Alors qu’Obama dévoile son plan de bataille, les marchés boursiers se montrent euphoriques.
Alors que le président élu américain Barack Obama a dévoilé la composition de son équipe économique qui affrontera la crise, les Européens mettent au point dans la cacophonie leur plan de relance.
Devant les efforts des gouvernants pour tenter de trouver des remèdes, et quel que soit leur désordre, les marchés se sont montrés euphoriques : les places européennes ont clôturé sur des hausses record, dépassant les 10 % à Paris et Francfort, et les approchant à Londres.
Aux États-Unis, M. Obama a confirmé son intention de relancer la machine économique. « Ces tensions extraordinaires sur notre système financier demandent des réponses politiques extraordinaires », a-t-il affirmé, promettant de lancer son plan de relance économique aussitôt que le nouveau Congrès se sera réuni début janvier. Barack Obama a confirmé la nomination de Timothy Geithner comme secrétaire au Trésor dans sa future administration. L’ex-secrétaire au Trésor du président Bill Clinton, Lawrence Summers, 53 ans, est quant à lui nommé directeur du Conseil économique national, il sera ainsi le principal conseiller économique du président. « Nous allons devoir tendre la main aux autres pays du monde pour élaborer une réponse mondiale » à la crise, a déclaré M. Obama, qui prendra ses fonctions le 20 janvier à la Maison-Blanche.
Coté européen, le Premier ministre britannique Gordon Brown a encore une fois pris les devants, au risque de diviser ses partenaires de l’Union européenne. Son gouvernement a décidé jusqu’en 2010 une baisse de 2,5 points du taux de TVA national, actuellement à 17,5 %, pour contrer les risques de récession. Le plan de relance budgétaire, annoncé par le ministre britannique des Finances Alistair Darling, est évalué à 20 milliards de livres, soit l’équivalent de 1 % du produit intérieur brut du Royaume-Uni.
Une baisse généralisée de la TVA suggérée au plan européen n’est pas du goût de l’Allemagne, comme l’a souligné la chancelière allemande Angela Merkel après une rencontre avec le chef d’État français Nicolas Sarkozy. « Aujourd’hui, nous avons mis les points communs au centre de nos échanges. Et parmi ces points communs, je crois pouvoir dire qu’une baisse générale de la TVA, qui est peut-être la réponse pour certains pays, n’est pas la bonne réponse pour la France et l’Allemagne », a déclaré Mme Merkel lors d’une conférence de presse. « La France partage l’analyse de l’Allemagne », a renchéri M. Sarkozy, comme pour masquer un certain embarras de Berlin qui a récemment remonté son taux de TVA de base. Mme Merkel a estimé en outre avoir déjà « fait son devoir » européen en engageant 32 milliards d’euros sur deux ans pour son économie, refusant jusqu’ici de remettre en cause son quasi-équilibre budgétaire pour financer d’autres mesures. Si la France et l’Allemagne se sont accordées lundi pour coordonner leurs efforts de relance, Nicolas Sarkozy n’a pas convaincu Angela Merkel de mettre la main à la poche pour soutenir le plan européen concocté à Bruxelles.
Dans ce contexte, la Commission finalise ses propositions de soutien à l’activité dans l’UE. Ces mesures représenteraient au moins 1 % du produit intérieur brut européen, soit quelque 130 milliards d’euros, un montant peu conséquent comparé aux 700 milliards de dollars avancés par la presse pour les États-Unis. « Le Fonds monétaire international (FMI) a lui-même recommandé aux pays qui ont la marge pour le faire de stimuler la demande et l’investissement à travers la dépense et l’investissement public. C’est ce que nous allons faire », a promis le président de l’exécutif européen, José Manuel Barroso. Le président français a conclu le dixième Conseil des ministres franco-allemand en résumant d’une phrase lapidaire les positions des deux pays concernant ces mesures que la Commission européenne doit proposer mercredi aux 27 : « La France y travaille, l’Allemagne y réfléchit. »
Le gouvernement US vole au secours de Citigroup
Mais avant l’entrée en vigueur de ces différents plans de relance, les autorités continuent leurs opérations de sauvetages ponctuels. Ainsi les États-Unis ont volé au secours de Citigroup, en lui apportant une garantie de 306 milliards de dollars sur ses actifs à risque contre une entrée dans son capital.
De son côté, le président américain George W. Bush a déclaré hier que son administration pourrait prendre si nécessaire d’autres mesures comme celles en faveur de Citigroup pour préserver le système financier et qu’il en informerait à chaque fois le président élu Barack Obama.
Enfin, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, a reconnu avoir sous-estimé l’impact de la crise immobilière aux États-Unis sur l’ensemble de l’économie, dans un entretien au magazine hebdomadaire The New Yorker.
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Alors que le président élu américain Barack Obama a dévoilé la composition de son équipe économique qui affrontera la crise, les Européens mettent au point dans la cacophonie leur plan de relance.
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