La Russie est sans doute plus affectée par la crise financière que ses dirigeants ne veulent bien l’admettre, mais elle a les moyens de rebondir une fois l’orage passé et même de tirer parti de l’épreuve, ont estimé cette semaine des experts et des hommes d’affaires étrangers.
S’il n’est pas question pour l’instant de récession en Russie, les économistes font de plus en plus grise mine devant les statistiques, après une décennie passée à caracoler en tête des pays du G8.
Une source gouvernementale, citée par l’agence RIA Novosti, a averti que la croissance russe pourrait tomber à 2 % « ou moins » en 2009, là où les autorités attendaient encore récemment 6,7 %.
La Banque mondiale, dans un rapport paru mardi, est à peine plus encourageante : elle a revu en baisse ses prévisions 2008 et 2009 à 6 % (contre 6,8 % auparavant) et 3 % (contre 6,5 %).
Initialement frappée surtout au portefeuille par la dégringolade des cours du pétrole et les fuites de capitaux, la Russie voit l’un de ses principaux moteurs de croissance, la consommation des ménages, menacée par la baisse des revenus et la hausse du chômage, souligne la banque.
De quoi donner des sueurs froides aux investisseurs, ont reconnu des hommes d’affaires étrangers lors d’une conférence mardi à ce sujet.
« Certains analystes disent que la Russie pourrait figurer parmi les principaux perdants de la crise financière mondiale. Elle est particulièrement vulnérable à l’effondrement général de la confiance », a reconnu Rainer Hartmann, président de l’Association of European Business, qui regroupe de grandes entreprises étrangères en Russie.
Marc Franco, chef de la Délégation de la Commission européenne en Russie, note de son côté que le pays, épargné par la crise jusqu’à la mi-2008, a ensuite accumulé les déboires : « À l’heure qu’il est, la Russie est sans doute plus affectée par la crise qu’elle n’est prête à l’admettre, et l’impact sur l’économie réelle est plus fort qu’il ne paraît dans les chiffres officiels. »
« Mais bien sûr, nous sommes loin de devoir parler de récession en Russie », a-t-il ajouté, soulignant que les fondamentaux du pays demeurent « très solides ».
Le président du groupe automobile Volvo en Russie, David Thomas, tout en admettant que le marché russe, jusque-là météorique, a brusquement ralenti et menace de passer dans le rouge, préfère voir plus loin.
« C’est un marché où il faut être dans le long terme. Il ne faut pas s’effrayer à cause d’un semestre difficile », a-t-il assuré lors de la conférence.
Un représentant du groupe pharmaceutique Novartis a émis un avis similaire, soulignant que la Russie demeurait à ses yeux un « marché très stratégique ».
Marc Franco va plus loin, estimant que la crise fournit à la Russie « l’occasion de créer une base économique plus solide, avec une économie diversifiée, et dans laquelle la corruption et la bureaucratie seraient éliminées ».
Rappelant que le président Dmitri Medvedev avait à plusieurs reprises dans le passé critiqué l’Organisation mondiale du commerce (OMC), il a saisi l’occasion pour souligner que la Russie serait plus à l’aise pour réformer l’organisation une fois devenue l’un de ses membres.
La Banque mondiale dans son rapport juge aussi que la conjoncture russe devrait s’améliorer vers la fin de 2009 et que d’ici là, la crise représente une « chance de faire face aux défis de compétitivité, de diversification économique et de modernisation du secteur financier » qui se présentent à elle à moyen et long terme.
La Russie pourrait aussi économiser de 120 à 150 milliards de dollars par an en cessant de gaspiller l’énergie comme elle le fait actuellement, note la BM.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Russie est sans doute plus affectée par la crise financière que ses dirigeants ne veulent bien l’admettre, mais elle a les moyens de rebondir une fois l’orage passé et même de tirer parti de l’épreuve, ont estimé cette semaine des experts et des hommes d’affaires étrangers.
S’il n’est pas question pour l’instant de récession en Russie, les économistes font de plus en plus grise mine devant les statistiques, après une décennie passée à caracoler en tête des pays du G8.
Une source gouvernementale, citée par l’agence RIA Novosti, a averti que la croissance russe pourrait tomber à 2 % « ou moins » en 2009, là où les autorités attendaient encore récemment 6,7 %.
La Banque mondiale, dans un rapport paru mardi, est à peine plus encourageante : elle a revu en baisse ses prévisions 2008 et 2009...