Les commissions mixtes ont décidé d’augmenter l’échelon de salaire de 5 % et de verser aux fonctionnaires l’effet rétroactif pour les années 1996, 1997 et 1998. Autant de concessions qui devraient coûter plus de 1 500 milliards de livres au Trésor.
Les commissions parlementaires mixtes ont planché hier sur le dossier de la hausse des salaires des fonctionnaires lors d’une réunion qu’elles ont tenue en présence du ministre des Finances, Mohammad Chatah, du ministre d’État Waël Bou Faour et de plusieurs hauts responsables de l’administration.
Ministres et députés se sont penchés lors de la séance sur le projet de loi présenté par le gouvernement pour accorder notamment une hausse salariale forfaitaire de 200 mille livres à tous les employés de l’État. Ils ont également examiné la proposition de loi déposée par le chef du CPL, Michel Aoun, pour verser aux fonctionnaires l’effet rétroactif que leur avait attribué la loi numéro 717/98 pour les années 1996, 1997 et 1998.
Les commissions ont partiellement donné gain de cause aux syndicats des employés de l’État, insatisfaits par le projet de loi du gouvernement, en adoptant une hausse de 5 % des échelons de salaires ainsi que le paiement de l’effet rétroactif en trois annuités, comme l’a annoncé le vice-président de la Chambre, Farid Makari, à l’issue de la séance.
Il convient de rappeler à cet égard que l’augmentation des salaires de 200 mille livres n’avait pas satisfait les syndicats des fonctionnaires, et notamment ceux des enseignants qui avaient observé une grève générale, paralysant les établissements scolaires du pays pendant une journée. Face à la mobilisation des instituteurs en cette période préélectorale, la Chambre s’était abstenue de voter le projet de loi du cabinet Siniora qui a suscité l’ire des syndicats, lors d’une séance parlementaire qui s’était tenue il y a près de deux semaines. Les députés du 8 comme du 14 Mars étaient alors convenus de renvoyer le texte devant les commissions mixtes pour un supplément d’examen.
Au terme de longues concertations avec les différents blocs parlementaires, les commissions ont fini par adopter les mesures annoncées hier par Farid Makari. « Ces points ne constituent qu’une ébauche de solution », a indiqué une source parlementaire informée à L’Orient-Le Jour. « L’augmentation des échelons et le paiement de l’effet rétroactif doivent être encore avalisés par le Conseil des ministres auquel il appartient de réunir les fonds nécessaires à ces dépenses supplémentaires, a-t-elle ajouté. Les différentes parties se sont entendues sur le fait que ces mesures ne doivent donner lieu à aucun impôt supplémentaire et à aucune réduction des prestations étatiques. Puis l’Assemblée devrait voter lors d’une même séance le projet de loi amendé et la proposition de loi du CPL. »
La pilule sera en effet dure à avaler pour le gouvernement. Selon les premières estimations, la hausse de 5 % de l’échelon de salaire devrait coûter 120 milliards de livres au Trésor, au côté des 750 milliards de livres de charges induites par l’augmentation forfaitaire de 200 mille livres, a révélé le président de la commission parlementaire de l’Éducation, Mohammad Hajjar, dans un entretien avec L’Orient-Le Jour. De plus, selon lui, le versement de l’effet rétroactif devrait s’élever à quelque 1 400 milliards de livres dont le paiement sera échelonné sur trois ans.
« Les revendications des syndicats sont justes, a également souligné Mohammad Hajjar. Nous devons toutefois les concilier avec les exigences de la stabilité financière du pays. »
De source autorisée, on indique qu’une série de concertations a été lancée sous l’égide des ministres Bahia Hariri et Mohammad Chatah, et des députés Ali Hassan Khalil et Mohammad Hajjar « pour limiter le creusement du déficit public qu’engendreront les concessions aux fonctionnaires ». « Ces responsables doivent également convaincre les syndicats d’abandonner leurs revendications supplémentaires et de se contenter des mesures adoptées par les commissions », a ajouté cette source.
Les syndicats des enseignants réclament en effet, outre la hausse de l’échelon de salaire, la réévaluation des indemnités de transport à 10 000 livres et l’augmentation de leurs allocations familiales. Ces revendications ne devraient pas être satisfaites, selon Mohammed Hajjar. « Les indemnités de transport resteront fixées à 8 000 livres, a précisé le député. Quant aux allocations familiales, ce dossier est bien plus complexe car il est lié à la réforme de la CNSS. »
Pour tenter d’arracher un assouplissement de leurs exigences aux représentants des fonctionnaires, la ministre Hariri s’est réuni hier avec les représentants des syndicats des enseignants des écoles et lycées publics, et des professeurs de l’Université libanaise. Elle s’est ensuite rendue au Grand Sérail où elle a rencontré le Premier ministre aux côtés de ses confrères Mohammad Chatah et Waël Bou Faour, et des députés présidents des commissions mixtes. À l’issue de la réunion, Bahia Hariri s’est contentée d’insister sur « l’importance du dialogue » entre les acteurs sociaux, annonçant qu’elle négociera avec les syndicats en vue de finaliser le projet de loi sur la hausse des salaires.
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Les commissions parlementaires mixtes ont planché hier sur le dossier de la hausse des salaires des fonctionnaires lors d’une réunion qu’elles ont tenue en présence du ministre des Finances, Mohammad Chatah, du ministre d’État Waël Bou Faour et de plusieurs hauts responsables de l’administration.
Ministres et députés se sont penchés lors de la séance sur le projet de loi présenté par le gouvernement pour accorder notamment une hausse salariale forfaitaire de 200 mille livres à tous les employés de l’État. Ils ont également examiné la proposition de...