Rechercher
Rechercher

Actualités

Crise financière La crise plombe toute l’économie, les Bourses refont le plongeon

Des indicateurs désastreux, dont l’entrée en récession des États-Unis, ont rappelé hier que la crise financière continuait de plomber toute l’économie, notamment le secteur automobile contraint de réclamer des aides publiques pour survivre. Les ministres des Finances européens étaient réunis pour examiner le plan de relance de 200 milliards d’euros de la Commission européenne, afin d’élaborer « une première appréciation collective de ce qu’il convient de faire », selon un diplomate européen. Quant au plan français d’aide aux banques, Bruxelles campait hier sur son refus d’avaliser en l’état cette initiative, exigeant la garantie que les bénéficiaires n’en tireront pas un avantage concurrentiel. Les indicateurs négatifs ont continué de s’accumuler, en Europe et surtout aux États-Unis. En Allemagne, entrée en récession, les ventes de détail ont baissé de 1,6 % en un mois en octobre – des chiffres provisoires nettement plus mauvais que prévu. En France, l’indice des directeurs d’achat (PMI) pour le secteur manufacturier a touché un plus bas historique en novembre. Sur la zone euro, ce même indice a également atteint un plus bas historique en novembre. Ces niveaux « témoignent de l’ampleur de la crise actuelle », pour la société Markit. Aux États-Unis, les dépenses de construction ont baissé de 1,2 % en octobre (contre -0,9 % attendus), et l’indice ISM de l’activité industrielle a chuté à 36,2 points en novembre, un plus bas depuis mai 1982. Pour couronner ce tableau dantesque, un organisme officiel, le NBER, a annoncé dans la soirée que la récession économique avait commencé aux États-Unis en décembre 2007 et était toujours en cours. Le NBER a rappelé que selon ses critères, « une récession est une baisse significative de l’activité économique qui se répand à travers l’économie, durant plus de quelques mois, normalement visible dans la production, l’emploi, le revenu réel, et d’autres indicateurs ». Le secteur automobile est apparu hier particulièrement touché. Le Japon a affiché une chute historique des ventes de véhicules neufs, hors minivoitures : -27,3 % sur un an en novembre, soit le plus mauvais mois depuis 1969. Chez sa voisine sud-coréenne, les trois plus grands contructeurs, Hyundai, Kia Motors et Daewoo, ont commencé à diminuer leur production. Et en Europe, les immatriculations de voitures neuves se sont effondrées en Espagne (-49,6 % en novembre sur un an), en Italie (-29,46 %) et en France (-14 %). Les pays qui n’accorderont pas rapidement des aides économiques au secteur automobile devront faire face à des destructions d’emplois « massives » chez eux, a averti hier Carlos Ghosn, homme d’affaires d’origine libanaise et PDG des constructeurs français Renault et japonais Nissan. Le mouvement a d’ailleurs déjà commencé : le fabricant britannique d’automobiles de luxe Aston Martin a annoncé qu’il supprimait 600 postes. Aujourd’hui, les « Big Three » américains, General Motors, Ford et Chrysler, vont plaider devant le Congrès la nécessité d’un nouveau plan de sauvetage de 25 milliards de dollars, alors qu’une nouvelle baisse des ventes automobiles devrait être annoncée aux États-Unis. Ford étudie divers scénarios pour sa filiale suédoise Volvo Car, y compris une cession, mais ne prendra pas de décisions avant plusieurs mois. Dans le secteur financier sinistré, la banque publique allemande BayernLB a annoncé le licenciement de 5 600 personnes sur 19 200 salariés d’ici à 2013. Et une assemblée générale tendue des actionnaires du bancassureur Fortis, récemment démantelé pour éviter la faillite, se tenait aux Pays-Bas sur fond d’accusations de « mauvaise gestion » et d’« informations mensongères ». Dans un rapport publié hier à Doha, les experts de l’ONU ont souligné la nécessité d’un ensemble massif et coordonné de stimulants économiques pour contrer une dépression planétaire. Le document prévoit une croissance mondiale de 1 % en 2009 dans le plus probable des scénarios, les pays développés étant les plus touchés avec une contraction de l’activité moyenne de -0,5 %. Dans ce contexte, les investisseurs, frileux, attendent de nouvelles mesures comme celles que devraient prendre jeudi la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE). La BCE, qui a déjà abaissé début novembre