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Patrimoine Au Vieil-Armand, un nouveau combat pour perpétuer la mémoire

Pour qu’il reste une mémoire des terribles combats dont il fut le théâtre de 1915 à 1918, des passionnés luttent aujourd’hui dans les tranchées contre l’oubli et la nature qui reprend ses droits sur ce sommet vosgien. Quelque 30 000 soldats français et allemands se sont entretués pour le Hartmannswillerkopf, cet éperon rocheux baptisé « Vieil-Armand » par les poilus qui domine du haut de ses 956 mètres la plaine d’Alsace. Il a changé huit fois de camp au cours de la Grande Guerre. Au-delà des rangées de tombes de la nécropole nationale commence une épaisse forêt, dont le sol est troué par les cratères d’obus et sillonné par 90 km de tranchées. Le sous-bois abrite une véritable « ville fantôme » de plus de 300 casemates enfouies au milieu des barbelés, selon le romancier Olivier Larizza. Le visiteur y est plongé 90 ans en arrière. On imagine aisément comment les poilus s’y terraient, dans le vacarme de l’artillerie et des jets de grenade, parfois à une vingtaine de mètres à peine des lignes adverses. Pour éviter que ce « véritable Golgotha biblique, où pèse maintenant le silence », sombre dans l’oubli, Olivier Larizza vient de publier Le choix des âmes, premier roman de fiction jamais écrit sur le Vieil-Armand. La montagne, surnommée la « mangeuse d’hommes », est un « témoignage du délire total de cette guerre » pour un ridicule bout de rocher, explique-t-il. « S’y ajoute l’ambiguïté d’un lieu alsacien dont on ne sait pas vraiment s’il est français ou allemand », contrairement à Verdun. Contrairement aussi aux grandes batailles de la Meuse et de la Somme, les combats ont eu lieu ici en montagne et non sur des terres cultivables, ce qui fait que le site est resté quasiment en l’état depuis l’armistice. « Mais ces ouvrages n’ont pas été construits pour durer 90 ans », souligne Gilbert Wagner, qui préside depuis dix ans l’association des Amis du Hartmannswillerkopf. Fondée en 1969, cette « section à but spécial » du Club vosgien débroussaille, restaure et nettoie ces vestiges. Elle coordonne des chantiers de jeunes, de réservistes, de militaires et de travaux d’intérêt général. « Si on oublie une année d’élaguer, la végétation gagne plusieurs mètres l’année suivante », souligne M. Wagner. Les lignes françaises, nettement moins bien construites que les lignes allemandes, posent les plus grands enjeux en matière de conservation. Alors que les abris français se limitaient souvent à des murs de pierre sèche surmontés de rondins de bois, les Allemands n’hésitaient pas à couler leurs bunkers dans le béton, à maçonner leurs tranchées, et à creuser des couloirs au cœur de la roche. C’est que les Allemands disposaient d’un téléphérique relié à la plaine alors que les Français s’approvisionnaient en armes et matériaux à dos de mulet. Mais l’association vieillit. Les anciens combattants sont morts, et même leurs enfants se font rares. « Nous sommes à bout », déplore Gilbert Wagner. Pour le conseiller régional Jean-Paul Omeyer (UMP), « c’est maintenant ou jamais qu’il faut sauver le site ». Un ambitieux projet de rénovation et de réhabilitation du Vieil-Armand vient d’être mis sur place. Il a pu démarrer grâce au déblocage de 1,3 million d’euros par l’État, les collectivités locales et l’organisation allemande de gestion des cimetières militaires à l’étranger. Doté d’un budget global de 6,5 millions d’euros, il vise à rénover le mémorial national, et à ouvrir d’ici à 2014 un centre de documentation, un espace muséographique et un parcours avec audioguide sur le champ de bataille.
Pour qu’il reste une mémoire des terribles combats dont il fut le théâtre de 1915 à 1918, des passionnés luttent aujourd’hui dans les tranchées contre l’oubli et la nature qui reprend ses droits sur ce sommet vosgien.
Quelque 30 000 soldats français et allemands se sont entretués pour le Hartmannswillerkopf, cet éperon rocheux baptisé « Vieil-Armand » par les poilus qui domine du haut de ses 956 mètres la plaine d’Alsace. Il a changé huit fois de camp au cours de la Grande Guerre. Au-delà des rangées de tombes de la nécropole nationale commence une épaisse forêt, dont le sol est troué par les cratères d’obus et sillonné par 90 km de tranchées. Le sous-bois abrite une véritable « ville fantôme » de plus de 300 casemates enfouies au milieu des barbelés, selon le romancier Olivier Larizza.
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