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Actualités - Chronologie

Conférence Chatah : L’État doit accélérer les dépenses d’investissements pour contrer la crise

Pour faire face à la crise, Fouad Siniora a appelé les pays arabes qui en ont les moyens à adopter une politique expansionniste. En dépit de ses moyens limités, le Liban devrait lui aussi relancer les projets publics, a ajouté le ministre des Finances, Mohammad Chatah. Les pays arabes doivent agir pour se prémunir contre les effets de la crise financière internationale, sans pour autant céder aux tentations protectionnistes. Telle est la conclusion à laquelle ont abouti les participants à la conférence organisée hier à Beyrouth sur « l’impact de la crise financière sur le monde arabe ». Les économies de la région doivent ainsi se préparer à affronter « la baisse prévue des échanges commerciaux dans le monde et le repli important des prix des matières premières, surtout le pétrole », mais aussi « la baisse des investissements directs étrangers et la hausse attendue des taux d’intérêt sur les crédits », ainsi que le recul « des transferts des expatriés », a souligné le Premier ministre, Fouad Siniora. L’Égypte, la Jordanie, le Liban et la Syrie, en particulier, seront affectés par la baisse des liquidités dans les pays du Golfe, a renchéri le directeur du centre régional de soutien technique du FMI (Metac), Saadé Chami. À elle seule, l’Arabie saoudite a effectué 25 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2007, tandis que les transferts de fonds provenant des pays du Golfe se sont élevés à près de 33 milliards de dollars, a-t-il indiqué. Or, les pays du Levant ont largement profité de ces capitaux pour financer leur déficit budgétaire et soutenir leur balance de paiements. Une baisse des liquidités risque ainsi de les fragiliser, a-t-il affirmé. Dans ce contexte, les intervenants ont donc émis une série de propositions pour limiter les effets de la crise. Le président de la Fédération des Chambres arabes, Adnane Kassar, a ainsi appelé à améliorer le climat des investissements, à renforcer le cadre de surveillance des systèmes financiers, et à accélérer l’intégration régionale, notamment à travers la mise en place d’une zone de libre-échange arabe. Pour sa part, Fouad Siniora a plaidé en faveur d’une « politique financière expansionniste dans les pays qui peuvent se le permettent », et de la mise en œuvre de grands projets d’infrastructure panarabes. Mais « au Liban, par exemple, la situation des finances publiques ne nous permet pas d’adopter une politique expansionniste qui va au-delà des contraintes imposées par le niveau élevé d’endettement public. Mais nous ferons ce que nous pouvons en termes de hausse des dépenses publiques, tout en nous développant des partenariats avec le secteur privé », a-t-il affirmé. Au-delà des efforts promis pour améliorer le climat des investissements, Siniora a déclaré que le gouvernement était sur le point « d’élaborer une vision économique basée sur le partenariat avec le secteur privé libanais, arabe et international (…) à travers des projets de développement importants ». À cet égard, le ministre des Finances, Mohammad Chatah, a estimé que le Trésor libanais ne peut pas se permettre d’augmenter les dépenses courantes, mais que le Liban a besoin de davantage de dépenses d’investissements, notamment publiques. « L’État doit donc conforter et accélérer le rythme des dépenses sur les projets et accroître sa capacité à les mettre en œuvre. C’est ce que fait le gouvernement actuellement », a-t-il déclaré. D’un point de vue strictement financier, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a quant à lui présenté une feuille de route pour la période à venir. D’abord, « nous continuons à encourager les transferts des devises vers la livre, en gérant la liquidité en livres à travers des certificats de dépôts, sans pour autant handicaper les crédits au secteur privé, et nous avons les moyens de le faire », a-t-il affirmé, en soulignant que la BDL a acheté des dollars pour un montant de 900 milliards de dollars en novembre, et d’un milliard de dollars en octobre. La hausse des liquidités en livres renforce les capacités de financements publics et privés, a-t-il ajouté. Ensuite, « nous adoptons une politique d’intérêts positifs et réalistes », a poursuivi M. Salamé. Positifs, pour assurer des rendements supérieurs aux taux d’inflation, estimé à 8 % en 2008 et 6 % en 2009, et réalistes pour prendre en compte la situation sur les marchés financiers, a-t-il indiqué en disant s’attendre à une stabilité des taux actuels. « Nous encourageons également les crédits étudiés et réglementés sur le marché local, sachant qu’une hausse des crédits au secteur privé de 10 % en 2009 par rapport à 2008 assurera la croissance demandée et la stabilité sociale », a affirmé M. Salamé. Parallèlement, « nous coopérerons avec le ministère des Finances » pour assurer les besoins de financements de l’État en 2009. Enfin, « nous encourageons les fusions bancaires tout en laissant l’initiative aux banques », d’autant que les décrets d’application de la loi sur les fusions ont été publiés, a-t-il indiqué. « En attendant les réformes structurelles pour réduire le déficit public et libérer les ressources nécessaires pour financer le développement, nous espérons qu’aucune tension politique ou sécuritaire ne viendra ébranler la confiance que nous avons réalisée et sur laquelle nous pourrons bâtir un avenir meilleur », a conclu le gouverneur.
Pour faire face à la crise, Fouad Siniora a appelé les pays arabes qui en ont les moyens à adopter une politique expansionniste. En dépit de ses moyens limités, le Liban devrait lui aussi relancer les projets publics, a ajouté le ministre des Finances, Mohammad Chatah.
Les pays arabes doivent agir pour se prémunir contre les effets de la crise financière internationale, sans pour autant céder aux tentations protectionnistes. Telle est la conclusion à laquelle ont abouti les participants à la conférence organisée hier à Beyrouth sur « l’impact de la crise financière sur le monde arabe ». Les économies de la région doivent ainsi se préparer à affronter « la baisse prévue des échanges commerciaux dans le monde et le repli important des prix des matières premières, surtout le pétrole », mais aussi « la...