Hier, le monde a célébré le 60e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme par l’Assemblée générale des Nations unies. Charles Malek, le fils du Liban, fut l’un des principaux instigateurs de ce texte qui a placé les droits de l’homme et les libertés fondamentales au cœur du système onusien et des relations internationales.
Peu après, l’Union européenne fut elle-même fondée sur les principes de liberté, de démocratie, de respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et de l’État de droit.
Au sein de l’UE et sur le territoire de ses vingt-sept États membres, ces droits sont protégés et garantis par plusieurs mécanismes, en particulier la législation au niveau de l’UE et plusieurs conventions à l’échelle de l’Europe. Mais l’Union européenne a également placé les droits de l’homme au cœur de ses relations avec les autres pays et régions du monde : les accords de l’UE avec les pays tiers contiennent tous des clauses qui stipulent que le respect des droits fondamentaux et des principes démocratiques sont des « éléments essentiels » dans les relations entre les parties.
En plus de l’accord d’association UE-Liban, le plan d’action UE-Liban adopté dans le cadre de la politique européenne de voisinage engage les autorités libanaises et l’UE à travailler ensemble afin d’améliorer la situation des droits de l’homme au Liban. Ce travail porte sur un large éventail de questions, notamment l’adoption d’une stratégie globale pour les droits de l’homme, ainsi que le renforcement des institutions qui garantissent la protection et la défense de ces droits.
Au Liban, l’intervention et le soutien de l’UE dans le domaine des droits de l’homme se déclinent principalement sur trois axes :
– L’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme – avec un budget global de 1,1 milliard € (environ 2 109 milliards LL) – est utilisé au Liban depuis 2004 pour financer des actions relatives aux droits de l’homme. Une somme de 600 000 € (1,15 milliard LL) est allouée chaque année, et huit projets sont actuellement en cours d’exécution, allant des réformes électorale et pénitentiaire à la protection des droits des travailleurs migrants et des jeunes Libanais démunis.
– Le programme Afkar – avec un budget total de 4 millions € (7,7 milliards LL) depuis 2004 –, qui est maintenant dans sa deuxième phase, aide le gouvernement à soutenir les organisations de la société civile, particulièrement celles qui soutiennent les catégories les plus vulnérables de la population : les femmes, les jeunes, les personnes souffrant de handicaps mentaux et physiques, les prisonniers, les réfugiés, ou les travailleurs migrants (qui sont parmi ceux qui souffrent le plus de violations des droits de l’homme).
– Pour 2009, un programme de 10 millions € (19,2 milliards LL) relatif aux droits de l’homme est prévu, avec notamment pour objectif de travailler avec les autorités libanaises afin de soutenir la société civile libanaise et de protéger les droits des travailleurs migrants.
Enfin, plusieurs programmes bilatéraux destinés à soutenir et promouvoir les droits de l’homme sont également financés par des États membres de l’Union européenne.
Depuis le 10 décembre 1948, il est indéniable que de grands efforts ont été déployés à travers le monde afin de promouvoir et de défendre les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Presque partout, les progrès ont été considérables, mais il faut faire face chaque jour à de nouveaux défis, tant dans l’Union européenne qu’ailleurs. Au Liban, si l’amélioration est réelle, des problèmes majeurs demeurent sur plusieurs dossiers : le transfert de la gestion des prisons au ministère de la Justice, les efforts requis pour ratifier ou appliquer les conventions internationales contre la torture, la discrimination ou la corruption, ou encore les droits des non-Libanais qui travaillent ou résident dans le pays.
La volonté politique est une condition indispensable à l’accomplissement de progrès notables. Pour sa part, l’Union européenne est prête à travailler avec les autorités et la société civile sur toutes ces questions – le renforcement de la démocratie, de l’État de droit et du respect des libertés fondamentales – qui constituent incontestablement, et principalement grâce à la Déclaration adoptée il y a soixante ans, des éléments essentiels sous-tendant nos relations avec le Liban.
Patrick Laurent, chef de la Délégation de la Commission européenne
André Parant, ambassadeur de France, présidence de l’Union européenne
Jan Cízek, ambassadeur de la République tchèque, présidence de l’Union européenne au premier semestre 2009
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Peu après, l’Union européenne fut elle-même fondée sur les principes de liberté, de démocratie, de respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et de l’État de droit.
Au sein de l’UE et sur le territoire de ses vingt-sept États membres, ces droits sont protégés et garantis par plusieurs mécanismes, en particulier la législation au niveau de l’UE et plusieurs conventions à l’échelle de l’Europe. Mais l’Union...