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Thaïlande Les opposants sommés de quitter l’aéroport Don Mueang de Bangkok

Les manifestants refusent de négocier avec la police. La police de Bangkok a sommé hier des manifestants de quitter un aéroport où ils sont retranchés. « Les manifestants et leurs leaders doivent » évacuer l’aéroport Don Mueang, « faute de quoi les forces de l’ordre prendront » toutes les « mesures nécessaires », a affirmé le chef de la police métropolitaine de Bangkok, le commandant Suchart Mueankaeo, dans un premier avertissement officiel. Cette fermeté affichée tranche avec le discours des autorités qui ont répété à l’envi qu’elles privilégiaient le dialogue. Le Premier ministre Somchai Wongsawat a encore réaffirmé que tout sera fait pour éviter une confrontation. « Le gouvernement ne veut causer ni violence ni victimes », a-t-il dit depuis la ville de Chiang Mai (Nord) où il a décidé de rester jusqu’à nouvel ordre en raison de « tensions » avec l’armée. Le commandant adjoint de la police régionale, Piya Sorntrakoon, avait affirmé plus tôt que les manifestants avaient accepté des pourparlers, ce que le leader royaliste de « l’Alliance du peuple pour la démocratie » (PAD) a fermement démenti. « Le Premier ministre m’a contacté aujourd’hui pour négocier. Il n’y aura pas de négociations. S’ils veulent intervenir, qu’ils n’hésitent pas », a lancé l’opposant Sondhi Limthongkul qui dit aussi avoir conseillé à M. Somchai de « s’exiler en Birmanie dans les 48 heures ». Un peu plus tôt, le chef du gouvernement avait limogé l’un des plus hauts responsables des forces de sécurité. « Le Premier ministre a ordonné le transfert du chef de la police nationale, le général Patcharawat Wongsuwan », a annoncé un communiqué officiel sans en donner la raison. Cependant, le porte-parole du gouvernement, Nattawut Saikuar, a affirmé à une télévision locale que le chef du gouvernement avait pris cette décision « au regard de la façon dont il (Patcharawat Wongsuwan) a géré la situation ». Les autorités cherchent désespérément une porte de sortie à cette crise qui paralyse le pays et engendre de gigantesques pertes financières en ce début de saison touristique. M. Somchai avait proclamé jeudi l’état d’urgence autour des aéroports occupés de Suvarnabhumi (vols internationaux) et Don Mueang (vols intérieurs). Cette mesure d’exception, géographiquement limitée, confère des pouvoirs étendus aux forces de sécurité pour y rétablir l’ordre. Les manifestants ont juré de lutter « jusqu’à la mort » si la police tentait de les déloger des aéroports où des enfants sont présents. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a exprimé sa « profonde inquiétude » à leur sujet, exhortant les opposants à assurer leur sécurité. Alors que la situation politique restait grippée, des touristes piégés en Thaïlande ont commencé à quitter au compte-gouttes le « Pays des sourires » depuis une base militaire. « Aujourd’hui (vendredi), environ 40 vols vont arriver et partir d’U-Tapao », a expliqué un responsable de l’aviation thaïlandaise. U-Tapao avait été utilisée par les Américains pendant la guerre du Vietnam. M. Somchai est le beau-frère du dirigeant déchu Thaksin Shinawatra, renversé en 2006 par l’armée après avoir gouverné la Thaïlande pendant plus de cinq ans. Il vit aujourd’hui en exil, mais ses lieutenants sont revenus au pouvoir à la faveur d’élections législatives en décembre 2007. Les opposants de la PAD disposent de puissants soutiens dans l’armée, parmi les juges et au palais royal. M. Somchai a jusqu’à ce jour exclu toute démission.
Les manifestants refusent de négocier avec la police.
La police de Bangkok a sommé hier des manifestants de quitter un aéroport où ils sont retranchés. « Les manifestants et leurs leaders doivent » évacuer l’aéroport Don Mueang, « faute de quoi les forces de l’ordre prendront » toutes les « mesures nécessaires », a affirmé le chef de la police métropolitaine de Bangkok, le commandant Suchart Mueankaeo, dans un premier avertissement officiel.
Cette fermeté affichée tranche avec le discours des autorités qui ont répété à l’envi qu’elles privilégiaient le dialogue. Le Premier ministre Somchai Wongsawat a encore réaffirmé que tout sera fait pour éviter une confrontation. « Le gouvernement ne veut causer ni violence ni victimes », a-t-il dit depuis la ville de Chiang Mai (Nord) où il a décidé...