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Déjà des spéculations sur la composition du prochain gouvernement Le commentaire d’Émile Khoury

Quel gouvernement verrait le jour après des législatives dont les résultats, trop serrés, ne dégageraient pas une nette majorité ? Un cabinet d’union nationale bis ? Une coalition de groupes minoritaires ? Une équipe de neutres ? Une formation représentant le camp qui aurait remporté le plus grand nombre de sièges sans pour autant atteindre les 51 % ? À ce stade, les pronostics comme les avis divergent au sein même de chacun des deux fronts principaux. Il advient même d’entendre un pôle déterminé émettre successivement deux opinions contradictoires. C’est le cas de Hassan Nasrallah. Il déclarait naguère que le vainqueur devrait gouverner en solo. Se ravisant, il a récemment avancé que la majorité future, quelle qu’elle soit, devrait coopter la minorité potentielle. Expliquant que, de la sorte, les décisions importantes seraient prises en partenariat national, sans qu’aucune fraction n’accapare seule le pouvoir et n’en discrimine l’autre. Fouad Siniora soutient pour sa part que la prochaine majorité devrait rester seule aux commandes. Qu’il s’agisse du Hezbollah ou d’une autre partie. Précisant que c’est là un avis personnel, il ajoute que c’est ce qu’implique et commande la notion même de démocratie. Et qu’il faut un seul capitaine à la barre, sinon le navire va à la dérive. Le député Walid Joumblatt se prononce, au contraire, pour une réédition de la formule cabinet d’entente. En soulignant cependant que, cette fois, il faudrait gommer la trouvaille anticonstitutionnelle, selon ses termes, du tiers de blocage. En réponse à une question, il indique que le président de la République a le droit de disposer d’un bloc parlementaire, mais envisagé comme solution médiane. Mais c’est Fouad Siniora qui reflète la tendance la plus prononcée au sein du 14 Mars. Nombre de cadres loyalistes soulignent, comme lui, que le principe démocratique ordonne que la majorité gouverne, assume la responsabilité, et que la minorité surveille, réclame des comptes et censure. Ils affirment, pour l’heure, que même si le 8 Mars devait gagner, et avec lui l’axe syro-iranien, ils ne lui demanderaient aucune participation au pouvoir. Détaillant leur position, les loyalistes répètent que l’absorption renouvelée de la potion Doha, labellisée cabinet d’union, induirait cette fois un accord préalable sur le plan d’une marche qui ne serait plus réduite à quelques mois, mais s’étendrait sur quatre ans. Autrement dit, l’Exécutif n’aurait plus de caractère passager, transitoire. Et il faudrait qu’il sache d’avance quel cap suivre, en base d’un contrat préalable sur le programme du gouvernement. Sans quoi l’État, miné par le manque de cohésion de son instance dirigeante, se trouverait désarticulé, plongé dans une anarchie paralysante. Ce raisonnement sous-entend un constat négatif : le 14 et le 8 Mars, dont les choix de fond restent manifestement inconciliables, qui défendent deux projets diamétralement opposés, ne sont manifestement pas en mesure de s’entendre sur un programme politique unifié de longue durée. Retour à Fouad Siniora. Dans sa réponse aux députés, lors du débat de confiance, il a appelé les Libanais « à retenir le seul choix de l’unité et de la solidarité nationales. Sans servir d’instruments aux autres qui les utilisent dans le cadre d’une lutte d’influence ». Moralement, le président Nabih Berry n’est pas très loin de cet avis. Sauf qu’il se cantonne à la dimension interne en déclarant que le Liban « ne doit pas être transformé en secteurs quadrillés et en lignes de démarcation électorales. Les réconciliations, souligne-t-il, sont plus que bonnes dans la mesure où elles permettent de ne pas entraîner les citoyens dans de funestes guerres froides ». Si froides elles restent, du reste…
Quel gouvernement verrait le jour après des législatives dont les résultats, trop serrés, ne dégageraient pas une nette majorité ? Un cabinet d’union nationale bis ? Une coalition de groupes minoritaires ? Une équipe de neutres ? Une formation représentant le camp qui aurait remporté le plus grand nombre de sièges sans pour autant atteindre les 51 % ?
À ce stade, les pronostics comme les avis divergent au sein même de chacun des deux fronts principaux. Il advient même d’entendre un pôle déterminé émettre successivement deux opinions contradictoires.
C’est le cas de Hassan Nasrallah. Il déclarait naguère que le vainqueur devrait gouverner en solo. Se ravisant, il a récemment avancé que la majorité future, quelle qu’elle soit, devrait coopter la minorité potentielle. Expliquant que, de la sorte, les...