Le Premier ministre français, François Fillon, a clôturé hier sa tournée au Liban par une visite au Sud, après avoir parrainé la signature de plusieurs accords de coopération entre Paris et Beyrouth.
Au cours de son séjour au Liban, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy a rencontré les hauts responsables du pays, visité le contingent français de la Finul et parrainé la signature de plusieurs accords de coopération économique et militaire entre le Liban et la France.
François Fillon a entamé sa journée d’hier par une visite matinale à la sépulture de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, au centre-ville, en compagnie du président du Conseil, Fouad Siniora, et du chef du Courant du futur, Saad Hariri. Le Premier ministre français a posé une gerbe sur la tombe devant laquelle il s’est recueilli un moment.
À l’issue de la visite, Saad Hariri a déclaré à la presse que « la France ne modifiera pas sa politique à l’égard du Liban libre et indépendant ». « Certaines forces régionales parient sur des changements au niveau international. Il reste que les États (occidentaux) sont démocratiques et croient aux droits de l’homme », a-t-il poursuivi.
Ensuite, peu avant midi, François Fillon a rencontré le président de la Chambre, Nabih Berry, au siège du Parlement, en présence de l’ambassadeur de France, André Parant. La délégation française a visité le siège de l’Assemblée et notamment l’hémicycle où elle a été applaudie par les jeunes qui s’apprêtaient à discuter avec Nabih Berry (voir par ailleurs).
Au Sérail
Le chef du gouvernement français s’est ultérieurement rendu au Grand Sérail où il a passé en revue, avec Fouad Siniora, les moyens de renforcer la coopération économique et commerciale entre le Liban et la France. Les deux Premiers ministres ont ensuite participé à une rencontre élargie qui a été suivie d’un débat entre les responsables libanais et la délégation d’hommes d’affaires français.
Au début de la séance, Fouad Siniora a pris la parole pour saluer « les relations exceptionnelles qui unissent le Liban et la France » ainsi que le « soutien continu » de Paris à Beyrouth. « Nous souhaitons renforcer la coopération entre les secteurs privés de nos deux pays qui doivent refléter la solidité des relations historiques entre la France et le Liban. Nous comprenons que vous êtes fortement intéressés par les risques politiques, économiques et sécuritaires du pays, a-t-il ajouté à l’adresse des chefs d’entreprise français. Nous nous devons de rappeler que le Liban dispose d’atouts exceptionnels qui lui permettront toujours de surmonter toute crise (…) tout en persévérant dans le chemin de la croissance. »
Pour sa part, François Fillon a estimé que « la tolérance des esprits, le sens de l’audace, le goût de tous les échanges, l’esprit d’indépendance et de résistance ont composé une culture millénaire au Liban ». « Par-delà la signature de textes et de conventions bilatérales, (ma rencontre avec le Premier ministre Siniora) a permis de vérifier une fois de plus notre proximité de vues et notre volonté commune de travailler ensemble pour renforcer la coopération entre nos deux pays. (…) La France se tient aux côtés du Liban », a-t-il poursuivi.
« Le président Sleiman sait qu’il bénéficie du soutien entier de la France (dans la poursuite de la réconciliation internationale). (…) La France se dit prête, si le gouvernement libanais le désire, à apporter son concours technique au scrutin » du printemps 2009, a également souligné le locataire de Matignon.
