Les Occidentaux jugent que la tenue d’un sommet sur la réorganisation de la sécurité n’est pas d’actualité.
La Russie a vivement critiqué l’OSCE hier et réclamé une enquête contre l’organisation jugeant qu’elle avait échoué à empêcher la guerre en Géorgie, tout en insistant sur la nécessité de mettre en place un nouveau système pour assurer la sécurité en Europe.
« Il est clair que l’OSCE ne répond pas à son objectif principal : assurer une sécurité une et indivisible pour tous », a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Le ministre a jugé que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n’avait pas « réagi au recours illégal de la force » le 8 août, lorsque la Géorgie a lancé une offensive contre la région séparatiste d’Ossétie du Sud. M. Lavrov a aussi réclamé une enquête pour établir pourquoi l’OSCE n’a rien fait lorsque des observateurs de l’organisation ont, selon lui, prévenu leur hiérarchie que Tbilissi préparait une attaque. « C’est absolument inacceptable, je compte sur le fait qu’une enquête soit menée et que les résultats nous soient exposés », a déclaré le ministre devant ses homologues de l’OSCE, réunie en conseil annuel à Helsinki jeudi et hier. Sur ce point, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a indiqué jeudi à l’AFP que les systèmes d’alerte préventive « ne marchent jamais ».
La diatribe de M. Lavrov faisait suite à des critiques visant la Russie, formulées la veille par les Européens et les Américains. Ces derniers ont condamné le recours excessif à la force par Moscou en Géorgie cet été, la reconnaissance de l’indépendance des régions séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, ainsi que l’interdiction faite aux observateurs chargés de la surveillance du cessez-le-feu de se rendre dans ces territoires.
M. Lavrov a riposté en réclamant un sommet sur la proposition du président russe Dmitri Medvedev de mettre en place une nouvelle architecture de la sécurité en Europe. « Il n’y a ni double fond ni ordre du jour caché dans notre idée d’un pacte sur la sécurité européenne. Il y a un souhait de trouver un accord sur des règles du jeu claires, pour rétablir pas à pas la confiance (en Europe), dont la crise est à la racine de tous les problèmes », a déclaré M. Lavrov, selon un discours transmis à la presse hier et qui avait été prononcé la veille devant ses collègues. Ce pacte doit conduire, selon M. Lavrov, « au rejet des prétentions de certains États qui pensent disposer d’un droit exclusif au maintien de la paix et de la sécurité dans la zone euro-atlantique », une critique visant les États-Unis. Ce document « doit permettre la création d’un espace uni, collectif de sécurité pour tous les États de la zone euro-atlantique », a déclaré M. Lavrov hier, estimant que les organisations existantes devaient non pas disparaître, mais intégrer le pacte.
Les Occidentaux ont dans l’ensemble jugé que la tenue d’un sommet sur la réorganisation de la sécurité européenne n’était pas d’actualité. « Il faut discuter de certains problèmes de sécurité en Europe, mais il y a un sentiment fort que les institutions existantes, l’OTAN, l’UE, l’OSCE, ont bien fonctionné et qu’il ne faut pas les remplacer », a estimé, au nom des États-Unis, Daniel Fried, secrétaire d’État adjoint aux Affaires européennes et eurasiennes. Le président français Nicolas Sarkozy avait soutenu en novembre l’idée d’un sommet sur ce thème dès 2009, mais son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner est revenu jeudi sur cette position. Les chefs de la diplomatie de plusieurs pays d’ex-URSS (l’Arménie, le Belarus, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan) ont annoncé de leur côté, hier dans un communiqué, leur soutien à l’initiative russe.
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La Russie a vivement critiqué l’OSCE hier et réclamé une enquête contre l’organisation jugeant qu’elle avait échoué à empêcher la guerre en Géorgie, tout en insistant sur la nécessité de mettre en place un nouveau système pour assurer la sécurité en Europe.
« Il est clair que l’OSCE ne répond pas à son objectif principal : assurer une sécurité une et indivisible pour tous », a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Le ministre a jugé que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) n’avait pas « réagi au recours illégal de la force » le 8 août, lorsque la Géorgie a lancé une offensive contre la région séparatiste d’Ossétie du...