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Inde Des plats allégés livrés au bureau pour faire maigrir les cadres

La dixième puissance économique mondiale est le pays le plus touché au monde par le diabète avec 40,9 millions de malades en 2007. Comme la plupart des cadres d’entreprises qui restent assis toute la journée et mangent derrière leurs bureaux, Cyrus Driver se voyait grossir à vue d’œil. Pour garder la ligne, ce courtier de Bombay a eu l’idée de créer « Calorie Care », la toute première société de restauration indienne qui prépare et livre aux salariés de la capitale économique des plats équilibrés à faible teneur en graisse et en calories. « Comme beaucoup de gens qui travaillent dans la finance, j’avais du mal à rester en forme. Je faisais tout pour mieux m’alimenter, mais il est très difficile de manger correctement au travail », raconte à l’AFP M. Driver. L’Inde compte une centaine de millions d’Indiens des classes moyenne et aisée concentrés dans les villes. La moitié des femmes et le tiers des hommes de ces catégories socioprofessionnelles sont obèses, parmi lesquels de plus en plus d’enfants, a averti la Fondation indienne pour la nutrition (NFI). Par comparaison, seuls 4 % des femmes et 1 % des hommes sont victimes de cette maladie dans les bidonvilles d’Inde. « Aux États-Unis, l’obésité frappe les populations à faibles revenus. En Inde, c’est l’inverse », souligne M. Driver. Pire, la dixième puissance économique mondiale est le pays le plus touché au monde par le diabète avec 40,9 millions de malades en 2007, d’après la Fondation internationale du diabète. En 2005, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait calculé que les décès liés au diabète et aux maladies cardiaques coûtaient 350 milliards de dollars par an à l’économie indienne. Au premier rang des responsables, la nourriture indienne trop riche en huile, beurre, sel ou sucre et l’explosion de la restauration rapide américaine. Et depuis quelques années aussi, la sédentarisation des nouveaux riches indiens, qui ne font plus aucune activité physique parce qu’ils ont des chauffeurs et des domestiques. Dorénavant, M. Driver est persuadé que ses concitoyens prennent conscience des effets néfastes de ce mode de vie. Alors Calorie Care prépare des en-cas allégés apportés aux salariés par les célèbres « dabbawallahs », les 5 000 livreurs de Bombay. Traditionnellement, les épouses préparent les repas de midi de leurs maris qu’elles font envoyer par ces milliers de petites mains de la mégalopole de 18 millions d’âmes. Élaborés par des nutritionnistes, les plats cuisinés de Calorie Care restent disposés dans les fameux « tiffins » indiens, des petites cantines en métal. Grâce au bouche-à-oreille, Calorie Care, lancée il y a trois ans, emploie 55 salariés. Son fondateur rêve de s’implanter à Bangalore, la capitale de l’informatique qui abrite des centaines d’entreprises locales et étrangères. Même si les bourgeois indiens prennent du poids, la malnutrition est l’un des fléaux en Inde, où entre 455 et 620 millions de personnes vivent avec moins de 1,25 dollar ou 1,35 dollar par jour et par habitant, selon la Banque mondiale (BM) ou la Banque asiatique de développement (BAD). L’Inde concentre près de la moitié de la population mondiale qui ne mange pas à sa faim, a averti le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. Plus de 50 % des enfants indiens âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition. Et un tiers des 1,1 milliard d’Indiens consomment chaque jour moins de 80 % de leurs besoins énergétiques.
La dixième puissance économique mondiale est le pays le plus touché au monde par le diabète avec 40,9 millions de malades en 2007.
Comme la plupart des cadres d’entreprises qui restent assis toute la journée et mangent derrière leurs bureaux, Cyrus Driver se voyait grossir à vue d’œil. Pour garder la ligne, ce courtier de Bombay a eu l’idée de créer « Calorie Care », la toute première société de restauration indienne qui prépare et livre aux salariés de la capitale économique des plats équilibrés à faible teneur en graisse et en calories. « Comme beaucoup de gens qui travaillent dans la finance, j’avais du mal à rester en forme. Je faisais tout pour mieux m’alimenter, mais il est très difficile de manger correctement au travail », raconte à l’AFP M. Driver.
L’Inde compte une centaine de...