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Société Dubaï s’en prend aux colocataires, au désespoir de nombreux expatriés

Les autorités restent intransigeantes malgré les critiques qui les accusent d’être insensibles au sort des plus modestes. La municipalité de Dubaï a lancé la chasse aux expatriés, familles ou célibataires, qui partagent un logement. Personne ne connaît le nombre de personnes menacées d’être jetées à la rue par cette campagne, motivée, selon les autorités, par des considérations « de sécurité et de salubrité publique ». Dubaï, qui a connu une croissance phénoménale ces dernières années, continue d’attirer les étrangers, qui représentent plus de 80 % de la population de la ville, estimée à environ 1,5 million d’habitants, bien que le coût de la vie, notamment celui du logement, ne cesse d’augmenter. « Nous avons accordé aux contrevenants un délai qui a expiré et nous avons commencé à couper l’eau et l’électricité aux logements en colocation et à distribuer des amendes, en attendant des mesures plus drastiques », a affirmé à l’AFP Omar Abdel Rahmane, chef du service de l’inspection des logements à la municipalité. Le terme de « contrevenants » désigne à la fois les propriétaires de logements en colocation, parfois de luxueuses villas, et les locataires. L’amende peut aller jusqu’à 50 000 dirhams (environ 13 600 USD) pour les locataires et le double pour les propriétaires. Pour le moment, la campagne vise les maisons, mais il est question de l’étendre aux appartements. Sahar Allam, qui a la double nationalité allemande et syrienne, dit partager une villa avec huit autres jeunes femmes dans le quartier huppé de Jumeirah, « parce que le niveau des loyers est déraisonnable ». Elle explique que sa chambre avec salle de bains lui coûte 8 000 dirhams par mois (2 175 USD), soit plus de la moitié de son salaire. « Si je suis obligée de louer seule, je quitterai Dubaï », assure-t-elle, ajoutant que « certaines de (ses) colocataires » pensent faire de même. « Si la décision est mise à exécution, je ne vais pas réfléchir à deux fois, j’enverrai ma femme et mes deux enfants en Inde », indique, pour sa part, Iqbal Nair. Ce ressortissant indien paie mensuellement l’équivalent de 550 dollars pour une chambre dans une maison de Satwa, quartier populaire qui va disparaître pour faire place à un projet immobilier dont le coût annoncé approche 100 milliards USD. Malgré les critiques qui l’accusent d’être insensible au sort des plus modestes et de vouloir faire de Dubaï une ville réservée aux seuls résidents fortunés, la municipalité reste intransigeante. Son but, selon M. Abdel Rahmane, est « avant tout de protéger la sécurité et la vie des gens ». « Imaginez une maison (...) avec une famille de cinq personnes par chambre dont les occupants utilisent les mêmes sanitaires, les mêmes cuisines et qui aménagent parfois des cuisines en dehors de toute norme de sécurité », déclare-t-il. « Imaginez ensuite la pression que cela met sur les réseaux d’eau et d’électricité et même les espaces pour garer les voitures », dit-il. La décision a « quelque peu stimulé la demande » dans une ville où un appartement de type F1 se loue, dans certains quartiers, autour de 100 000 dirhams par an (plus de 27 000 USD), selon un agent immobilier britannique, Jonathan Darcos. Certains ont d’ailleurs trouvé étrange la coïncidence entre le lancement de cette campagne et le tassement du marché immobilier, mais M. Abdel Rahmane nie qu’il y ait un lien quelconque. « Cela n’a rien à voir » avec de telles considérations, assure-t-il. Selon plusieurs études, la crise financière internationale, dont l’une des conséquences est de limiter les crédits bancaires, pourrait conduire à une chute de l’immobilier à Dubaï. Mais, souligne M. Darcos, cela ne conduira pas forcément à une baisse des loyers. « Un crédit rare va limiter les achats et les mises en chantier, mais la demande de location restera forte », relève-t-il, tout en concédant qu’« avec le niveau déjà atteint, les loyers auraient du mal à augmenter plus ».
Les autorités restent intransigeantes malgré les critiques qui les accusent d’être insensibles au sort des plus modestes.
La municipalité de Dubaï a lancé la chasse aux expatriés, familles ou célibataires, qui partagent un logement. Personne ne connaît le nombre de personnes menacées d’être jetées à la rue par cette campagne, motivée, selon les autorités, par des considérations « de sécurité et de salubrité publique ». Dubaï, qui a connu une croissance phénoménale ces dernières années, continue d’attirer les étrangers, qui représentent plus de 80 % de la population de la ville, estimée à environ 1,5 million d’habitants, bien que le coût de la vie, notamment celui du logement, ne cesse d’augmenter. « Nous avons accordé aux contrevenants un délai qui a expiré et nous avons commencé à...