Le Premier ministre de Belgique a quitté Beyrouth hier au terme d’une visite de 48 heures au cours de laquelle il a conféré avec Sleiman, Berry et Siniora, avant d’inspecter le contingent belge de la Finul. Lors de son entretien avec son hôte, Sleiman a souligné que la Syrie lie la délimitation des frontières à Chebaa au retrait israélien.
La visite officielle d’un peu plus de quarante-huit heures que le Premier ministre de Belgique, Yves Leterme, a effectuée le week-end écoulé au Liban a donné un nouvel élan au soutien concret que Bruxelles affirme vouloir accorder au pays du Cèdre dans différents domaines, socio-économique, politique, et militaire, par le biais notamment d’un renforcement de la coopération bilatérale sur les plan économique et du développement, parallèlement à la décision de Bruxelles de prolonger, au moins jusqu’à la fin de l’année 2009, le mandat du contingent belge de la Finul en poste au Liban-Sud. Des responsables et des délégations belges, notamment d’hommes d’affaires, sont attendus dans le courant de l’année prochaine à Beyrouth afin de fixer les détails et les modalités pratiques de cette coopération bilatérale renforcée. Au cours de ses entretiens, samedi, avec le président Michel Sleiman, le chef du Législatif, Nabih Berry, et le Premier ministre, Fouad Siniora, M. Leterme a, d’autre part, souligné que son pays est prêt à « soutenir les efforts du gouvernement (libanais) en vue d’aboutir à une paix durable que le peuple libanais mérite amplement ». Le Premier ministre belge a quitté Beyrouth hier après avoir inspecté le contingent belge de la Finul.
L’entretien avec le président Sleiman, au palais de Baabda, a eu lieu en présence du ministre belge de la Coopération et du Développement, Charles Michel, et de l’ambassadeur de Belgique. Le bureau de presse du palais présidentiel a indiqué, dans un communiqué, que M. Leterme a exprimé au cours de la réunion l’appui de son gouvernement à « l’approche consensuelle suivie par le président Sleiman dans la gestion des affaires du Liban, à tous les niveaux et dans tous les domaines ». Le communiqué relève dans ce cadre que le Premier ministre belge a indiqué que son gouvernement « a pris une série de mesures politiques, économiques et militaires en faveur du Liban, dont notamment le renouvellement de la mission du contingent belge au sein de la Finul durant toute l’année 2009 ».
Le président Sleiman a remercié de son côté la Belgique pour son soutien au Liban et sa contribution à la Finul, plus particulièrement sur le plan du déminage, mettant l’accent à ce propos sur l’aide médicale, sociale et humanitaire apportée par les Casques bleus belges, sans compter la contribution de la Belgique aux conférences Paris II et Paris III. Le chef de l’État a ensuite exposé à son hôte l’évolution de la conjoncture au Liban sur les différents plans, évoquant, entre autres, les préparatifs en vue des prochaines élections législatives ainsi que le développement des relations du Liban avec le monde extérieur. Le président Sleiman a affirmé à cet égard que les rapports avec la Syrie « sont sur la bonne voie, ce qui se manifeste par la décision d’établir des relations diplomatiques et d’échanger des ambassadeurs d’ici à la fin de l’année ».
En réponse à une question de M. Leterme concernant le dossier des fermes de Chebaa, le chef de l’État a indiqué que « le communiqué conjoint publié au terme du sommet (libano-syrien) avec le président syrien Bachar el-Assad a évoqué explicitement la libanité des fermes » de Chebaa. « Il s’agit là d’une position syrienne claire », a souligné le président Sleiman qui a ajouté, en ce qui concerne la délimitation des frontières : « La position syrienne actuelle affichée est que cette délimitation est tributaire de la fin de l’occupation des fermes de Chebaa. »
Les indications
de Leterme
À l’issue de la réunion, le Premier ministre belge a indiqué qu’il avait notamment évoqué avec le président Sleiman la question des prochaines élections législatives. « Le mécanisme de ces élections a été effectivement enclenché, a déclaré M. Leterme. Les élections auront lieu. Nous avons discuté du mécanisme d’apaisement en cours et nous avons encouragé l’action des institutions sur le plan des préparatifs en rapport avec ces élections. »
Mettant l’accent sur le soutien de son pays au Liban, M. Leterme a précisé qu’il était prévu au départ que le mandat du contingent belge de la Finul serait limité à six mois, « mais nous avons décidé de prolonger cette mission jusqu’à la fin de l’année 2009 ». « Nous avons indiqué au président de la République qu’au début, la mission de cette force était limitée à des actions de défense, mais aujourd’hui, elle mènera d’autres actions, telles que la réfection de bâtiments au Liban-Sud, a déclaré M. Leterme. La Belgique a consacré 3 millions d’euros à cette fin. Dans ce cadre, un hôpital provisoire sera transformé en hôpital permanent. J’ai constaté avec satisfaction que l’action du contingent belge est très appréciée des Libanais, notamment en ce qui concerne le déminage. J’ai discuté avec le président Sleiman des deux dossiers de la coopération et du développement, et j’ai souligné l’importance qu’ils revêtent pour nous. »
M. Leterme a rappelé à ce propos que lors de la conférence Paris III, la Belgique avait accordé un montant de 20 millions d’euros d’aide au Liban, dont 10 millions d’euros pour l’exécution de divers projets, notamment dans la Békaa, en sus de la contribution à la reconstruction du camp de Nahr el-Bared. Mettant l’accent sur l’importance du renforcement de la coopération économique bilatérale, le Premier ministre belge a indiqué sur ce plan qu’une délégation économique belge effectuera une visite à Beyrouth en mai prochain et que des pourparlers seront entrepris afin de signer un accord sur la double imposition.