« L’intérêt de tous plaide pour la normalisation rapide des rapports entre le Liban et la Syrie, a-t-il en outre ajouté. L’ouverture d’une ambassade syrienne à Beyrouth a été annoncée. Elle doit signer une reconnaissance claire et nette de l’indépendance du pays. Nous attendons que son projet soit suivi d’effet avant la fin de l’année, conformément aux engagements pris. D’autres mesures indispensables doivent l’accompagner au plus tôt : délimitation de la frontière, renforcement de son contrôle, traitement du dossier si douloureux des disparus… La renaissance libanaise passe par celle de l’État libanais souverain. Elle passe aussi par le refus de l’impunité. C’est pourquoi la France apporte son plein soutien à la formation du tribunal international. »
François Fillon a aussi félicité les sociétés CMA CGM, 3e groupe mondial du transport maritime, et ADPI qui développe des plates-formes aéroportuaires, de leur décision d’implanter leurs sièges régionaux à Beyrouth. Il a fait part de la signature d’un avenant « qui permettra, dès 2009, le versement d’une 2e tranche de soutien budgétaire de 125 millions d’euros, en élargissant les critères d’attribution de la ligne de crédit concessionnel aux PME libanaises, pour 125 autres millions ». « D’autres accords importants complètent le document-cadre (signé jeudi) », a-t-il précisé.
Le Premier ministre français s’est en outre dit « séduit » par la proposition du président de la République, Michel Sleiman, de créer un centre de recherche méditerranéen au Liban, dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée.
« Pour faciliter le développement du commerce courant, a-t-il annoncé, la Coface, assureur des entreprises françaises à l’international, rouvrira dès 2009 sa couverture en moyen terme pour les contrats importants (avec le Liban). Cette extension de la garantie de l’État français vient s’ajouter à l’encours actuel de 200 millions d’euros pour les opérations commerciales régulières de court terme. »
Et François Fillon de conclure : « Notre attachement au Liban libre, souverain et démocratique est indéfectible. Notre amitié ancienne scelle notre avenir commun. »
Dans le Sud
François Fillon s’est rendu auprès du contingent français de la Finul et s’est félicité « des progrès » de la paix au Liban tout en insistant sur son caractère « fragile ». Le chef du gouvernement français s’est rendu au camp de Tiri, à dix kilomètres de la frontière israélienne où est stationnée une partie des 1 900 hommes du contingent français.
« Beaucoup reste à bâtir au Liban-Sud. La paix n’est pas entièrement ni définitivement acquise. Mais chaque jour des progrès s’accomplissent », a estimé François Fillon qui a passé plus d’une heure sur la base militaire des Casques bleus. Même si le survol régulier de l’armée israélienne et l’arsenal en possession du Hezbollah sont des facteurs « inquiétants », « on revient de très loin », a-t-il ajouté.
« La situation politique du Liban s’est nettement améliorée depuis le déploiement renforcé en 2006, mais cette paix encore fragile nous invite à intensifier notre effort dans tous les domaines », a-t-il affirmé.
Coup de fil à Sfeir
Avant son départ de Beyrouth, François Fillon a contacté le patriarche maronite Nasrallah Sfeir avec lequel il a passé en revue les derniers développements de l’actualité. Le Premier ministre français a présenté ses excuses de ne pas avoir pu visiter Bkerké, « par manque de temps ».
Dès son retour de sa visite aux Casques bleus, vers 17 heures, le Premier ministre français s’est rendu à l’aéroport de Beyrouth à bord d’un hélicoptère de la Finul. Il a tenu une réunion à huis clos avec Fouad Siniora, avant de quitter Beyrouth.
Par ailleurs, la France serait prête à envoyer des observateurs pour superviser les élections législatives qui se tiendront au Liban au printemps 2009, selon l’entourage du Premier ministre français. L’aide de la France au Liban « pourrait relever de l’organisation de ces élections ou bien par l’envoi d’observateurs, éventuellement dans un cadre européen », a indiqué à l’AFP une source au sein de la délégation.
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Au cours de son séjour au Liban, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy a rencontré les hauts responsables du pays, visité le contingent français de la Finul et parrainé la signature de plusieurs accords de coopération économique et militaire entre le Liban et la France.
François Fillon a entamé sa journée d’hier par une visite matinale à la sépulture de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, au centre-ville, en compagnie du président du Conseil, Fouad Siniora, et du chef du Courant du futur, Saad Hariri. Le Premier ministre français a posé une gerbe sur la tombe devant laquelle il s’est recueilli un...