beyrouth a souligné que « les avocats protestent contre la négligence de l’État et la lenteur en ce qui concerne les nominations judiciaires ». « Les nominations judiciaires ne constituent pas une fin en soi, mais un pas vers une réforme radicale et profonde du système judiciaire », a-il ajouté. « Nous appelons, a-t-il dit, à ce que les juges soient nommés selon la règle de l’homme qu’il faut au poste qu’il faut, et ce bien sûr en se basant sur les critères de l’intégrité, de l’éducation, de la compétence et de l’indépendance du juge. Nous poursuivrons notre mouvement en adoptant des mesures d’escalade si jamais la situation se poursuit telle qu’elle est actuellement », a-t-il ajouté. Le bâtonnier de Beyrouth a souligné que « le mouvement de protestation des avocats n’est pas ciblé contre les juges et le pouvoir, mais contre la négligence et l’irresponsabilité ». Il a salué les efforts déployés par le ministre de la Justice Ibrahim Najjar, notant que les avocats soutiennent « le système de réforme qu’il tente d’instaurer depuis qu’il est en poste ». À Tripoli, les avocats ont également observé un sit-in au Palais de justice de la ville. Le bâtonnier de Tripoli, Antoine Airout, a souligné que « la suspension durant deux heures du travail constitue une première étape de protestation contre la situation de la justice ». « Nous luttons pour la justice et la sécurité entre les hommes et contre le système du clientélisme politique », a-t-il souligné. Il a rappelé que « le pays est resté sept mois sans un Conseil supérieur de la magistrature, et durant trois ans les juges fraîchement nommés n’ont pas été rattachés à des tribunaux, et ce malgré le nombre important de sièges vacants ». « Il est vraiment dommage, a-t-il dit, que le pouvoir politique s’acharne à détruire la justice et l’État de droit en voulant mettre la main sur le pouvoir judiciaire et en instaurant le système de clientélisme politique. » Les avocats du Palais de justice de Baabda ont également observé un sit-in durant deux heures. Dans ce même cadre, la Fédération des avocats arabes a adressé un message de soutien aux ordres des avocats de Beyrouth et de Tripoli.
Les avocats relevant des ordres de Beyrouth et de Tripoli, donc tous les avocats du Liban, ont suspendu durant deux heures hier leur travail pour protester contre la situation dans laquelle se trouve la justice.
Au Palais de justice de Beyrouth, les avocats se sont arrêtés de travailler de 8h30 à 10h30. Le bâtonnier Ramzi Jreige en tête, ils se sont rassemblés à la salle des Pas perdus. Étaient notamment présents le président du Conseil supérieur de la magistrature par intérim, Ralph Riachi, ainsi que les anciens bâtonniers de Beyrouth Issam Karam, Raymond Eid, Michel Khattar, Raymond Chédid, Michel Élian, Sélim Osta et Boutros Doumit.
Prenant la parole, le bâtonnier de Beyrouth a souligné que « les avocats protestent contre la négligence de l’État et la lenteur en ce qui concerne les nominations...