Au Grand Sérail, à Jbeil et au Sud
À l’issue de sa réunion au palais de Baabda, le Premier ministre belge s’est rendu à Aïn el-Tiné où il a conféré avec M. Berry en présence du conseiller du chef du Législatif, Ali Hamdane. M. Leterme a indiqué à l’issue de l’entrevue que le président de la Chambre lui avait exposé ses observations pour ce qui a trait aux prochaines élections dans la région, notamment en Israël et au Liban.
M. Leterme a ensuite tenu au Grand Sérail une réunion avec M. Siniora, suivie d’une séance de travail qui a groupé, côté belge, le ministre Charles Michel et l’ambassadeur de Belgique, et côté libanais, les ministres Faouzi Salloukh, Mohammad Chatah et Khaled Kabbani, le président du Conseil du développement et de la reconstruction, Nabil Jisr, le secrétaire général par intérim du palais Bustros, l’ambassadeur William Habib, le secrétaire général du Conseil supérieur de défense, le général Saïd Eid, et le président du comité de dialogue libano-palestinien, Khalil Mekkaoui.
Au terme de cette réunion, MM. Siniora et Leterme ont tenu une conférence de presse conjointe au cours de laquelle M. Siniora a mis l’accent sur l’importance de l’aide accordée par la Belgique au Liban dans différents domaines et en diverses circonstances.
De son côté, M. Leterme a indiqué qu’il avait évoqué avec son interlocuteur le soutien nécessaire à « l’action politique en cours sur les plans du gouvernement et de la présidence afin d’instaurer la stabilité dans cette partie importante du monde ». « En tant qu’États européens, nous persévérons sur cette voie par le biais de notre présence au Conseil de sécurité et d’autres initiatives », a souligné le Premier ministre belge qui a indiqué que la position de la Belgique concernant le Liban est axée sur trois points fondamentaux : la présence militaire au niveau de la Finul, qui s’inscrit dans le cadre des efforts visant à « instaurer une paix durable dans la région, notamment au Liban » ; la coopération dans le domaine du développement ; la coopération économique, à la lumière du « grand intérêt manifesté par les entreprises et les hommes d’affaires belges pour le Liban, en dépit de la crise financière et économique internationale ». M. Leterme a précisé que plusieurs accords de coopération seront mis à exécution au cours des prochains mois afin d’attirer des investissements belges et de concrétiser l’engagement pris par la Belgique lors de la conférence Paris III. Les ministres des Finances des deux pays tiendront dans ce cadre une réunion en février prochain afin de signer un accord de coopération.
En réponse à une question, le Premier ministre belge a, par ailleurs, souligné « l’importance de l’action menée par le gouvernement libanais depuis six mois ». « Nous espérons aboutir à une situation de stabilité et de paix permanentes, a déclaré M. Leterme. Nous estimons que les mesures prises jusqu’à présent peuvent garantir ce processus. Nous sommes prêts à soutenir les efforts du gouvernement afin d’aboutir à une paix durable et un apaisement total que le peuple libanais mérite. »
Signalons, par ailleurs, que le Premier ministre belge s’est rendu samedi au mausolée de Rafic Hariri, à la place des Martyrs, en compagnie de M. Siniora. Il a ensuite visité Jbeil et les différents vestiges et sites archéologiques de la ville.
Dans la journée d’hier, avant de clôturer sa visite, M. Leterme a inspecté au Liban-Sud le contingent belge de la Finul. Dans une déclaration à la presse, il a souligné à cette occasion la nécessité de faire pression sur Israël afin qu’il se retire de la partie libanaise de Ghajar.
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La visite officielle d’un peu plus de quarante-huit heures que le Premier ministre de Belgique, Yves Leterme, a effectuée le week-end écoulé au Liban a donné un nouvel élan au soutien concret que Bruxelles affirme vouloir accorder au pays du Cèdre dans différents domaines, socio-économique, politique, et militaire, par le biais notamment d’un renforcement de la coopération bilatérale sur les plan économique et du développement, parallèlement à la décision de Bruxelles...