Les marchés mondiaux sont repassés dans le rouge hier, l’optimisme suscité par le plan de relance en Chine cédant la place aux craintes pour la santé de l’économie et des entreprises, en particulier des géants automobiles General Motors et Ford.
La Bourse de New York creusait ses pertes peu après l’ouverture, et sur les places européennes, la baisse s’accélérait.
« Les craintes de récession mondiale sont de retour sur le devant de la scène, reléguant au second plan les efforts des gouvernements pour endiguer les difficultés », a estimé Jason Kunkel, de la société de recherche Moody’s Economy.com.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé hier les États à prendre des mesures budgétaires coordonnées, comme des baisses d’impôts et une augmentation des dépenses publiques.
« C’est comme cela que le monde relancera l’activité économique », a-t-il lancé, confirmant que la Grande-Bretagne allait accroître son endettement public pour financer des mesures de relance.
Ce discours a été relayé par le commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, qui a insisté sur la nécessaire coordination des réponses économiques des pays européens face à la crise, notamment dans le secteur automobile.
« Sans coordination, les plans adoptés au niveau national ne seront pas aussi efficaces qu’ils devraient l’être », a-t-il ajouté.
Dimanche, la Chine avait dévoilé un plan de relance de 455 milliards d’euros jusque fin 2010, afin de permettre à la demande intérieure de prendre le relais des exportations, dont la croissance se ralentit.
Mais la Bourse de Tokyo, qui avait flambé après cette annonce, a terminé hier en baisse de 3 %, tout comme Hong Kong, en recul de 4,77 %, Bombay (-6,61 %) et Shanghai (-1,66 %).
Les Bourses arabes, déprimées par la baisse des cours du brut et les rumeurs de pertes sur les investissements à l’étranger, ont chuté, notamment Dubaï (-7,3 %) et le marché saoudien (-5 %).
Les prix du pétrole étaient en baisse hier, passant sous les 59 dollars en séance à New York, dans un marché toujours inquiet des conséquences de la crise financière pour la demande de pétrole.
Alors que les moteurs de la croissance calent les uns après les autres, les États-Unis et l’Europe ont souhaité hier que le sommet du G20 envoie un « signal clair » sur la libéralisation du commerce mondial afin de stimuler les échanges.
« Avec de la détermination, un accord dans le cadre du cycle de Doha est à portée de main », a déclaré la commissaire européenne au Commerce, Catherine Ashton.
« Il est très important que la réunion du G20 à Washington le 15 novembre envoie un signal clair aux négociateurs pour atteindre cet objectif », a-t-elle ajouté à l’issue d’une rencontre avec la représentante américaine au Commerce, Susan Schwab, à Bruxelles.
« Alors que nous traversons une période critique, il est d’autant plus important (...) que nous allions de l’avant avec un accord de Doha ambitieux et équilibré », a souligné pour sa part Mme Schwab.
Les chefs d’État et de gouvernement du G20, qui rassemble les grands pays industrialisés et les principales économies émergentes, s’efforceront à Washington de coordonner la riposte à la crise et d’amorcer une réforme du système financier international.
De nouveaux chiffres ont confirmé le marasme de l’économie britannique. La baisse annuelle des prix des logements a atteint 5,1 % en septembre, tandis que les ventes de détail se sont repliées de 2,2 %.
En Allemagne, les « cinq sages » – des économistes conseillant le gouvernement allemand – prédisent une croissance nulle l’an prochain, alors que Berlin tablait sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,2 %.
Les chiffres de la croissance au troisième trimestre en Allemagne, qui seront connus demain, devraient confirmer une récession, avec deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut.
Aux États-Unis, en Europe et en Asie, les perspectives du secteur automobile inspirent les plus vives inquiétudes.
General Motors (GM), le colosse de Detroit qui emploie un quart de million de personnes, avait reconnu vendredi être menacé d’une crise imminente de liquidités, qui l’a conduit à abandonner son projet de rachat de Chrysler et à lancer un appel à l’aide « indispensable » au gouvernement fédéral américain.
Les investisseurs craignent que les actionnaires de GM se retrouvent sur le carreau en cas de dépôt de bilan. Selon les analystes de la Deutsche Bank, le cours de l’action pourrait même chuter à zéro dollar.
Après une chute de 22 % la veille, l’action GM plongeait encore de 9,29 % à 3,05 dollars hier dans les premiers échanges.
Selon le New York Times d’hier, le président élu Barack Obama a demandé au président sortant George W. Bush d’apporter une aide immédiate au secteur automobile américain, lors de leur premier entretien avant-hier à la Maison-Blanche. Des informations que la Maison-Blanche s’est toutefois refusée à confirmer.
L’allemand Opel, filiale de General Motors, a réclamé de nouvelles aides au secteur. En Corée du Sud, Daewoo, autre filiale de GM, a annoncé hier qu’elle pourrait fermer temporairement ses usines.
Le constructeur automobile suédois Volvo a annoncé hier la suppression de 900 emplois supplémentaires en Suède dans la fabrication de moteurs, après en avoir supprimé 2 850 depuis le 30 septembre.
L’allemand Audi, après Volkswagen, BMW, Daimler et Porsche, a annoncé des réductions de production, de même que le constructeur roumain Dacia (groupe Renault).
Le président de l’Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker s’était dit lundi favorable à des mesures d’aide à l’automobile.
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La Bourse de New York creusait ses pertes peu après l’ouverture, et sur les places européennes, la baisse s’accélérait.
« Les craintes de récession mondiale sont de retour sur le devant de la scène, reléguant au second plan les efforts des gouvernements pour endiguer les difficultés », a estimé Jason Kunkel, de la société de recherche Moody’s Economy.com.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé hier les États à prendre des mesures budgétaires coordonnées, comme des baisses d’impôts et une augmentation des dépenses publiques.
« C’est...