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Polémique Le régime syrien pointé du doigt après les « aveux » télévisés de Fateh el-Islam

Les « aveux » faits jeudi à la télévision syrienne par les membres de Fateh el-Islam, reconnaissant avoir perpétré l’attentat du 27 septembre à Damas et accusant le Courant du futur d’entretenir des liens avec les mouvements salafistes, ont suscité hier une levée de boucliers dans les milieux du 14 Mars, qui ont dénoncé une « mise en scène » du régime syrien visant à justifier son interventionnisme au Liban. Dans un communiqué, le secrétariat général du 14 Mars affirme que « les dernières accusations adressées par le régime syrien contre les Libanais constituent une nouvelle tentative flagrante de la part de ce régime de dissimuler sa responsabilité dans les attentats, en anticipation du rapport de la commission d’enquête internationale et la mise en place du tribunal international ». « Ce régime s’efforce de faire croire que la responsabilité des crimes commis est partagée par toutes les parties, en prétextant la “campagne terroriste visant la Syrie”. Il tente en cela de paver la voie à un refus de sa part de se soumettre aux résultats de l’enquête sur les attentats », ajoute le texte. « Le recours au meurtre et au terrorisme comme moyens de réaliser des objectifs politiques est une spécialité exclusive du régime syrien. Ce dernier prépare aujourd’hui une nouvelle campagne terroriste au Liban sous couvert d’autodéfense », poursuit le texte. De son côté, le député Ahmad Fatfat a déclaré à l’AFP : « Ce ne sont que des allégations dénuées de tout fondement et une mise en scène montée par les services de renseignements syriens qui ne fait que prouver leur propre lien avec Fateh el-Islam. » « C’est une très grave menace de la part de la Syrie, et je crains que n’aient lieu des opérations déstabilisant la sécurité dans le nord du Liban et dans d’autres parties du pays », a ajouté M. Fatfat. « Nous entrons dans une phase très dangereuse, et j’ai appelé mes collègues du Courant du futur et des autres partis à faire preuve d’extrême vigilance », a-t-il dit. « S’ils ont des preuves, qu’ils les présentent à une commission d’enquête arabe ou internationale, et nous serons les premiers à nous réjouir de faire la vérité sur cette affaire », a-t-il souligné. De son côté, le député Misbah Ahdab a souligné qu’il existe « une campagne permanente menée par la Syrie pour présenter Tripoli comme étant une source de terrorisme, et imputer à cette ville la responsabilité de l’insécurité et des attentats au Liban et en Syrie ». « Tout le monde sait que Tripoli est la victime du terrorisme importé de l’étranger, a-t-il dit. La campagne lancée hier (jeudi) par la télévision syrienne vise à faire pression sur les discussions que doivent avoir à Damas les ministres de l’Intérieur (Ziyad Baroud) et de la Défense (Élias Murr), et cela pour que les résultats de ces discussions aillent dans le sens voulu par les services de renseignements syriens. C’est ce que nous rejetons de manière catégorique. Il est important que ces entretiens se déroulent de façon constructive, mais nous rejetons tout retour en arrière sous quelque forme que ce soit », a poursuivi M. Ahdab. Il s’est dit « étonné que les autorités libanaises n’aient pas publié les procès-verbaux des investigations menées auprès des éléments de Fateh el-Islam qu’elles détiennent, et en particulier le dénommé Ahmad Merhi et d’autres qui avaient clairement avoué être en relation avec l’un des plus importants services de sécurité en Syrie ». « Le gouvernement libanais est appelé à assumer ses responsabilités et à rendre publiques ces investigations car Tripoli, qui est la victime, n’acceptera plus de telles calomnies et refusera d’être accusée de ce que produisent les SR syriens », a-t-il ajouté. Boutros Harb Pour sa part, le député Boutros Harb a déclaré : « Nous ne savons pas très bien s’il est demandé que des certificats soient délivrés contre le 14 Mars et en faveur de leurs alliés du 8 Mars par ceux qui ont détruit le Liban. Cela se fait à la veille des élections dans le but de salir l’image du 14 Mars et du Courant du futur. » « Je ne pensais pas que les choses pouvaient atteindre ce stade. Le Courant du futur était en tête de ceux qui ont soutenu l’armée libanaise dans son combat contre Fateh el-Islam et a préparé le terrain sur le plan populaire pour cela. Je n’ai pas à défendre le Courant du futur, mais d’un point de vue politique, il faut reconnaître que c’est lui qui est en première ligne face à l’extrémisme religieux et c’est lui qui empêche que le sunnisme populaire ne passe de la modération nationale à l’extrémisme religieux. Ces accusations sont fausses et nous les rejetons », a souligné M. Harb. Ammar Houry, député de Beyrouth, a quant à lui estimé que la télévision syrienne « a diffusé une mise en scène ratée, et un reportage mal réalisé et au scénario confus, mais elle a réussi à démontrer que Fateh el-Islam fait partie intégrante des services de renseignements syriens et en est un instrument obéissant ». Son collègue de Tripoli, Moustapha Allouche, a souligné que « le plus dangereux dans l’affaire, c’est la tentative de faire croire que le Liban est la source de la menace contre la Syrie. C’est la carte que tente de jouer le président syrien ». « Il se peut qu’il y ait eu un désaccord quelconque entre Fateh el-Islam et le régime syrien, mais à la base, il s’agit d’une création syrienne intégrale », a-t-il affirmé. Enfin, le PNL a accusé, dans un communiqué, « le régime syrien de persister à présenter le Liban comme étant un abri sûr pour le terrorisme et de tenter de créer un lien entre les terroristes et des fractions libanaises qui s’étaient soulevées contre son hégémonie ». « Il s’agit d’une manœuvre du régime syrien destinée à laisser croire qu’il est la victime des organisations terroristes, ce qui cache une volonté claire de justifier son interventionnisme dans les affaires libanaises et d’obtenir la compréhension de la communauté internationale à ce sujet », estime le PNL.
Les « aveux » faits jeudi à la télévision syrienne par les membres de Fateh el-Islam, reconnaissant avoir perpétré l’attentat du 27 septembre à Damas et accusant le Courant du futur d’entretenir des liens avec les mouvements salafistes, ont suscité hier une levée de boucliers dans les milieux du 14 Mars, qui ont dénoncé une « mise en scène » du régime syrien visant à justifier son interventionnisme au Liban.
Dans un communiqué, le secrétariat général du 14 Mars affirme que « les dernières accusations adressées par le régime syrien contre les Libanais constituent une nouvelle tentative flagrante de la part de ce régime de dissimuler sa responsabilité dans les attentats, en anticipation du rapport de la commission d’enquête internationale et la mise en place du tribunal international ».
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