Face à une récession annoncée, les Européens sont parvenus hier à resserrer les rangs sur la réforme du système financier mondial en vue du sommet du G20 du 15 novembre à Washington.
Les dirigeants européens sont « tous d’accord sur la nécessité absolue d’une coordination des politiques économiques » pour faire face à la crise, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside actuellement l’UE, à l’issue d’un sommet extraordinaire des 27 à Bruxelles.
M. Sarkozy a annoncé que l’Europe avait « une position commune assez détaillée ». Elle ira donc à Washington « avec la volonté de défendre une ligne, celle de la transparence et de la refondation ».
Signe de leur détermination, les dirigeants européens ont proposé la tenue d’un nouveau sommet mondial « 100 jours » après celui de Washington, soit une fois le président américain élu Barack Obama entré en fonctions. Selon la Maison-Blanche, M. Obama ne devrait pas participer aux discussions du 15 novembre.
Ce nouveau sommet aurait à l’ordre du jour un rapport sur la mise en œuvre des premières mesures arrêtées le 15 novembre.
Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a toutefois relativisé l’unité de l’UE, assurant que Nicolas Sarkozy se rendrait au G20 avec un « mandat vague » lié aux divergences des 27.
« Le mandat donné à M. Sarkozy est très large, après que nous avons réalisé qu’il y avait des opinions diverses sur la façon dont ces choses devaient être réglées », a-t-il déclaré.
La préparation du sommet du G20 se poursuit ce week-end à São Paulo, au Brésil, avec une réunion des grands argentiers des puissances industrielles et des économies émergentes.
La gravité de la crise a sans doute été un aiguillon pour les Européens.
Après les prévisions catastrophiques du FMI pour la croissance mondiale, les chiffres officiels de l’emploi aux États-Unis ont encore alourdi le climat hier : le chômage y a bondi en octobre à 6,5 %, son plus haut niveau depuis plus de 14 ans, l’économie américaine ayant encore supprimé 240 000 emplois pour son dixième mois successif de licenciements nets.
Ces chiffres dépassent les craintes des analystes. Ceux-ci tablaient sur 200 000 suppressions d’emplois et un chômage à 6,3 %, après 6,1 % en septembre, le plus haut taux depuis cinq ans.
Une autre mauvaise nouvelle venue des États-Unis a été l’annonce par le constructeur automobile General Motors d’une perte de 2,5 milliards de dollars au troisième trimestre, deux fois plus que prévu par les analystes. Le constructeur a précisé qu’il risquait de se retrouver début 2009 avec un niveau de liquidités ne lui permettant plus de poursuivre normalement ses opérations. Son action a été suspendue à Wall Street.
La zone euro sera « très probablement en récession en 2009 », a confirmé hier le président de l’Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, alors que la Commission européenne prévoyait encore une très légère croissance (0,1 %).
Selon le FMI, l’économie mondiale devrait cependant croître de 2,2 % en 2009. Chine, Inde et Moyen-Orient seront toujours les moteurs de la croissance, mais le moteur sera au ralenti.
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Les dirigeants européens sont « tous d’accord sur la nécessité absolue d’une coordination des politiques économiques » pour faire face à la crise, a déclaré le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays préside actuellement l’UE, à l’issue d’un sommet extraordinaire des 27 à Bruxelles.
M. Sarkozy a annoncé que l’Europe avait « une position commune assez détaillée ». Elle ira donc à Washington « avec la volonté de défendre une ligne, celle de la transparence et de la refondation ».
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