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Industrie L’or et les pierres précieuses continueront-ils à séduire ? Bachir EL-KHOURY

Dans un contexte de crise mondiale, le secteur de la joaillerie au Liban risque de pâtir d’une baisse des exportations et de l’érosion du pouvoir d’achat des clients arabes. S’il existe un secteur qui résiste généralement mieux que d’autres aux temps de crise, c’est bien celui de la joaillerie. Sa solidité provient du fait que le bijou, en plus de son avantage d’être un instrument de distinction sociale, voit souvent sa valeur augmenter au fil du temps. La crise actuelle, la plus aiguë depuis 1929, risque en revanche d’affaiblir cette immunité naturelle. Au Liban, les fabricants et importateurs de bijoux craignent déjà que cette crise ne les affecte indirectement en freinant le rythme des ventes à l’étranger ou en portant un coup au pouvoir d’achat des clients du Golfe, principaux acquéreurs sur le marché local. « Les étrangers, notamment les Arabes, constituent aujourd’hui près de 85 % de nos clients », souligne Laurence Tufenkjian, directeur général de la boutique qui porte son nom. « Il faudra voir à quel point les pays de la région seront affectés par cette crise pour pouvoir estimer son impact sur le secteur de la joaillerie au Liban. Les prochaines fêtes, notamment celle de l’Adha, devront révéler l’ampleur des répercussions sur le marché local. Mais une chose est sûre : la crise est bien là et nous ne pourrons pas y échapper totalement », ajoute-t-il. Les bijoutiers libanais ont en effet toujours misé sur les clients arabes, particulièrement séduits par le savoir-faire des fabricants d’une ville autrefois considérée capitale du luxe au Moyen-Orient. « La créativité et la particularité culturelle du joaillier libanais lui permettent d’adapter les tendances occidentales au goût régional. C’est là toute la valeur ajoutée du fabricant local. Nous offrons ainsi, à qualité presque égale, des produits à prix inférieurs », explique Robert Kosremelli, l’un des associés de la boutique Kosremelli. Cependant, ce n’est pas uniquement le risque que fait planer une éventuelle chute du pouvoir d’achat de ces visiteurs privilégiés qui inquiète les bijoutiers libanais, mais aussi la rentrée en récession des États-Unis et de plusieurs pays de la zone euro. Pour Claude Cachard, propriétaire d’un petit atelier à Gemmayzé qui exporte près de 95 % de ses bijoux à l’étranger, ce ralentissement économique pourrait entraîner une chute des exportations. Il affirme en revanche que l’effet de la crise ne s’est toujours pas fait sentir. « Lors de ma participation au Salon Tranoi à Paris en octobre dernier, j’ai reçu un nombre de commandes équivalent à celui de l’an dernier. » Même son de cloche du côté du grand bijoutier Gemayel, qui exporte entre 50 % et 60 % de ses produits aux États-Unis, en Europe et dans les pays du Golfe. « Le niveau de ventes est toujours le même. De toute manière, il nous faudra attendre au moins six mois pour pouvoir cerner les conséquences de cette crise », a souligné le directeur général de la boutique, Farid Gemayel. C’est d’ailleurs dans ce contexte d’optimisme en dépit de la crise que le Salon de la haute joaillerie se tiendra cette année du 10 au 13 décembre à l’hôtel Phoenicia. Un espace de 3 000 mètres carrés sera réservé aux 45 exposants et aux 4 000 visiteurs attendus pour cette sixième édition. L’occasion pour les professionnels tout comme pour les amateurs de découvrir les nouvelles tendances… et à la capitale libanaise d’affirmer, après deux ans d’interruption du Salon, qu’elle existe toujours sur la carte mondiale de la joaillerie et du luxe.
Dans un contexte de crise mondiale, le secteur de la joaillerie au Liban risque de pâtir d’une baisse des exportations et de l’érosion du pouvoir d’achat des clients arabes.
S’il existe un secteur qui résiste généralement mieux que d’autres aux temps de crise, c’est bien celui de la joaillerie. Sa solidité provient du fait que le bijou, en plus de son avantage d’être un instrument de distinction sociale, voit souvent sa valeur augmenter au fil du temps. La crise actuelle, la plus aiguë depuis 1929, risque en revanche d’affaiblir cette immunité naturelle. Au Liban, les fabricants et importateurs de bijoux craignent déjà que cette crise ne les affecte indirectement en freinant le rythme des ventes à l’étranger ou en portant un coup au pouvoir d’achat des clients du Golfe, principaux acquéreurs sur le...