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Campagne préélectorale Berry : Il faudra voter pour « l’histoire du Liban résistant »

C’est une véritable feuille de route préélectorale que le chef du Parlement a adressée hier aux partisans du 8 Mars en général et aux siens en particulier, au cours d’une cérémonie de promotion de jeunes cadres du mouvement Amal, à Msayleh. « Je suis convaincu qu’il n’est pas difficile d’aboutir, sans chocs, à une société civile saine sur le territoire libanais », a ainsi assuré Nabih Berry, en se basant sur neuf arguments. Un : grâce « au citoyen, qui a longtemps contribué à l’édification d’une patrie sans cesse soumise au communautarisme, au confessionnalisme et au sectarisme de la part de certains leaders qui ont utilisé ces citoyens comme des barricades ou des sacs de sable afin de servir leurs intérêts ». Deux : grâce « à l’armée », dont il a loué l’unicité et « la même éducation nationale ». Trois : grâce à « une économie libre » et « programmée » et par le biais d’un État qui « parraine » sans « faire du commerce » ; une économie libre caractérisée par « la protection du consommateur » et non par « le diktat du capitalisme ». Quatre : grâce à « une même culture » ; une culture « globale », basée sur « la même définition de la patrie, du citoyen, du civisme, de la capitale et des frontières » du Liban. Une même culture donc, à laquelle on rajoute « des cultures optionnelles », à condition qu’elles soient d’inspiration nationale. Ce « pluralisme » culturel sera « bénéfique » pour « les échanges » et « l’unité ». Cinq : grâce à la primauté de la justice dans son sens le plus « global » et à tous les niveaux : judiciaire, économique, politique et moral. Six : grâce à une allégeance « nationale », patriotique « et non pas confessionnelle » en faveur du Liban, surtout que cette allégeance nationale est « la condition minimale » du civisme. Pour que le citoyen ait cette allégeance-là, il faut qu’il sache que sa patrie passe avant tout autre considération, que c’est d’elle « qu’il puise sa dignité ». Il faut aussi que la patrie « donne au citoyen bien plus que ce qu’il reçoit de sa communauté ». Sept : en martelant que le Liban « n’existe pas sans libertés politiques », lesquelles s’appuient sur « la liberté de penser et d’exprimer son opinion ». Huit : grâce à une nouvelle définition de la démocratie, qui serait bien plus un art ou une « méthode de vie », plutôt qu’une « simple opération de routine ». Neuf : grâce à une nouvelle conception de la coexistence, qui « ne doit pas se limiter à des relations de bon voisinage », mais devenir une « fusion » basée sur « un respect et une confiance réciproques » entre les Libanais, censés alors assumer « ensemble » les diverses responsabilités qui sont les leurs et « se partager » les intérêts et autres dividendes. Le panégyrique à la Syrie Et Nabih Berry d’expliquer aux jeunes cadres d’Amal que si l’on veut en finir avec les séquelles de la crise politique et les événements de l’année écoulée, il n’y a qu’un moyen : « Passer par les voies démocratiques, rejeter la violence, recourir au projet de l’État, sacraliser l’État et les rôles qu’il est censé jouer », en assurant la primauté de l’entente « stipulée par l’accord de Doha » et en appliquant « stricto sensu, sans arbitraire aucun, l’accord de Taëf, loin des logiques de monopole et d’hégémonie ». « C’est sur ces bases que nous attendons les élections législatives à venir et qui se tiendront, nous l’espérons, dans le calme », a-t-il immédiatement enchaîné, appelant les Libanais à « revenir à leur conscience et non pas à l’argent électoral, à la corruption », ou aux promesses impossibles à tenir. Il a ainsi appelé les jeunes cadres de son mouvement à faire en sorte, au prochain scrutin, de pousser les électeurs « à prendre massivement parti », et « sans la moindre hésitation » ; c’est-à-dire à voter pour « l’histoire du Liban résistant », pour « la géographie arabe du Liban », pour « le refus de l’isolationisme ». Pour Nabih Berry, les électeurs doivent « se souvenir » que le Liban tombe pile poil sur « la ligne de démarcation géographique et historique avec la Palestine et sa naqba, avec les espérances du peuple palestinien et ses droits – surtout son droit à la libération de son territoire et à l’édification de l’État palestinien dont la capitale sera Jérusalem », a-t-il insisté. Le président de la Chambre a également demandé à ses partisans de rappeler aux électeurs, au printemps prochain, que face au Liban, « il y a Israël au Sud et la mer à l’Ouest » ; quant à la Syrie, « elle constitue la profondeur stratégique du Liban. La Syrie est notre sœur, notre partenaire aux niveaux géographique, historique, linguistique, au niveau des souffrances, des espérances et des intérêts ». Khreiss Signalons par ailleurs que le député Ali Khreiss, membre du bloc Amal, a souligné hier que le camp du 8 Mars allait mener les prochaines élections fort de listes politiques communes à l’échelle du pays, « même si la loi de 1960 nous oblige à prendre le caza en considération », a-t-il déploré. Et d’enchaîner sur la « réelle crise » que traverse le Liban : le « confessionnalisme », qui a transformé le pays en « régions, en ruelles et en impasses », et les Libanais en « ennemis », à l’heure où « tout le monde est conscient que ces diverses confessions sont un bienfait ».
C’est une véritable feuille de route préélectorale que le chef du Parlement a adressée hier aux partisans du 8 Mars en général et aux siens en particulier, au cours d’une cérémonie de promotion de jeunes cadres du mouvement Amal, à Msayleh.
« Je suis convaincu qu’il n’est pas difficile d’aboutir, sans chocs, à une société civile saine sur le territoire libanais », a ainsi assuré Nabih Berry, en se basant sur neuf arguments.
Un : grâce « au citoyen, qui a longtemps contribué à l’édification d’une patrie sans cesse soumise au communautarisme, au confessionnalisme et au sectarisme de la part de certains leaders qui ont utilisé ces citoyens comme des barricades ou des sacs de sable afin de servir leurs intérêts ».
Deux : grâce « à l’armée », dont il a loué l’unicité et « la même...