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Crise financière Les marchés assommés après l’annonce du taux de chômage aux États-Unis

Plus d’un demi-million de personnes ont perdu leur travail en novembre aux USA, ce qui n’était pas arrivé depuis 34 ans. En dépit d’une baisse historique des taux d’intérêt jeudi en Europe, le pessimisme a vite repris le dessus vendredi sur les marchés après l’annonce d’un taux de chômage aux États-Unis au plus haut depuis plus de 15 ans. Le taux de chômage américain est monté à 6,7 %, selon le département du Travail américain : plus d’un demi-million de personnes ont perdu leur travail en novembre dans ce pays, ce qui n’était pas arrivé depuis 34 ans. Les économistes tablaient sur 325 000. Depuis le début officiel de la récession aux États-Unis, en décembre 2007, le taux de chômage a augmenté de 1,7 point de pourcentage et il faut remonter à octobre 1993 pour retrouver un taux supérieur à 6,7 %. Ces statistiques sont « tout simplement affreuses », commentait à Londres le cabinet Capital Economics. Le secteur des services, qui concentre plus de 80 % des emplois américains, a représenté « environ deux tiers des suppressions d’emplois récentes », alors qu’« au cours des huit premiers mois de l’année, les pertes d’emplois avaient été en majeure partie limitées aux secteurs de la construction et de l’industrie manufacturière », selon le ministère. La Maison-Blanche s’est dit « très inquiète » de ces mauvais chiffres et s’est engagée à poursuivre avec ardeur ses efforts pour y remédier, tandis que le président élu Barack Obama appelait à des mesures « urgentes » pour aider les Américains à retrouver un emploi et stimuler l’économie. Les Bourses européennes et américaines ont été assommées par ces chiffres. La Bourse de Paris a plongé de 5,48 % à la clôture pour s’établir sous les 3 000 points, Londres a cédé 2,74 %, Francfort 4,0 % et l’indice européen Eurostoxx 50 4,92 %. Face à la dégradation accélérée de l’activité économique, les banques centrales européennes avaient pourtant fortement réagi jeudi. Pour la zone euro, la BCE a ainsi abaissé de 0,75 point de pourcentage – une ampleur inédite – à 2,50 % son principal taux directeur. Mais cela n’a pas suffi manifestement à convaincre les marchés, pas plus que le plan de relance français de 26 milliards d’euros ou plus modestement les 750 millions annoncés par la Suède vendredi. « Personne ne s’attend à ce que l’économie européenne ait atteint son plancher et commence à rebondir grâce à ces baisses de taux », a jugé Kazuhiro Takahashi, analyste chez Daiwa Securities SMBC. Les investisseurs semblent avoir surtout retenu les commentaires pessimistes du président de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui prévoit un recul du produit intérieur brut de 0,5 % en 2009 dans la zone euro. Dans la première économie de la zone, l’Allemagne, en récession depuis le trimestre dernier, les perspectives s’assombrissent de jour en jour. La Bundesbank s’attend à un recul du PIB de 0,8 % en 2009 et l’industrie a vu le niveau de ses commandes dégringoler en octobre, avec une baisse de 6,1 %. Autre souci d’inquiétude, la situation des trois constructeurs automobiles américains, General Motors, Ford et Chrysler. Les dirigeants des « Big Three », qui espèrent arracher une aide jugée vitale de 34 milliards de dollars du Congrès, seront auditionnés par la commission des services financiers de la Chambre des représentants. Jeudi, ils ont reconnu des « erreurs » de gestion devant des parlementaires toujours divisés sur l’octroi de cette aide. La crise du secteur automobile n’épargne personne : les ventes de l’allemand BMW se sont effondrées de 25,4 % en novembre sur un an. Et Honda, le deuxième constructeur japonais, a annoncé son retrait de la formule 1, où il était présent depuis les années 60. « Cette décision difficile a été prise à la lumière de la dégradation rapide de l’environnement dans le secteur de l’industrie automobile, due à la récession économique mondiale », a expliqué le président de Honda Motor, Takeo Fukui.
Plus d’un demi-million de personnes ont perdu leur travail en novembre aux USA, ce qui n’était pas arrivé depuis 34 ans.
En dépit d’une baisse historique des taux d’intérêt jeudi en Europe, le pessimisme a vite repris le dessus vendredi sur les marchés après l’annonce d’un taux de chômage aux États-Unis au plus haut depuis plus de 15 ans.
Le taux de chômage américain est monté à 6,7 %, selon le département du Travail américain : plus d’un demi-million de personnes ont perdu leur travail en novembre dans ce pays, ce qui n’était pas arrivé depuis 34 ans. Les économistes tablaient sur 325 000.
Depuis le début officiel de la récession aux États-Unis, en décembre 2007, le taux de chômage a augmenté de 1,7 point de pourcentage et il faut remonter à octobre 1993 pour retrouver un taux supérieur à...