Le patriarche fut un informateur contraint du KGB.
Le patriarche de Moscou, Alexis II, artisan de la renaissance de l’Église orthodoxe en Russie après la chute de l’URSS, est décédé hier à l’âge de 79 ans. « Le saint patriarche est décédé dans sa résidence de Peredelkino (près de Moscou) dans la matinée », a annoncé le chef du service de presse du patriarcat, Vladimir Viguilianski.
Aucune précision n’a été donnée sur les circonstances de sa mort. Alexis II souffrait de problèmes cardiaques, selon la presse russe, mais avait encore célébré une liturgie à Moscou la veille de sa mort. Un membre du service de presse, Alexandre Volkov, a démenti qu’il ait succombé à un accident de route, comme l’a affirmé le site russe spécialisé portal-credo.ru. « Une commission médicale travaille à établir les causes de sa mort », a déclaré Vladimir Viguilianski, refusant de préciser à quelle heure Alexis II était décédé et qui l’avait trouvé mort.
À l’annonce de son décès, les cloches des 600 églises de Moscou ont sonné. Des offices funèbres ont été célébrés dans tout le pays, les fidèles allumant des cierges et embrassant les icônes. Aujourd’hui, son cercueil sera conduit à la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou où les fidèles pourront se recueillir toute la nuit. Un synode se réunira dans la journée à Peredelkino pour arrêter la date de ses funérailles, qui pourraient avoir lieu mardi. Un nouveau patriarche doit être élu d’ici à six mois par un concile composé d’évêques, de prêtres, de moines et de simples fidèles. Deux successeurs potentiels sont cités : le métropolite Kirill de Smolensk, habitué au dialogue avec le Vatican, et le métropolite Kliment de Kalouga, considéré comme conservateur.
Alexis II, chef depuis 1990 de la plus grande Église orthodoxe du monde, a rétabli, avec l’appui du Kremlin, son influence politique et morale après 70 ans d’athéisme soviétique. La religion a retrouvé sa place dans les écoles, les prisons, l’armée, et au sommet de l’État, les dirigeants russes affichant leur foi, de Boris Eltsine à Vladimir Poutine. Alexis II était très respecté des Russes, malgré les rumeurs de collaboration avec le KGB, à laquelle prêtres et évêques étaient souvent contraints à l’époque soviétique, selon les historiens.
Le patriarche a aussi contribué à la réunification historique de son Église avec l’Église orthodoxe russe à l’étranger le 17 mai 2007, mettant fin à 80 ans de schisme datant de la révolution bolchevique de 1917.
Du Kremlin au Vatican, les hommages ont immédiatement afflué, saluant un « leader spirituel », un « grand citoyen » et son « combat pour la défense des valeurs humaines et évangéliques ». Le Premier ministre et ex-président Vladimir Poutine, lui-même issu du KGB et proche d’Alexis II, a déploré un « événement tragique » pour le pays. « C’était une belle âme. C’est une grande perte », a-t-il déclaré. Le président russe Dmitri Medvedev a rendu hommage depuis New Delhi à un « grand citoyen de Russie » dont le « destin reflète les plus grandes épreuves du XXe siècle ». Il a reporté une visite en Italie, prévue pour aujourd’hui, et devait rentrer dès hier soir à Moscou.
Le pape Benoît XVI s’est dit « profondément attristé » par la mort d’Alexis II et a salué son engagement « sur la voie de la compréhension mutuelle et de la collaboration entre orthodoxes et catholiques ». Le patriarche avait connu pourtant une longue période de froid avec les catholiques, qu’il accusait de « prosélytisme » en Russie, refusant de recevoir le pape Jean-Paul II. Une amorce de rapprochement s’était toutefois esquissée avec l’avènement de Benoît XVI.
Alexis II n’hésitait pas à soutenir le pouvoir au Kremlin et à défendre des valeurs conservatrices. « Il est arrivé à la tête de l’Église à un moment de grands changements. Il était certes conservateur, mais c’était justifié dans le but de préserver l’Église comme institution », a estimé Alexandre Verkhovski, expert des questions religieuses au centre Sova.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le patriarche fut un informateur contraint du KGB.
Le patriarche de Moscou, Alexis II, artisan de la renaissance de l’Église orthodoxe en Russie après la chute de l’URSS, est décédé hier à l’âge de 79 ans. « Le saint patriarche est décédé dans sa résidence de Peredelkino (près de Moscou) dans la matinée », a annoncé le chef du service de presse du patriarcat, Vladimir Viguilianski.
Aucune précision n’a été donnée sur les circonstances de sa mort. Alexis II souffrait de problèmes cardiaques, selon la presse russe, mais avait encore célébré une liturgie à Moscou la veille de sa mort. Un membre du service de presse, Alexandre Volkov, a démenti qu’il ait succombé à un accident de route, comme l’a affirmé le site russe spécialisé portal-credo.ru. « Une commission médicale travaille à établir...