Plusieurs extrémistes, dont un Pakistanais, arrêtés ; un des deux hôtels pris en otages pratiquement libéré.
Les forces de sécurité ont déclenché une opération hier contre les islamistes ayant pris des otages à Bombay, affirmant avoir pratiquement libéré un des deux hôtels occupés, au lendemain d’une série d’attaques qui ont ciblé en particulier des étrangers et fait au moins 125 morts dans la capitale économique de l’Inde. Près de 300 personnes ont en outre été blessées.
La mégapole de l’ouest de l’Inde, centre financier de la dixième puissance économique mondiale, a été le théâtre mercredi d’une série d’attaques spectaculaires, coordonnées et menées par des hommes armés de fusils d’assaut et de grenades, qui ont visé les hôtels Oberoi/Trident et Taj Mahal, ainsi que huit autres cibles, dont la gare centrale et un hôpital.
Un haut responsable indien a annoncé en soirée que l’opération des forces de sécurité à l’hôtel Taj Mahal était pratiquement terminée et qu’il n’y restait plus qu’un islamiste blessé. D’autres sources affirmaient que tous les preneurs d’otages y avaient été tués et que policiers et commandos de l’armée continuaient de progresser à l’Oberoi/Trident. Des tirs et explosions ont été entendus tout au long de la journée aux abords des deux hôtels. D’après le chef de la garde nationale, deux islamistes se trouvaient toujours au 8e étage de cet hôtel.
Un incendie s’est déclaré à l’Oberoi, où étaient encore bloquées dans la journée près de 200 personnes, dont quinze à vingt-cinq Français (selon le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner), dix à vingt Israéliens, voire plus (selon l’ambassade d’Israël à New Delhi), sept Italiens, parmi lesquels un bébé (selon le ministère italien des Affaires étrangères) et sept membres d’équipage de South African Airways (SAA).
La police de Bombay a déclaré hier soir qu’il n’y avait en revanche plus aucun otage au Taj Mahal.
Des témoins ont souligné que les assaillants avaient pris en priorité en otages des Britanniques et des Américains.
Des hommes armés étaient également retranchés dans un troisième immeuble, la Nariman House, un complexe résidentiel et de bureaux abritant un centre juif.
Des otages, dont un rabbin, semblaient toujours se trouver hier dans le centre religieux juif orthodoxe, Beit Chabad. Sept d’entre elles ont été libérées, a affirmé un responsable de la sécurité. Parallèlement, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères Yossi Lévy a souligné qu’« il n’y a ni blessé ni mort israélien dans les listes fournies par les hôpitaux de Bombay ».
Une dizaine d’étrangers figurent parmi les personnes tuées, dont un Japonais, un Australien, un Britannique, un Italien et un Allemand. Au moins onze autres étrangers ont été blessés, originaires notamment du Royaume-Uni, d’Australie, des États-Unis, d’Espagne, de Norvège, du Canada et de Singapour.
Par ailleurs, les services de sécurité indiens ont arrêté trois extrémistes, dont un ressortissant pakistanais, dans un des hôtels de Bombay, a indiqué hier l’agence de presse indienne PTI. Citant des sources officielles, l’agence précise que les arrestations ont eu lieu dans l’hôtel Taj Mahal. Le Pakistanais est présenté comme étant Ajmal Amir Kamal, un habitant de Faridkot, au Pakistan. L’agence affirme également que les extrémistes sont membres du Lashkar-e-Taiba, un groupe armé islamiste basé au Pakistan et connu notamment pour avoir attaqué le Parlement indien en 2001.
Selon l’agence, le Pakistanais a déclaré aux enquêteurs indiens que le groupe de 12 extrémistes auquel il appartenait avait été conduit par un navire marchand à environ 10 milles nautiques de la limite des eaux territoriales indiennes et avait gagné Bombay à bord d’un petit hors-bord.
En outre, deux navires de commerce pakistanais ont été arraisonnés au large des côtes de l’État indien du Gujerat, au nord de Bombay, a annoncé l’agence indienne PTI, citant des sources au ministère de l’Intérieur. La marine indienne avait fait état de soupçons selon lesquels les auteurs des attaques étaient arrivés à bord d’une vedette rapide elle-même en provenance d’un bateau de plus fort tonnage.
Un haut responsable militaire indien a affirmé que les assaillants étaient venus du Pakistan, Islamabad a aussitôt rejeté ces accusations (voir l’analyse).
Ces actions ont été revendiquées au nom d’un groupe islamiste se présentant comme les Moujahidine du Deccan, le plateau qui couvre une grande partie du centre et du sud de l’Inde. Depuis trois ans, l’Inde est frappée environ tous les trois mois par un attentat, dont le rythme semble toutefois s’accélérer depuis novembre 2007.
Enfin, la Bourse de Bombay est restée fermée hier, tout comme les écoles et les magasins.
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Les forces de sécurité ont déclenché une opération hier contre les islamistes ayant pris des otages à Bombay, affirmant avoir pratiquement libéré un des deux hôtels occupés, au lendemain d’une série d’attaques qui ont ciblé en particulier des étrangers et fait au moins 125 morts dans la capitale économique de l’Inde. Près de 300 personnes ont en outre été blessées.
La mégapole de l’ouest de l’Inde, centre financier de la dixième puissance économique mondiale, a été le théâtre mercredi d’une série d’attaques spectaculaires, coordonnées et menées par des hommes armés de fusils d’assaut et de grenades, qui ont visé les hôtels Oberoi/Trident et Taj Mahal, ainsi que huit autres...