son principal taux à 3,25 %, pourrait le réduire à nouveau de 0,50 ou 0,75 point, selon les analystes, afin de relancer l’activité dans la zone euro en récession, où le chômage a atteint 7,7 % en octobre, au plus haut depuis près de deux ans. De son côté, la Banque du Japon (BoJ) se réunit aujourd’hui en vue d’adopter de nouvelles mesures pour aider les entreprises en difficulté à emprunter aux banques. Autre événement très attendu hier : le discours du président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Ben Bernanke sur sa « politique (...) dans la crise financière ». Ce dernier a estimé hier qu’une nouvelle baisse des taux était certes possible, mais qu’une telle mesure touchait à ses limites et que la Fed risquait de devoir encore innover pour soutenir l’économie. « Bien qu’il soit certainement faisable d’abaisser encore » le taux directeur de la Fed, actuellement fixé à 1,0 %, « la possibilité d’utiliser une politique classique d’action sur les taux pour soutenir l’économie est évidemment limitée à ce stade », a déclaré M. Bernanke lors d’un discours à Austin (Texas, Sud). Cette possibilité est d’autant plus réduite que le taux d’intérêt interbancaire au jour le jour, que la Banque centrale essaie de contrôler, est dans les faits inférieur à l’objectif fixé par la Fed, a ajouté M. Bernanke, selon le texte de son allocution distribué à la presse. La Banque centrale n’est cependant pas sans armes et dispose « de nombreux moyens » d’action, a ajouté son président, évoquant notamment la possibilité que la Fed intervienne sur le marché pour acheter « en quantité importante » des bons du Trésor à long terme afin d’agir sur la courbe des taux. En deuxième lieu, la Fed pourrait « apporter des facilités de garantie non seulement à des institutions financières, mais aussi directement à certains marchés financiers, comme (elle l’a) fait récemment pour le marché des billets de trésorerie », a-t-il déclaré. Pour M. Bernanke, l’effort considérable fourni par la Fed et le département du Trésor américain afin d’assurer un afflux de liquidité suffisant au système financier « n’a à l’évidence pas encore fait revenir les marchés du crédit à un fonctionnement normal ». Pour cela, les institutions financières « elles-mêmes devront s’attaquer aux sources de la tension financière en levant de nouveaux capitaux, en restructurant leurs comptes de bilan et en améliorant leur gestion du risque », a-t-il dit. « C’est un processus qui prendra du temps », mais elles devraient y parvenir à l’aide des liquidités que la Fed met à leur disposition, a-t-il ajouté. En ce qui concerne les perspectives économiques, le chef de la Fed a estimé que l’inflation aux États-Unis reviendrait en 2009 à un niveau acceptable pour son institution. Du fait de la forte baisse des prix des matières premières, « l’inflation globale semble devoir baisser fortement au cours de l’année prochaine jusqu’à des niveaux conformes avec la stabilité des prix », a-t-il jugé, alors que plusieurs voix se sont levées pour avertir du danger d’une déflation. M. Bernanke a par ailleurs estimé que la question de « l’existence d’institutions trop grandes pour pouvoir faire faillite », sous peine de mettre mettre en danger l’ensemble du système financier (comme ce fut le cas pour l’assureur AIG, secouru par les autorités américaines), « devra bien sûr être abordée » à l’avenir. « La bonne façon de le faire sera par le biais de changements dans la régulation » et « d’améliorations dans l’infrastructure financière », afin d’empêcher l’histoire de se répéter, a-t-il dit.
Des indicateurs désastreux, dont l’entrée en récession des États-Unis, ont rappelé hier que la crise financière continuait de plomber toute l’économie, notamment le secteur automobile contraint de réclamer des aides publiques pour survivre.

Les ministres des Finances européens étaient réunis pour examiner le plan de relance de 200 milliards d’euros de la Commission européenne, afin d’élaborer « une première appréciation collective de ce qu’il convient de faire », selon un diplomate européen.
Quant au plan français d’aide aux banques, Bruxelles campait hier sur son refus d’avaliser en l’état cette initiative, exigeant la garantie que les bénéficiaires n’en tireront pas un avantage concurrentiel.
Les indicateurs négatifs ont continué de s’accumuler, en Europe et surtout aux États-Unis.
En...