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Actualités - Opinion

Pardon et merci Michel RAGGI

En acceptant l’accord de Taëf, quoi qu’on puisse penser de ce document qui a été la résultante des rapports de force durant cette période, en adhérant donc à ce compromis douloureux mais qu’il jugea nécessaire pour mettre fin à la guerre, Samir Geagea, au nom de la résistance, a accepté de pardonner les crimes commis contre les chrétiens durant les quinze années passées et était en droit d’attendre, en retour, qu’on leur pardonnât également, à lui, au mouvement de résistance dans son ensemble, aux chrétiens du Liban. Pour que cela soit clair, solennel et sans ambiguïté, Samir Geagea s’est adressé, avec courage, lucidité et humilité, pour reconnaître publiquement et explicitement les « erreurs » et présenter des excuses. Cette demande de pardon était adressée tant à « l’ennemi » d’hier qu’aux chrétiens eux-mêmes. Sans vouloir aucunement minimiser l’importance de cette démarche historique, n’ayons pas peur des mots, vis-à-vis de « l’autre partie », je voudrais simplement l’évoquer ici dans sa dimension « interne ». Samir Geagea s’adresse donc aussi, peut-être même surtout, aux chrétiens. Il accepte d’assumer devant eux et devant l’histoire la responsabilité de l’ensemble de l’action de la résistance, dans ses différentes composantes, avec ses commandements successifs et depuis le premier jour. Il le fait « au nom des résistants vivants et martyrs » en vertu du principe de continuité historique et de l’unité idéologique du mouvement de résistance, depuis ses débuts. Au lieu de rendre hommage à cet acte de grande valeur symbolique et politique, certains chrétiens s’en sont saisis pour en faire un acte d’aveu et le retourner contre son auteur. Faut-il rappeler qu’il ne fut totalement en charge – et ne peut donc être tenu pour pleinement responsable – qu’à partir du 15 janvier 1986 et pour ce qui ne concerne que les FL et la région sous leur contrôle ? Et que la responsabilité politique concernant le destin des chrétiens était partagée avec le président de la République ? Faut-il souligner que les « erreurs » commises avant cette date, depuis 1975, sont, au moins, aussi choquantes par leur ampleur et leur gravité que celles qui devaient malheureusement suivre ? Les légendes ont la vie dure, surtout si l’on s’acharne à les entretenir ; accabler Samir Geagea de tous les maux des chrétiens est historiquement inexact, politiquement injuste et moralement indécent. Ceux qui n’ont pas pris parti, pas tiré un seul coup de feu, qui sont restés « au-dessus » de tout engagement, ceux-là mêmes qui n’ont pas « de sang sur les mains », ce sont eux qui devraient demander pardon. Demander pardon aux résistants, martyrs et vivants, auxquels ils n’ont jamais dit merci. Demander pardon pour leur ingratitude, pardon surtout d’avoir dénigré l’action de ces braves et de continuer à salir leur réputation. Article paru le samedi 8 novembre 2008
En acceptant l’accord de Taëf, quoi qu’on puisse penser de ce document qui a été la résultante des rapports de force durant cette période, en adhérant donc à ce compromis douloureux mais qu’il jugea nécessaire pour mettre fin à la guerre, Samir Geagea, au nom de la résistance, a accepté de pardonner les crimes commis contre les chrétiens durant les quinze années passées et était en droit d’attendre, en retour, qu’on leur pardonnât également, à lui, au mouvement de résistance dans son ensemble, aux chrétiens du Liban.
Pour que cela soit clair, solennel et sans ambiguïté, Samir Geagea s’est adressé, avec courage, lucidité et humilité, pour reconnaître publiquement et explicitement les « erreurs » et présenter des excuses. Cette demande de pardon était adressée tant à « l’ennemi »...